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Affichage des articles associés au libellé Christopher Doyle

2046

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  Un métrage, une image : In the Mood for Love (2000) À ma mère À chacun sa chambre : dans la 237 de Shining (Kubrick, 1980), l’attraction d’interdiction aboutissait à la strangulation puis à la décomposition ; dans la 2046 du film homonyme (2004), d’abord de In the Mood for Love , un second écrivain esseulé, hanté, presque autant impuissant, disparaît, se met en retrait, se passionne de « wuxia », ensuite de SF, donc du passé, du projeté, tandis qu’il ne s’amuse avec sa muse complice, pratique plutôt le roleplay en replay . « Elle est bien apprêtée pour aller acheter des nouilles », en effet, en reflet, salut au Noodles de Leone ( Il était une fois en Amérique , 1984), dont le thème de Morricone resurgira selon The Grandmaster (2013), écho révélateur. À la sortie de celui-ci, on put penser à Antonioni, à L’avventura (1960) et à La Nuit (1961), davantage qu’au duo sado-maso de Vertigo (Hitchcock, 1958), idem modèle d’adultère doux-amer, n’e...

Le Lac aux oies sauvages : Les Amants de la nuit

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Rien ne sert de courir, il faut mourir au moins… Deux couples bouclent la boucle, à l’introduction et à la conclusion, deux instants se répondent à distance, se renversent avec évidence : le jour succède à la nuit, l’arrosage à la pluie, le silence aux récits, le mouvement à l’immobilité, une féminité miroitée à un homme + une femme en reflet. Surtout, le sourire (de la complicité) remplace la tension (de l’altérité), sous-entend un horizon (délivré) ; instrumentalisées, maltraitées, par les flics, par les voyous, géographes du désastre, mise en parallèle explicite, on dit merci au Fritz Lang de M le maudit (1931), nos héroïnes, désormais richissimes, à présent émancipées, puisque dotées d’une récompense étatique, stratégique, médiatique, au masque comique, marchent dans la rue, presque bras dessous bras dessus, à peine suivies (ou absoutes) par un commissaire un peu amer. Auparavant, entre-temps, l’épileptique et la prostituée croisèrent la route d’un voleur de motos (humou...

Les Lumières de la ville

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Doyle on Doyle… Voici un excellent sujet sur un grand directeur de la photographie, sans lequel le cinéma de Wong Kar-wai n'envoûterait pas autant. Il y développe sa philosophie esthétique et sensuelle du néon, associé au rouge à lèvres, à la prostituée davantage qu'à l'épouse, lié aussi à la valeur rouge essentielle dans la culture chinoise. Flaubert disait : « Madame Bovary, c'est moi ! » Christopher Doyle s'identifie pareillement au mystère lumineux de ce gaz prisonnier d'un tube, évocatrice pollution du ciel hongkongais qu'il saisit magistralement, en écrin pour les amours erratiques de personnages in the mood for love ...