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Les statues meurent aussi

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Un conte nocturne, une fantaisie d’adulte. À la fin du dix-neuvième siècle, les hommes inventèrent le « cinématographe », bientôt apocopé en familiers « cinéma » ou « ciné ». Le centenaire suivant vit l’essor, l’avènement puis le retrait de cet art commercial, populaire, fascinant, fasciste, baptisé « septième » en guise de bourgeoise respectabilité. Certains, à peine une poignée, en vécurent, d’autres, à peine plus nombreux, lui prêtèrent une part plus ou moins importante de leur temps de vie et de nuit. On loua, on blâma, on s’émerveilla, on se lassa. La TV, les jeux vidéo, Internet redéfinirent la superficie et l’emprise du territoire audiovisuel. Au nouveau millénaire, que les historiens font désormais débuter dans les ruines médiatiques et mondialisées du World Trade Center, le cinéma survécut, mua un peu via la numérisation généralisée de l’univers de l’espèce, s’enfonça en douceur, au quotidien, dans une agonie jolie, indolore. L...

Noires sont les galaxies

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Entreprise mondialisée (aux oreilles vulcaines) ou sécession solitaire, l’aventure interstellaire demeure une épopée de proximité… Immanente, scintillante, la Mort sourit depuis ses hauteurs célestes et glacées. Dans la nuit enfin délivrée des lumières chaplinesques de la ville, les étoiles nous accueillent sur le seuil du sommeil. On perçoit leur souvenir, seulement la trace absente d’une présence illusoire, spectaculaire. Nul visage maternel n’apparaît sur le drap sombre pour nous bercer d’un « Rien ne meurt jamais » ; aucun « éléphant » ne rejoint le bestiaire astronomique garni d’ourses, de centaures, de bergers. Les hommes entendent aussi baptiser le ciel, tout ce qui gravite au-dessus de leur tête. Les animaux, les lieux, les villes, les événements, les sentiments, cela ne suffit pas, il faut encore que l’éther nocturne finisse dans un dictionnaire. Virus verbal transmis jusqu’aux astres, trajectoires terrestres calquées sur les parcours astraux,...