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Affichage des articles associés au libellé Brian Yuzna

Les Jeux d’Elsa

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  Exils # 37 (12/06/2024) « Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire » écrivait le résistant Aragon (Les Yeux d’Elsa ) : avouons vite ne conserver de Di Di Hollywood (2010) que le souvenir d’un ultime titre anecdotique, comme si le fréquentable et toutefois inégal Bigas Luna ( Angoisse , 1987 ; Jambon, jambon , 1992 ; Bambola , 1996), décédé ensuite d’une leucémie, délivrait ainsi son Showgirls (Verhoeven, 1995) à lui. Le moralisme méta, la satire réflexive, le vide obscène des riches et des célèbres, on les laisse à ceux qu’ils intéressent, on attend davantage des images que la démonstration de leurs mirages. Mais l’on y remarqua, oh oui, la remarquable Pataky, Diana Diaz – clin d’œil de dédoublées initiales à notre Brigitte Bardot nationale – sur le podium puis dans l’impasse. Telle la courageuse Elizabeth Berkley, Elsa Pataky subit quelques moqueries, son physique impeccable, souligné par le sensuel Bigas, la rendant presque suspecte, to...

Satanic Panic : Les Diablesses

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La cérémonie et l’ hymen , les capitalistes et les rebelles… « Fangoria présente » un (télé)film féminin, sinon féministe, où les femmes mènent la danse (forcément macabre), où les hommes font de la figuration (accessoirement prophétique). Satanic Panic (Chelsea Stardust, 2019) prend acte de son temps, enregistre l’instant, surtout aux USA, associe ainsi, à la périphérie, une raciste anti-Mexicains et un « porc » guère serein (« balancé » ? Éviscéré !). Le matriarcat revient donc à Rebecca (Romjin, autrefois voleuse-rêveuse du falot Femme fatale , Brian De Palma, 2002), moderne Médée presque immortelle, égorgeuse de sa fifille indocile (et dépucelée), in fine décapitée (par une rivale armée d’une croix maousse, of course ), tant pis pour l’article élogieux du lendemain, hein. La proie improvisée des satanés satanistes se (sur)nomme Sam (Hayley Griffith l’incarne), elle livre des pizzas, pourquoi pas, elle exige du riche le pourboire d’...

Le Rough Guide des films d’horreur : Livre de sang

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Résumons par interpolation : rather rough than deep, yes indeed . Un avant-propos élogieux et reconnaissant de Neil Marshall (le canin Dog Soldiers , l’utérin The Descent ) ; une introduction autobiographique et théorique, dont extraire le passage suivant, truisme nécessaire en réponse à tous les détracteurs du « genre » : « Tant que les films continueront à stimuler les émotions essentielles de l’être humain, les films d’horreur seront présents. La technologie du cinéma évoluera, tout comme la manière dont nous pourrons visionner le produit fini, mais notre vulnérabilité, notre terreur de l’inconnu et nos cauchemars ne disparaîtront pas. Ces forces irrationnelles du chaos seront toujours terrassées par un genre cinématographique défini par la pureté de son impact émotionnel » ; des remerciements (Mark Kermode, Tim Lucas, Frédéric Albert Lévy, Asia Argento, Guillermo del Toro, Brian Yuzna, Christophe Gans, Nicolas Winding Refn, parmi d’autres...

Esther : La Petite

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Une adoption qui tourne (très) mal, et le foyer fragilisé s’enflamme en plein hiver, telle une cabane de gosses perchée dans son arbre tarkovskien… Pourtant produit par le redoutable Joel Silver et l’inattendu Leonardo DiCaprio, Esther mérite le détour ( mortel , bien sûr). Jaume Collet-Serra, déjà auteur du sympathique La Maison de l’horreur – qui accomplissait ce miracle laïc : rendre attachante Paris Hilton, appréciable également, mais en brune, dans le méconnu Bottoms Up –, filme avec élégance, humilité, foi et sérieux (ce qui n’exclut pas des touches d’humour qui sonnent vrai , comme ce coup de tête par inadvertance durant… une levrette), loin de tout second degré post -moderne et dans une durée (deux heures) assez inhabituelle pour le genre , abonné plus qu’à son tour aux quatre-vingt-dix minutes réglementaires, son conte de fées pour adultes (et grands enfants), dans un cadre domestique et un paysage de saison qui rappellent furieusement ceux de Chromosome 3 ,...

Deep Water : Le Roi scorpion

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Du film de Brian Yuzna, on ne dira pas grand-chose, sinon qu’il s’avère plutôt soigné, mais totalement inintéressant, dans sa maladroite tentative pour renouer avec le souffle de l’aventure maritime du cinéma d’hier, assorti à la sauce numérique contemporaine. Avec son scénario de (mauvais) téléfilm exotique, son interprétation transparente (Paré le revenant), sa courte durée pouvant sembler bien longue, il ne mérite guère une étude approfondie, tant sa propre profondeur, clamée par le titre français (?), demeure bien superficielle. Yuzna, auteur des sympathiques Society et Le Dentiste , ne possède guère la radicalité de Stuart Gordon, qu’il produisit souvent, et s’il se permet des clins d’œil à Lovecraft – regardez bien le nom de l’institut océanographique sur l’ordinateur portable de la scientifique –, la mythologie de l’ermite de Providence lui passe de toute évidence largement au-dessus de la tête (et surtout de la caméra). Malgré les références du très pâle « héros » ...