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Affichage des articles associés au libellé Johnnie To

Limbes malingres

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  Exils # 198 (12/05/2026) Celles et ceux qui estiment misogyne un certain cinéma sud-coréen devraient visionner Limbo du protégé de To : une femme s’y fait frapper durant deux heures très étirées en longueur. Ceci ne suffit, il faut la faire violer, levrette ventre à terre parmi des poubelles et les cadavres de compagnes à la pelle, l’agresseur assassin crache au creux de sa main, lubrifiant substitué au célèbre beurre de Brando & Bertolucci, le tandem anathème du Dernier Tango à Paris (1972), désormais interdit. En 1926, cf. Le Fils du cheik , un fondu au noir servait d’étouffoir, circulez, rien à voir, tout imaginer, intime nausée. En 2021, on ne pratique plus cette pudeur-là, et la suprématie de moiaussi, on ne connaît pas, en tout cas à HK. Ce Cheang ainsi ressemble à une variante (rendue à la vie civile) de l’éprouvant Outrages (1989). Les femmes (se cament) souffrent ou enfantent, je pense à l’épouse du flic légaliste, si propre sur lui, les femmes souffriront pend...

L’Enfer des armes

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  Un métrage, une image : Eastern Condors (1987) Un soupçon des Douze Salopards (Aldrich, 1967), une pincée de Portés disparus (Zito, 1984), un virage vers Voyage au bout de l’enfer (Cimino, 1978) : Sammo Hung (re)connaît ses classiques, cependant ne les duplique, pas davantage ne délivre la matrice apocryphe et obsolète de Une balle dans la tête (Woo, 1990). Doté d’un tandem d’incontournables homonymes du cinéma de HK de ce temps-là, à savoir le scénariste Barry Wong ( À toute épreuve , Woo, 1992), le directeur de la photographie Arthur Wong ( La 36e Chambre de Shaolin , Liu, 1978, Il était une fois en Chine , Tsui, 1991), le réalisateur de valeur de L’Exorciste chinois (1980) ou First Mission (1986) signe en résumé un cocktail guerrier aux tonalités mêlées, comme seul l’écran hongkongais savait les concocter, les doser. Véritable cinéaste, il soigne chaque cadre ; star pas uniquement locale, il possède assez de générosité pour ne limiter les membres de...

Ce que veulent les femmes

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  Un métrage, une image : Dementia (2015) + Wing Chun (1994) Disons donc un diptyque de scripts écrits par des femmes différentes : d’un côté, le drame indépendant Dementia de Mike Testin, rédigé par Meredith Berg ; de l’autre, la comédie d’action Wing Chun de Yuen Woo-ping, due à la plume d’Elsa Tang, aussi co-scénariste de Il était une fois en Chine (Tsui Hark, 1991). Le premier opus constitue un huis clos sado, caticide inclus, à base de sévices et d’évasion du Vietnam, de violence faite à une femme (veuve de vil vétéran), de vengeance de descendance. Il oppose l’ancêtre Gene Jones ( No Country for Old Men , Ethan & Joel Coen, 2007) à la jeunette Kristina Klebe ( Halloween , Rob Zombie, 2007) relookée en fausse infirmière, adversaires very vénères, in fine enlacés en un seul suaire, comme si Misery (Rob Reiner, 1990) soudain se mâtinait de féminisme fol et féroce, sus à l’ancien alcoolique maltraiteur de maman, au final effondré devant sa p...

Punisher : Yakusa

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D’entre les morts, tuer encore, avant, dire au revoir aux enfants… Distribué par notre modernité de victimes identitaires, very vénères, Punisher (Mark Goldblatt, 1989) plairait peut-être aux Blacks ( Lives Matter , brother ), aux féministes (moi aussi, ma chérie), car il affiche, en quasi figurants, nonobstant, un officier (de police) noir puis une femme flic (blonde), mais moins aux membres de la « communauté asiatique », déjà fort irritée par L’Année du dragon (Michael Cimino, 1985), allons bon. De ce métrage d’un autre âge, disons celui d’avant la numérisation des imageries, pas seulement celle d’action, le manichéisme confine-t-il au racisme ? Et son féminisme de surface affirme-t-il en filigrane une misogynie (pas si) jolie, les femmes fortes in fine à trucider en tandem de « féminicides », la première la nuque brisée, la seconde par un couteau lancé illico trépanée, sayonara, salopes ? N’allons pas jusque-là, soulignons que la Japon...

Au-delà des montagnes : La Vague

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Suite à son visionnage sur la chaîne d’ARTE, retour sur le titre de Jia Zhangke. Les Pet Shop Boys sont à toi Air les Daft Punk Madonna T’as l’cœur à danser moi pas Alain Chamfort Cet interminable mélodrame maternel, au marxisme de maternelle, à l’auteurisme mondialisé, autorisé par ARTE, à l’œcuménisme critique, fatidique, commence donc comme un Jules et Jim (François Truffaut, 1962) délocalisé. Au terme de quarante-cinq minutes cadrées carré, puisque le film enfile les formats, multiplie les temporalités, 1999 en 1.37, 2014 en 1.85, 2025 en 2.35, le titre apparaît, affirme en anglais que les montagnes peuvent partir, voire mourir, l’intitulé original résumant l’amitié miroitée, jouant sur la géographie, sinon la nostalgie. Elles peuvent aussi, on le sait, accoucher de souris, bel exemple que voici. Le triangle possède stabilité, dixit Mademoiselle Moreau, pardon, Miss Tao, hélas il s’avère ici insipide, ressassé, ripoliné à la sociologie jolie. Un cours d’écon...

Maria : Cartel

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Pendant ce temps, l’admirable Elektra de Frank Miller se marre… Maria you’ve gotta see her Go insane and out of your mind Latina Ave Maria A million and one candle lights Blondie Monteur autodidacte, venu de la TV, de la publicité, des effets spéciaux, du clip vidéo, de la post -production, CV express fourni par son studio, Pedring A. Lopez aime le cinéma d’action de HK et cela se voit. Il se souvient aussi des Incorruptibles de Brian De Palma (1987), plus précisément de sa batte de base-ball létale. Quant à la coda sous la pluie, elle retravaille avec modestie le prologue épique de The Grandmaster (Wong Kar-wai, 2013). On notera en outre une scène de torture associant la glace et le feu, qui devrait ravir ou faire sourire les proctologues + une baston bicolore, noir et blanc symboliques, entre combattantes de toilettes, viens ici que je te fracasse ta petite tête sur un coin pointu de lavabo , que je t’empale ta compote ad hoc avec mon talon aiguille, brui...

Paradox : Pattaya

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Chef-d’œuvre esquivé ? « Adios » endeuillé… You always taught me right from wrong I need your help daddy please be strong I may be young at heart But I know what I’m saying Madonna La majorité des métrages, « écrasante », à écraser, s’écrase devant le spectateur, recherche ses faveurs, essaie de le rassurer, apprécie, par conséquent, de se prostituer – pas Paradox (Yip, 2017), dont la séduction assez sidérante repose sur sa radicalité assumée, son désespoir désespéré, pourtant point désespérant. Si le synopsis ressemble en surface à une sorte de Taken (Morel, 2008) en Thaïlande, oublions la bouse de Besson, dommage pour le dear  Liam Neeson : porté par un impressionnant et récompensé Louis Koo ( Connected , Chan, 2008 ou Accident , Cheang, 2009, aussi ici co-producteur), dont le cri « déchirant » de douleur paternelle déchire encore, le lendemain, mes oreilles, ma cervelle, Paradox porte bien et haut son titre, puisque p...

ManHunt : Le Pharmacien de garde

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  « Un mec qui parle de vieux films, ça annonce rien de bon »… Même les plus chouettes souvenirs Ça t’a une de ces gueules Léo Ferré Dear John, Je viens de visionner/m’infliger votre ultime méfait, situé dans la lignée affligeante, affligée, de Chasse à l’homme , justement, Broken Arrow , Mission impossible 2 et Paycheck . Je découvre que vous vouliez rendre hommage au regretté Ken Takakura et ManHunt commence comme Yakuza , presque au même endroit, avec une situation, des costumes, une mélancolie, un massacre disons identiques. On s’étonne, séduit par cette nostalgie, sentiment certes stérile, on identifie votre fifille, assassine à cellulaire, on ricane au coup du DVD dans la voiture. Ensuite, exit le nocturne générique, on se lasse vite, on voit passer les inter-minables cent dix minutes, on se souhaiterait enfin atteint d’amnésie, afin d’oublier le passé piètrement et pitoyablement revisité, de ne rien retenir de ce misérable martyre. Scénar...

The Blade : Ringo Lam, in memoriam

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Les armes, les larmes, l’âme de Lam… Survenue in extremis en décembre, apprise au présent par votre serviteur, la mort de Ringo Lam (1955-2018) se reçoit en surface et symbole, dirait le Oscar Wilde de la préface du Portrait de Dorian Gray . En effet, outre terminer, autour de la soixantaine, une vie individuelle, elle met un terme à une filmographie, à une cinéphilie, c’est-à-dire à un écho collectif. Avec la disparition du cinéaste disparaît une part du cinéma de HK, de sa réception en Occident, au tournant des années 80-90. Jackie Chan, Stephen Chow, Tsui Hark, Sammo Hung, Wong Jing, Wong Kar-wai, Johnnie To, John Woo, Corey Yuen, chacun à sa (dé)mesure, contribuèrent à établir un imaginaire, mirent en images sa magie, en sa compagnie. Vingt-cinq films en trente-trois ans, cela vous semble suffisant ? Ceci ne satisfit l’intéressé, retiré des écrans contre sa volonté, de son plein gré, disons depuis une décennie, le segment de Triangle (2007, co-dirigé par Hark & ...

Légendes d’automne : The Chow Must Go On

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Nécrologie jolie ? CV à saluer. La discrétion médiatique du récent décès de Raymond Chow ne surprend ni ne choque : art amnésique, y compris lorsqu’il pratique le piètre recyclage post -moderne, le cinéma ne se souvient pas, oublie vite, chaque mercredi fait table rase en espérant faire salle pleine. Passons sur cette situation, méprisons les épiciers, congédions aussi la nostalgie – se remémorer Raymond revient à revisiter une trentaine d’années de cinéma chinois et ceci ne sent la poussière, point le sapin. Chow, on le sait, s’émancipa des frères Shaw, exécutif homophone, créa la Golden Harvest en compagnie de Leonard Ho, second transfuge spécialisé dans la publicité. Auparavant, le natif de Canton reçut une éducation catholique, suivit des études de journalisme, étudia les arts martiaux, trouva sa voie à la radio, via le Voice of America de HK. Artisan d’une suprématie asiatique, celle de la Shaw Brothers, enfin victorieuse de sa rivale la Cathay, Chow finit par s’ins...