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Affichage des articles associés au libellé Rémy Julienne

Autrefois, au Venezuela…

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  Exils # 155 (13/01/2026) Le Sauvage (Rappeneau, 1975) va vite et semble être exotique, on repense aussitôt à L’Homme de Rio (de Broca, 1964, Rappeneau participe), à un autre duo, Deneuve & Montand substitués à Dorléac & Belmondo. On retrouve aussi Luigi Vannucchi, mari maudit, très éloigné de la DC selon Rossellini ( L’An un , 1974). Co-écrite par encore un couple, celui-ci sans entourloupe, Élisabeth & Jean-Paul, frère et sœur en chœur, en compagnie de l’incontournable Jean-Loup Dabadie, vrai-faux vaudeville de scénaristes et dialoguiste, la comédie romantique paraît s’inspirer du modèle à l’américaine, Capra and Co ., passage par New York, tant pis pour Miami, où l’engueulade précède l’accolade, où d’abord se détester autorise ensuite à mieux s’aimer, gifles humides comprises, n’en déplaise aux féministes, because bateau (et tableau) bousillé. La sauvageonne tombe dans les pommes, sa tête heurtée par une pomme, colère d’homme ; pendant le prologue du presq...

Le Concert et le Cimetière

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  Exils # 128 (16/09/2025) Dans Obsession (De Palma, 1976), autre avatar du complexe d’Électre, une restauratrice de tableaux invitait à sauvegarder la beauté, peu importe le palimpseste. Dans La 7 ème Cible (Pinoteau, 1984), la mamma de Ventura dissimule sous ses « gouaches » pas si dégueulasses des signatures de renom, découvre Degas d’un coup de chiffon. On devine vite que le procédé de la double couche s’applique au film, qui commence comme se termine Un papillon sur l’épaule (Deray, 1978) et se termine comme commence L’Espion qui venait du froid (Ritt, 1965). Cette fois, toutefois, l’acteur en bout de course et presque à bout de souffle ne se fait plus descendre à distance, en pleine rue passante et indifférente, il se fait tabasser arrivé au sommet d’un escalier à la Remorques (Grémillon, 1941) mais démuni de flotte, position surélevée perdue puis retrouvée, car il l’occupera en coda, indication musicale et spatiale. Ce récit d’une chute rempli de tumulte troq...

Vain chœur par chaos

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  Exils # 110 (21/05/2025) Dommage pour leurs amateurs : on compte davantage de cascades dans un seul épisode de L’Homme qui tombe à pic que dans toutes les quatre-vingt-cinq minutes presque longuettes de L’ É quipée du Cannonball (1981). Cela peut étonner de la part de Needham, ancien stuntman et acteur occasionnel – il kidnappe Hackman pour French Connection 2 (Frankenheimer, 1975), se met ici en abyme comme ambulancier puis (ré)apparaît à l’ultime plan du bêtisier – qui concocta et connut un autre succès motorisé avec Cours après moi shérif (1977), déjà conduit par Reynolds, ensuite aussi transposé à la TV. Cette variation sudiste (Needham naquit à Memphis) des aventures de (Sisyphe) Vil Coyote cède sa place à une course maousse, illégale of course , « cinq mille kilomètres à cent quarante kilomètres/heure », quelle horreur s’écrie la sécurité routière, et Lee Majors, alias Colt Seavers, la sienne à la (très) regrettée Farrah Fawcett, couple séparé sur le ...

Tea for tous

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  Exils # 48 (29/08/2024) Boucle bouclée colorée, charte graphique affichée : rouge des images d’archives, vert du cockpit britannique de l’intro en studio, rouge des planeurs de la sœur, vert des montagnes qui désarment de l’épilogue idem en vol ; rouge du costume méphistophélique, vert de la peinture à l’ouverture ; rouge des fleurs de comique malheur, vert de la couronne ornée d’une croix gammée ; rouge de la jupe de scène raccourcie en appât de piégeuse péripatéticienne, vert d’un canal souterrain sous le métropolitain exploré plus tôt par Leroux & Hugo ; rouge et vert des portes d’hôtel aux numéros trompeurs, au duo de ronfleurs. Alternance + permanence = cohérence, dynamique métronomique du thème du tandem , doublé, dédoublé, redoublé, deux compatriotes, deux moustachus, deux officiers à défigurer, à faire s’étouffer, un soldat qui voit double, deux dames secourables, deux zones à la gomme, deux compositeurs couverts d’honneurs (Auric & B...

Vestiges du révisionnisme

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  Exils # 45 (08/07/2024) Dire d’ Indiana Jones et le Cadran de la destinée (Mangold, 2023) qu’il passe à côté de son sujet s’affirme un euphémisme. Tout, pourtant, y tourne autour du temps, matière première de nos artères et d’un art funéraire autrefois divisé par Deleuze en « image-mouvement » et « image-temps », justement. Vingt-cinq années séparent les deux périodes historiques et donc les deux représentations du personnage supposé mythique, surtout cyclique, dont la double profession d’exhumation et de transmission, puisqu’archéologue puis pédagogue, s’avère en soi symbolique. Au moment présent de l’hégémonie numérique, Dorian Gray peut aller ailleurs se damner, se faire tirer le portrait c(r)aché, contaminé, Harrison Ford retrouver sans effort sa force, les outrages du grand âge de la suite touristique, située du côté de Tanger, aux cascades bondesques (studios de Pinewood compris, pardi), réminiscences de celles de Rémy Julienne, compensés par la soli...

Détour mortel

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  Un métrage, une image : Sur un arbre perché (1971) « Galéjade gauchiste », comme l’affirme Fernand Sardou déguisé en gendarme presque de Saint-Tropez, tandis que Panisse sirote son anis à Cassis ? Davantage un ouvrage à l’insuccès relatif prévisible, compréhensible, ordonner de ne bouger à un acteur classé comique, a fortiori de Funès, revient à le priver d’une partie de ses possibilités. Le corps corseté, sommé de s’immobiliser, la fuite en fringues fait long feu, plus tard l’arbre prend feu, machiavélisme de l’ ex -mari militaire, à cigare, silencieux et patibulaire, se débarrasse aussi de ses besoins, à peine si l’eau pour pare-brise passe pour de la masculine et partagée urine. Commencé à la TV, petit précis d’hypocrisie aussitôt démenti, puis générique pop un peu psychédélique, en écho à L’Homme orchestre (Korber, 1970), l’ opus pareillement expérimental de l’auteur des Feux de la Chandeleur (1972) dépeint l’emprise du second écran, sa capacité i...

Le Choix des armes

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  Un métrage, une image : Section de choc (1976) À Jacqueline « Le Marseillais, rends-toi ! » crie le flic de Bozzuffi, mais moi je ne démissionne, je visionne. De l’action, encore de l’action, toujours de l’action dirait Danton, alors Dallamano n’y vas pas mollo, il décèdera d’ailleurs bientôt, dans un accident d’auto. Pour l’instant, en été, sort en salle une sorte d’instantané, une photographie remplie d’énergie d’une certaine et turinoise Italie. Les années plombées, à main armée, connaîtront un tournant illico , avec l’assassinat d’Aldo Moro, lui-même devenu cadavre retrouvé à Rome au creux du coffre d’une Renault, décroîtront ipso facto , la Démocratie chrétienne, au régime déjà malsain, idem sur le déclin, remplacée par le capitalisme spectaculaire, sens duel, berlusconien, parce qu’il(s) le valai(en)t bien. Pourtant, deux ans auparavant, le spectateur perçoit un changement, comme un renversement, dont témoigne le métrage de son âge. L’idéologie s...

Bons baisers d’Athènes

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  Un métrage, une image : Le Casse (1971) Le Casse commence comme Le Cercle rouge (1970), cambriolage comportementaliste, silence éloquent de professionnels de la profession ; il se termine à la Vampyr (1932), cercueil de silo. Entre Melville & Dreyer, Verneuil dilate la durée en mode Leone, pratique une course-poursuite « animée par Rémy Julienne et son équipe », à glisser, au propre et au figuré, entre celles de Bullitt (Yates, 1968) et French Connection (Friedkin, 1971). S’il adapte David Goodis, ici escorté d’un co-scénariste, en l’occurrence le Katcha de Galia (Lautner, 1966) ou du Maître-nageur (Trintignant, 1979), portraiture, presque une dizaine d’années après, d’autres stratèges idem en échec ( Mélodie en sous-sol , 1963), cette co-production franco-italo-américaine à succès, en Grèce guère démocratique tournée, Costa-Gavras dut en être outré, dépasse le divertissement d’antan, s’avère vite un titre expérimental assez surprenant, sinon p...

Dangereusement vôtre : Rémy et le Réel

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  En mémoire de Rémy Julienne (1930-2021) et en adieu à Nathalie Delon (1941-2021)... Transporteur puis pilote, champion récompensé en sus de cascadeur adoubé par Bond & Disney, (anti-)héros malgré lui d’un dramatique et judiciaire feuilleton dû à une dispensable (pléonasme) production Besson ( Taxi 2 , Krawczyk, 2000), désormais décédé des suites de la pénible pandémie, deuil discret, moins médiatique que celui de son mentor Gil Delamare, Rémy Julienne sut exercer ses « scientifiques » et savants talents pendant plus de quarante ans, sa filmographie conséquente, débutée via Fantômas (Hunebelle, 1964), associant cinéma estampillé populaire, classé d’auteur, d’ici et d’Italie ou d’ailleurs. Ainsi Rémy se mit au service, souvent complice, de Gérard Oury ( La Grande Vadrouille , 1966) & Jacques Besnard ( Le Grand Restaurant , idem ), de Jean Girault ( Les Grandes Vacances , 1967) & Georges Lautner ( Le Pacha , 1968), de Peter Collinson ( L’or se barr...

L’or se barre : Le Grand Embouteillage

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Les hommes (spécialistes à la Patrice Leconte) qui valaient quatre millions de dollars . Une comédie very British  ? Une réaliste demo reel pour Rémy Julienne ? Un document sur les années 60 finissantes ? Un « film culte » redécouvert via un DVD exemplaire ? Bien sûr et davantage : le titre le plus connu d’un réalisateur emporté par un cancer à la quarantaine (Peter Yates pressenti). Une réussite collective qui doit quelque chose à tous ses collaborateurs. Un divertissement « bon enfant » à déguster en VO avec un sourire constant. Un film foutrement freudien commencé dans un tunnel et terminé au bord d’un ravin utérins (« de l’or en barre », en lingots phalliques, pour tous les psys épris de cinéphilie, d’engorgement d’automobiles-spermatozoïdes). Une réflexion ludique et mélancolique sur la virilité européenne, Michael Caine (alors sans permis, flanqué de son frérot) en étalon (Lelia Goldoni, veuve cassavetesesque vit...