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Affichage des articles associés au libellé Robert Krause

Steel Trap : Réveillon chez Bob

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Des invités à décimer, une bande d’enfoirés dans une bande emballée à l’allemande. Toujours produit par Oliver Simon, cette fois-ci associé au vétéran Pierre David, pour Abnormal Pictures, quel sympathique intitulé, tant l’insaisissable normalité, au cinéma, au-delà, effraie, à part les présidents transparents, évidemment, Steel Trap évoque davantage, hélas, The Choke que Bloody Trails . Pareillement slasher en huis clos sur fond de vengeance féminine, co-écrit par une scénariste par ailleurs compagne du réalisateur et chanteuse de comptine accompagnée à l’accordéon teuton, le métrage accumule les étages, les couloirs, les coups de Trafalgar, sans sucrer l’ascenseur et sa cage abyssale, lieu anxiogène au moins depuis De Palma & Dick Maas. Les mecs de Spokane envahirent  une ancienne usine de pain de mie, ceux de Cologne investissent un immeuble désaffecté, glacé. Même modicité de budget, même vitesse de rédaction, d’exécution, même tarissement d’inspiration et même...

Left Bank : La Flèche brisée

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            Viser le cœur au risque de rater la cible cinéphile. Après Anne en Allemagne, Marie en Belgique : tel Blood Trails , Left Bank épouse un parcours féminin, celui d’une coureuse et non plus d’une coursière, usant encore du triangle puisqu’elle se trouvera in fine tiraillée entre deux hommes, Bobby son amant, Dirk son ami. Une rivalité amoureuse ? Une opposition mystérieuse, placée sous le signe de l’occulte celte. Le film commence comme du David Lynch, se poursuit comme du Roman Polanski mâtiné de David Cronenberg puis s’achève comme du Catherine Breillat ; notons itou un soupçon des Dardenne, une pincée de Patrice Chéreau et une coda à la Kubrick. Filmé en Scope de manière assez impersonnelle, co-écrit par son directeur de la photographie, Left Bank revisite l’immeuble panique de Frissons mais en délaisse la mélancolie disons canadienne au profit d’un optimisme mesuré. Ici, la vie ne se termin...

Blood Trails : Le Chat et la Souris

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 « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » J’envisage un ouvrage valeureux. Film de femme et de montagne, film d’amour et de mort, film de fuite et de poursuite, Blood Trails s’avère finalement un film très allemand, même tourné en anglais, en vue du marché international, tant pis pour le mésusage de Sir et Lady , les amis. Primé au Royaume-Uni, ignoré partout ailleurs, sinon descendu par certains critiques supposés spécialisés, ce métrage de visages féminins et de paysages forestiers mérite aussitôt sa redécouverte, sa réévaluation. Robert Krause sait filmer les deux, il transcende un argument a priori moralisateur, voire misogyne, en survival à vélo, en odyssée au bout de soi-même, en requiem physique et romantique. Anne vient de tromper Michael avec un cycliste à insigne, adepte de menottes SM, pas celles, inoffensives, d’Anastasia Steele. Elle propose de partir au vert, de repartir à zéro tout là-haut, où deux mecs à bicyclette moururent, où...