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Affichage des articles associés au libellé Guy Hamilton

L’Anglais

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  Silhouette ou quartette, musico et peut-être mec honnête… John Cameron composa donc une poignée de pièces assez irrésistibles de library music , exercice de style difficile, sinon stérile, dont un diptyque addictif, à la sensualité de « soleil liquide » et de céleste vocaliste seventies , en partie découvert jadis par votre serviteur via une publicité télévisée. Il ne céda cependant à la paresse de « rêveries oubliées à demi », jaillit du jazz , passa par la pop , s’occupa de comédie musicale, par exemple les increvables Misérables du tandem Boublil & Schönberg, se soucia aussi de classique. Collaborateur de Donovan, Hot Chocolate ou José Carreras, Cameron écrivit, conduisit et produisit ainsi, souvent avec discernement, pour le petit et le grand écran, signa en sus moult arrangements. Moins renommé que son compatriote, un autre John, Barry, en tout cas ici, il ne démérite néanmoins, prend sa place parmi une estimable liste, celle d’artistes britanni...

Flight Plan

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  Modèle de modernité, moralité de monstruosité… L’antidote à In t he Mood for Love (Wong, 2000) ? Davantage un ouvrage sur les images et les mirages. Dans l’avant-dernier segment émouvant puis éprouvant des Nouveaux Monstres (1977), coréalisé en compagnie de Scola & Monicelli, Risi leur laisse presque toute la place, petit précis de ciné muet très expressif, tout le temps éloquent, où à peine une poignée de répliques, unilatérales, répondent aux paroles ad hoc du double programme musical, aux informations à la télévision finales et fatales. Face aux interrogations du romantisme, le terrorisme conserve ainsi mystère et mutisme. D’une décennie à la suivante, les moyens de locomotion diffèrent mais demeurent mortifères, la virée en voiture ou le vol en avion se terminent idem au cimetière, Senza parole prolonge subito presto Il sorpasso (1962). S’il ne fanfaronne comme Gassman, présent ici aussi, qu’il évoque en vrai-faux sosie, Latin lover au charme de cheveux sombre...

Le Fils de Spartacus : Centurion

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  Divertissement régressif ? Parabole pas frivole… Péplum politique, pardon du pléonasme, opus (dé)placé en Égypte, surprise symbolique, Le Fils de Spartacus (Sergio Corbucci, 1962) ne capitalise sur le succès de Kubrick Stanley ( Spartacus , 1960), possède sa sienne personnalité, dialogue avec d’autres. Comme Moïse & Ben-Hur, Randus doit se rendre à l’évidence de ses véritables origines dérangeantes, il doit aussi assumer un messianisme ensablé à la Dune (David Lynch, 1984) et l’épée paternelle, posée sur un mausolée en plein soleil, sur laquelle se termine le film, annonce celle de Conan le Barbare (John Milius, 1982), encore un conte pas con d’émancipation, de dessillement d’antan, d’éveil cruel des consciences enfin au courant, de l’absurde asservissement romain, du bien nommé Thulsa Doom du sinistre venin. Réel réalisateur, l’auteur de Romulus et Rémus (1961), Django (1966), Le Grand Silence (1968) compose chaque plan, manie la double focale à la De Palma,...

Hyènes : Money Monster

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de   Djibril Diop Mambéty. A film is a kind of meeting; there is giving and receiving. Now that I have made it, Hyènes belongs as much to the viewer as to me. You must have the freedom and confidence to understand and critique what you see. DDM Dans Zombie (1978), autre conte anticonsumériste du capitalisme comme cannibalisme, Romero accomplissait un caméo de réalisateur de JT très débordé ; dans Hyènes (1992), Diop Mambéty s’octroie le rôle d’un ex -magistrat, « de mes deux », vitupère l’épicier populaire puis sacrifié, manière de (se) mettre en abyme mais aussi à distance le « didactisme » de l’ensemble. Le fils d’imam pourrait prêcher, désirer condamner, il se contente d’observer, avec une clarté cadrée au cordeau, de son chœur en couleurs les quelques qualités, les dangereux défauts. Au terme de la moralité pas si manichéenne, moins douce qu’amère, Draman disparaît, s’évapore...

L’Œuf du serpent : L’enfer est à lui

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Abel Rosenberg, doublement mal nommé dans l’Allemagne en crise des années 20, découvre après une beuverie le cadavre suicidé de son frère. Sa vie de forain fantomatique aboutit entre les pauvres murs d’un cabaret de troisième zone où se produit sa belle-sœur, son futur amour. Il retrouve encore le sinistre Vergerus, ennemi d’enfance, qui leur propose de les héberger dans sa clinique. L’antisémitisme s’affiche en pleine rue tandis que le savant dévoile son vrai visage. Abel parviendra-t-il à fuir sa propre fiction ? Cette évocation des racines du nazisme excède son cadre historique pour constituer une anxiogène étude de la peur, vrai maître de marionnettes humaines, trop humaines.      Laissons à ceux qui s’en délectent les pièges de la psychobiographie : Bergman transposerait à travers son héros déraciné, traqué, sa propre situation chaotique d’exilé fiscal vilipendé par la presse suédoise, liquidant sa fascination adolescente de l’hitlérisme par ...