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Affichage des articles associés au libellé David O. Selznick

Un violon sur le toit : Redécouvrir Rózsa

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  L’amour sous l’armure, Feyder dut s’y faire… À la mémoire de Christopher Palmer Compositeur majeur, cosmopolite artiste, fifils de maman pianiste, violoniste juvénile, mais moins virtuose que Jascha Heifetz, formé en Allemagne, compère de Honegger, compatriote des Korda, ami d’un Herrmann peu magnanime, autre amateur notoire de thérémine, enseignant à USC, l’admiratif Jerry Goldsmith y assiste aussi, Miklós Rózsa voyagea, ne chôma, y compris victime d’un AVC survenu en Italie, reclus à la Dietrich fissa reparti en Californie. Il mena même, dit-il, une « double vie », clin d’œil du titre de son autobiographie au titre d’origine de Othello (Cukor, 1947), Oscar inclus, deuxième reçu, parmi ceux de Spellbound ( La Maison du docteur Edwardes , Hitchcock, 1945), Selznick s’en fiche, s’en félicite, du bienvenu Ben-Hur (Wyler, 1959), à moitié partagé entre musique classée classique et cinématographique, séparation poreuse, distinction oiseuse, cf. un concerto hitchcockie...

La Brigade du suicide + Marché de brutes : Les Infiltrés + Je suis un évadé

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  Man of steel  ? Mann de style… Un métrage, une image : La Brigade du suicide (1947) Premier essai du quatuor en or – le directeur de la photographie John Alton, le scénariste John C. Higgins, le réalisateur Anthony Mann, le producteur Edward Small –, La Brigade du suicide , traduction très approximative, sinon pathétique, du factuel T-Men , dialogue à distance avec Les Incorruptibles (De Palma, 1987). Celui-ci, on s’en souvient, se terminait sur l’homicide de Nitti par Ness peu miséricordieux, frontière morale franchie sur les sommets de Chicago City, comme en écho à la torture sportive infligée par un autre policier à bout poussé à ce salaud de Scorpio ( L’Inspecteur Harry , Siegel, 1971), scène célèbre et superbe de stade désert, d’alternatif théâtre antique surplombé en hélicoptère. La Brigade du suicide ne verse certes vers cette inversion des valeurs, ne possède pas de plaque patraque in fine refusée, de monument mortuaire dédié aux policiers en s...

The Hours

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  Un métrage, une image : Station Terminus (1953) Aka Indiscretion of an american wife , titre très informatif de la version US raccourcie, sorry , remontée selon les desiderata de David O. (Selznick), qui du reste le produisit, pygmalion d’exception, d’obsession, évidemment muni de ses interminables « mémos » ; Truman Capote s’occupa des dialogues. Un homme, une femme, un mari de l’autre côté de l'Atlantique. Une gare en Italie, un train pour Paris, une échéance de départ, au bord du trop tard, de l’épouse (bien ou mal) décidée à quitter son amant, afin de fissa retrouver sa famille. Tension maximale, sentimentale, morale, sexuelle, temporelle : les plans sur l’horloge morose se montrent quasiment autant stressants que pendant l’épisode Four O’Clock ensuite signé Alfred Hitchcock, pas presents , plutôt Suspicion , salut à Soupçons (1941), accolade à Cornell (Woolrich), trois années après la transposition de Fenêtre sur cour (1954). En écho au v...

Le Troisième Homme : Deconstructing Harry

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  Égout itou, plus propre mais autant létal que celui de Kanał … Comment mourir le mieux, sinon de la main d’un ami, même malheureux ? Au son d’une célèbre cithare de trop tard, on passe ainsi de Wajda à Welles, on explore un autre décor, on ranime une autre mort. Modèle de rythme aux cadres obliques, le requiem cette fois manifeste du mensonger macchabée utilise le son à l’unisson, affirmons à nouveau, que vous le vouliez ou non, en chœur avec le spécialiste Michel Chion, le cinéma comme « art sonore », hier et encore. Au creux de tunnels-caveaux, de catacombes européennes remplies d’ombres voire de vauriens, de clairs-obscurs d’impostures, beau boulot du dirlo photo Robert Krasker, pour ceci oscarisé, ensuite au côté de Visconti sur Senso (1954), ah, revoici Alida Valli, à proximité d’une immense roue de la destinée propice à séduire le symboliste Malcolm Lowry (et le John Huston de Au-dessous du volcan , 1984), se trame une traque patraque, en puissante profon...

That’s Entertainment!

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  La fin de Netflix ? Le cycle du recyclage… Affaire de fric, annonce symbolique : Amazon dispose donc désormais du gros catalogue de la MGM elle-même. On sait que ce studio presque centenaire possède un CV assez agité, cas d’école pour spécialistes ès faillites. On se souvient des épisodes plutôt pénibles de son feuilleton financier, du kolossal Kirk Kerkorian, de l’éphémère Ted Turner, de l’Asie selon Sony, du transalpin Giancarlo Paretti, épaulé par un certain Crédit Lyonnais, olé. La fameuse firme du lion à la con, dotée de sa devise autarcique ou cynique, l’art pour l’art, à moi les dollars , subit aussi le démantèlement antitrust et des dettes à perpète, dont un faramineux fiasco dû au mégalo mais pas démago Michael Cimino ( La Porte du paradis , 1980). Néanmoins « major » en or, elle accumula moult succès, assortit un essaim de « stars », déploya des producteurs de valeur, citons les noms d’Irving Thalberg, de David O. Selznick, du tandem W...

Gutland : Le Retour de Martin Guerre

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Govinda Van Maele. Dans La Mort aux trousses (Hitchcock, 1959), autre item à maïs, à menace mécanique, le very vide Roger O. Thornhill, appréciez le gros zéro, la pique à Selznick, se démenait avec un malentendu, en définitive pas si malvenu, se dispensait d’une psychanalyse, se surpassait en espion sentimental. Dans Gutland (2018), un braqueur christique, de casino à Cologne, va vite « se mettre au vert », sans trop d’effort s’insère, au sein de la provinciale et rurale communauté, de l’orchestre assermenté, jusqu’à liquider, à main armée, son pénible passé, à savoir ses deux acolytes, dépourvus de tactique, frénétiques du fric, chasseurs fissa chassés, balancés parmi la fosse à purin, parce qu’ils le valaient bien. Auparavant, moment déterminant, Jens avise son visage à l’endroit supra , cadavre souillé aux yeux pas fermés, subit un bestial somnifère, s’éveille en moins chevelu, rasé de près, lév...

L’Emprise : L’Esclave libre

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  Les yeux et l’odieux, le lien et le malsain, l’élection et la destruction…   To need a woman You’ve got to know How the strong get weak And the rich get poor Bryan Ferry I cheated myself Like I knew I would I told you I was trouble You know that I’m no good Amy Winehouse Adaptation fidèlement infidèle de l’estimable Somerset Maugham, Of Human Bondage (Cromwell, 1934) donne à (re)découvrir l’art d’un autre âge, encore préservé du politiquement correct abject de notre médiocre modernité. Même un peu pasteurisé par la censure des directives en train de se durcir du célèbre code Hays, on peut y apercevoir, filiation de saison avec le « film noir », un personnage de superbe puis pitoyable salope, sans céder une seconde à la misogynie, à la psychologie, à la compassion, à la victimisation. Mais la réussite de L’Emprise excède sa dimension SM, ensuite reprise et glamourisée par Gilda (Vidor, 1946), avant le gant de Rita, voici de Bette le crachat. Connus (e...

La Taverne de la Jamaïque : L’Auberge rouge

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Alfred Hitchcock. À la mémoire d’Alan Parker Après un naufrage à la Fog (John Carpenter, 1980), une diligence à la Dracula , la nièce endeuillée découvre donc le mal familial, à l’instar du gosse orphelin des Contrebandiers de Moonfleet (Fritz Lang, 1955). Plutôt qu’à Byron, cité sur le seuil, on pense à Corneille, à son fameux « dilemme ». Sauver les siens ? Éclairer les marins ? Maritime mélodrame moral, adapté de Daphne du Maurier, co-écrit par Joan Harrison, La Taverne de la Jamaïque (Alfred Hitchcock, 1939) dessine deux portraits de femmes fréquentables, remarquables, mémorables, interprétées par deux actrices assez admirables, la « débutante », douée, Maureen O’Hara, l’émouvante, « dévouée », Marie Ney, en sus de poser la question cruciale supra . Du côté des hommes de la côte, on (se) dissimule, son identité, ses desseins, on joue au « juge de paix »...

L’Adieu aux armes : Les Gens de la pluie

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Une médaille (amulette) militaire ? Des avions, des oiseaux, aujourd’hui et hier… Mélodrame martial aimable et estimable, L’Adieu aux armes (Frank Borzage, 1932) commence et se termine mal, à cause d’une cassure à la fois cinématographique et musicale. Le panorama peint, parcouru par un panoramique, les maquettes du prologue, aussi médiocres que le train arthritique de Un flic (Jean-Pierre Melville, 1972), les transparences évidentes – observez idem le défilé des « bersagliers » derrière le rideau tiré d’abri à spaghetti – des plans rapprochés, où Cooper, en studio secoué, fait semblant de sommeiller, ne raccordent pas avec les extérieurs réels et les vrais véhicules, cadrés en diagonale, accentuons la pente, gare à la descente, créant une sorte de chaotique dissociation des régimes d’images, peu propice à susciter la célèbre « suspension d’incrédulité » du spectateur confiné. Avec son dormeur du val rimbaldien revisité, amputé, l’exposition pèche ...