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Affichage des articles associés au libellé John Hughes

Game (to redisc)over

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  Exils # 151 (16/12/2025) Redécouvrir WarGames (Badham, 1983) en 2025 finissante, sinon inquiétante, possède un certain piquant et démontre deux choses : 1) John Hughes dut le voir avant de réfléchir à l’hédoniste effronté de La Folle Journée de Ferris Bueller (1986) ; 2) en dépit d’un catalogue – j’allais écrire arsenal, terme très connoté – technologique déjà dépassé, le conte moral conserve son actualité. La bataille finale de tartes à la crème (coupée au montage, dommage) de Kubrick & Southern ( Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe , 1964) ? L’ordinateur placide et néanmoins homicide de Clarke & Kubrick ( 2001, l’Odyssée de l’espace , 1968) ? Le cinéaste et les scénaristes ne s’en soucient, délaissent au tandem d’illustres ancêtres la satire en situation et l’ironie d’anticipation. Ils s’intéressent au « réel », au jeu sérieux, à ce qui les différencient, cf. l’épiphanie collective de...

Sang neuf et Ciné ancien

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  Exils # 105 (24/04/2025) Récit d’apprentissage, à base de bizutage et de dépucelage, de dommages et d’hommages, Youngblood (Markle, 1986) ne change le schéma de ce cinéma-là, en surface sportif, en profondeur éducatif, respecte donc la structure (é)vocation/confrontation/consécration, celle idem de la comédie musicale. Mais sa trame mélange film d’adolescent, comédie romantique et mélodrame, invite l’individuel au cœur du collectif. Tout ceci suffit à en faire un film politique, en tout cas davantage que d’autres qui en revendiquent le galvaudé titre, assorti de surcroît d’une réflexion en action sur la dynamique des sexes, ses forces et ses faiblesses. Dix-sept ans et toutes ses dents, jusqu’à ce qu’il en perde une en coda, autographes de gosses à signer, baiser de la bien-aimée à différer, pourvu d’un patronyme explicite, symbolique, le délicat et déterminé Dean quitte la ferme de ses frère et papa, sise au Minnesota, direction, via un spectaculaire pont, le hockey au Can...

La mire m’a tuer

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  Exils # 101 (08/04/2025) Le générique anticipe Shining (Kubrick, 1980) : Delon de dos conduit sur une route sudiste, en bordure de mer et donc de mort, escorté d’une chorale musique dramatique, signée de l’inspiré Demarsan ( Le Cercle rouge , Melville, 1970). Le type anonyme économise son fric chez le tutoyé pompiste et roule en américaine « automatique », assiste en sus à la noyade d’une nounou espagnole, s’incruste au creux de la villa vandalisée par les mômes autonomes, camés aux sucreries et au Coke. Voir Alain avachi dans le canapé devant la télé, en train de sourire et surtout de singer une Sheila au disco « dévouée » vaut déjà le visionnage, mais Attention les enfants regardent (Leroy, 1978) mérite aussi d’être exhumé pour une poignée de qualités. Tel La Traque (Leroy, 1975), il s’agit en définitive d’un survival satiriste, doublé d’une lutte des classes et des territoires, au terme funèbre duquel succombe le pauvre protagoniste, Mimsy Fa...

Projet X

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  Un métrage, une image : Les Aventuriers de la 4 e dimension (1985) Comme dans Carrie (De Palma, 1976), un beau gosse moins blond que Tommy Ross redécouvre une « vieille fille », apprend à l’apprécier, à l’embrasser, se et lui demande comment ils purent ainsi passer quatre années, assis sur des sièges de lycée, sans se parler, à se croiser sans se rencontrer : et si, finalement, ce récit de temps « déraillé » se résumait à celui perdu, qui ne reviendra plus, oui-da, Barbara, à celui gagné, ensemble, à la sueur du front, au nom de l’émotion ? En apparence chaînon manquant entre Retour vers le futur (Zemeckis, 1985) et Jurassic Park (Spielberg, 1993), Les Aventuriers de la 4 e  dimension s’avère aussi une romance sincère et tendre, un sympathique opus sur le passage à l’âge adulte rempli de drolatique tumulte. Tandis que son professeur « gauchiste » nourrit sa nostalgie, Dennis Hopper déjà drogué au gaz, un an avant le ravis...

Ne vous retournez pas (3) : Un mois de cinéma

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  Des films, des films, des films … Fuite futile ? Exil utile ! 4 Könige (Theresa von Eltz, 2015) Vol au-dessus d’un nid de coucou rencontre Breakfast Club  : premier film d’une femme passée par l’oxfordienne université, par Frears & Loach (dé)formée, experte en publicités, ce psychodrame au carré, très téléfilmé, accuse l’incompétence des adultes, adoucit des ados le tumulte. Débuté en POV, en caméra portée, le conte teuton de Noël, un brin à la truelle, vaut avant tout pour son casting en quatuor , presque en or, échauffant la fable réchauffée.   L’Apprenti salaud (Michel Deville, 1977) Comédie insipide commise par un cinéaste estimable ; un petit employé de quincaillerie pseudo-quadragénaire, endeuillé de sa grand-mère, se réinvente en gros escroc de province, à base d’héritage, au sein d’un alpage. Lamoureux joue le jeu, Christine Dejoux avec lui et nous fait joujou, quatre ans avant La Soupe aux choux , mais cette moralité sur la célébri...

Annabelle : La Maison du mal : Panic Room

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Poupée pourrie ? Surprise sympa… Pour mon frère Film féminin, sinon féministe, puisque les hommes n’y font, au fond, que de la figuration, Annabelle : La Maison du mal (Gary Dauberman, 2019) mérite quelques lignes incitatives, conviviales, presque hivernales. Il s’agit, résumons, à nouveau, d’un huis clos, d’un mélo d’ados, où surmonter un trauma , accident de voiture du papa, où croiser par deux fois son quasi reflet, funeste présage d’image, où accepter l’héritage particulier de ses parents, cause de scolaire harcèlement, c’est-à-dire consentir à soi-même devenir, malgré son jeune âge, experte en paranormal, démonologue à domicile, amen . Fable familiale d’apprentissage accéléré, tout s’y passe un vendredi, malsain plutôt que sain, ce troisième volet d’une provisoire trinité précédemment évoquée – (re)lisez-moi ou pas à propos de Annabelle (John R. Leonetti, 2014) + Annabelle 2 : La Création du mal (David F. Sandberg, 2017) – possède plusieurs qualités...

At First Light : In girum imus nocte et consumimur igni

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Fiat lux ? Alex rules … And everything went from wrong to right And the stars came out and filled up the sky The music you were playing really blew my mind It was love at first sight Kylie Minogue Jason Stone connaît-il Guy Debord ? On l’ignore et ceci possède peu d’importance, puisqu’au sein de l’univers cinématographique, par essence quantique, tout correspond, tout se répond, à la façon du temple naturel adoubé par Baudelaire, ma chère. « Dans une ténébreuse et profonde unité/Vaste comme la nuit et comme la clarté », At First Light (2018) comporte donc un papillon pas con, qui vient (épouser) se poser sur une ampoule, ma poule. Métaphore, encore, que l’insecte coloré, reflet de l’orphelin efflanqué, électrisé puis brûlé par sa bien-aimée, elle-même envahie par une énergie étrangère, boucle bouclée avec un souvenir d’enfance obsédant, évanescent. Comme tout film contemporain en partie occupé à faire le portrait d’une féminité tourmentée, At Fir...

Slaughterhouse Rulez : L’Internat

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Cahiers (du ciné) incendiés, réalisateur anonyme au milieu… Malcolm McDowell connaît-il cette comédie britannique horrifique, le montrant à l’époque de If…. (Lindsay Anderson, 1968), citant de surcroît Caligula, personnage qu’il interpréta pour Tinto Brass, selon le film homonyme de 1979 ? Malgré un dénommé Wallace en commun, « comme dans Braveheart  », précise l’intéressé, en dépit d’une explosion d’épilogue, substituée à la fameuse fusillade finale, les ressemblances s’arrêtent ici, ne sauraient dépasser le stade du clin d’œil cinéphile. Exit , la rage de jadis ; bye-bye , la remise en cause à main armée de l’éducation à l’anglaise balèze. De la public school à la boarding school , à cinquante ans d’écart, les choses changent, l’établissement devient payant, rural, son terrain souterrain sert à faire de la fracturation, creusement de saison, forage d’outrage, corrigent les écologistes, pas seulement du récit. Débuté en mode ethnographique, le métrage trop sage s’...

The Hollow Child : Sam, je suis Sam

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Des bois, du désarroi, des frissons, de l’émotion – cinéma de maintenant, à saluer. On sait depuis M le maudit (Fritz Lang, 1931) ce que signifie perdre un enfant à l’écran ; on découvrit avec Simetierre , le livre (Stephen King, 1983) + le film (Mary Lambert, 1989), qu’il peut exister pire que cette perte, que le parent survivant, ordre du monde renversé, le père enterrant le fils, doit désormais affronter ce qui remplace le disparu, se substitue à lui, changeling des contes anglo-saxons ou mort-vivant juvénile (avant épouse putréfiée) selon l’auteur majeur de Pet Sematary . Oublions vite l’homme homonyme de Paul Verhoeven ( Hollow Man , 2000), relecture laborieuse, en effet creuse, de L’Homme invisible de Herbert George Wells (1897), malgré son évocateur écorché, en dépit de la chère Elisabeth Shue, et penchons-nous sur le vide infantile, au sens fort, du titre. Olivia disparaît donc dans une forêt, tandis que Sam, sa sœur adoptive, plus âgée, fume un joint roulé de ...