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Affichage des articles associés au libellé Julian Roman Pölsler

Chère Martha : Les Yeux plus gros que le ventre

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Sandra Nettelbeck. Débutons par l’addition : un régal cordial, pour les fanas de Martina, dont moi, mais pas une seule seconde de cinéma, dans cet insipide plat. Presque présente à chaque plan, du tout premier, en plongée, au tout dernier, amusée, Martina Gedeck entraîne de manière jamais suspecte, anime un téléfilm fadasse, co-production en partie transalpine, ponctuée de clichés à la louche, culinaires et identitaires. Elle incarne une cuisinière sur les nerfs, une control freak , la bande-annonce dixit , à la maternité malaisée, pas de liesse de la part de sa nièce, fissa orpheline (puis fugueuse). Enfin, pas tout à fait, son géniteur-camionneur au grand cœur, guère au courant de sa naissance, depuis longtemps séparé de la sœur décédée, prénommé Giuseppe, finit par se manifester, par la ramener à sa maison aux touristiques airs toscans. Auparavant, le « deuxième chef de la ville » doit partage...

Volupté singulière : Je suis curieuse

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Sven Taddicken. Disons-le d’emblée : formellement, adverbe duel, Volupté singulière (2016) s’apparente à un téléfilm de luxe, à rien de plus, rajoute le corbeau de Poe, aux productions-diffusions du vendredi soir sur chaîne franco-allemande européenne, ici financière. Ni l’utilisation soignée, scolaire, de l’écran large, ni un travelling circulaire à 360 degrés, au sein d’un bar de confession, ni l’implosion au ralenti des accessoires d’une maison ne font illusion, mais tout ceci ne saurait rebuter, priver du plaisir relatif, éphémère, pris à suivre cette romance sur fond de violence, entre quinquagénaires pas si austères. Ménagère maniaque et insomniaque, Helen déprime, se définit comme « quelqu’un sans foi ». Aide-toi, le Ciel t’aidera, oui-da – la voilà via la radio à la poursuite du bonheur, à papoter puis plus puisque affinités avec un professeur homonyme. Hélas, l’ancienne croyante découv...

Le Mur invisible : The Last Winter

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Julian Roman Pölsler. Coiffée comme Renée Falconetti relookée par Dreyer, Martina Gedeck écrit. Via la voix de Martina, l’allemand perd sa rugosité culturelle depuis un dictateur éructant. Dans le chalet assombri par l’hiver, Martina se souvient, retrace l’impensable, à l’aide d’un calendrier, de papier recyclé. Martina, auteur amateur, confère à l’écriture son ultime nature, sans le savoir, en le sachant mieux que quiconque : un garde-fou contre la folie, un rempart contre l’oubli, un mur de mots contre l’absence. Le mur de Martina ne se trouve pas à Berlin en pleine séparation estivale de 1961 ni dans l’Amérique à la Norman Rockwell de Stephen King. Le dôme de Martina ne se voit pas, se signale par un signal sonore, drone emprunté à David Lynch, par un étalement des paumes sur la paroi, de l’écran de la salle, de la TV, du PC. Martina peut faire penser à Robinson et à ses avatars chez Geoff Murphy, Pete...