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Affichage des articles associés au libellé Fred Zinnemann

Poussière d’étoile

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  Exils # 113 (18/06/2025) Dans ses Souvenirs et Réflexions , l’estimable musicienne Mel Bonis affirme : « L’artiste n’est pas un moraliste, mais il se doit d’être une personne morale. » On ne saurait douter de l’éthique d’Anthony Mann, néanmoins cette « étoile d’étain » d’intitulé original mérite son titre. Western modeste, mineur et méconnu, cela explique en partie ceci, Du sang dans le désert (1957) ne réussit jamais à s’élever au-dessus du statut de bel exercice de style desservi par un script simpliste, signé du complice de Ford Dudley Nichols ( La Chevauchée fantastique , 1939), « d’après une histoire » de scénaristes de TV, handicapé par un casting anecdotique, surtout du côté des dames, aux rôles en toc, doté d’un didactisme rédhibitoire rempli d’espoir, ce succédané stérile et laïc de l’espérance, précise le credo catho de la précitée compositrice. Un chasseur de primes en transit, pragmatique et presque cynique, transmet sa prati...

Attrape-moi si tu peux

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  Un métrage, une image : Le Chacal (1997) À la mémoire de Mylène Demongeot L’ultime film de Sidney Poitier ne remake celui de Zinnemann ( Chacal , 1973), ni ne réadapte le titre de Forsyth, en conserve cependant quelques éléments, par exemple identités démultipliées, fusil en kit , bar gay , tombe atone. Échec critique, succès public, donc économique, il déplut aux deux intéressés précités, au compositeur Carter (Burwell), il semble aussi aux meilleurs ennemis Gere & Willis, rôles nonobstant inversés selon leur souhait. Il s’agit en sus d’une coproduction cosmopolite, pourvue d’un script basique, chasse à l’homme, entre hommes, en somme, commis par Chuck Pfarrer, le scénariste de Chasse à l’homme (Woo, 1993), justement, de Darkman (Raimi, 1990) ou Barb Wire (Hogan, 1996), par ailleurs non crédité collaborateur sur Sudden Impact (Eastwood, 1983) et Arlington Road (Pellington, 1999). Quant à Caton-Jones, ex -banquier écossais reconverti réalisateur hollywoodien, p...

Shanghai Kid

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  Un métrage, une image : Shanghaï Joe (1973) Ce western antiraciste moins humoristique et plus individualiste que celui de Chan et compagnie – Shanghai Noon , Dey, 2000, jeu de mots rigolo décalqué du High Noon , aka Le train sifflera trois fois , de Fred Zinnemann, 1952 – adresse lui-même un clin d’œil d’intitulé italien au contemporain Mon nom est Personne (1973) de Valerii & Leone, cependant il s’agit en définitive d’un film hybride, inspiré à la fois par la célèbre série Kung Fu et les éclats de Peckinpah. Caiano signa aussi Un train pour Durango (1968) et L’Œil du labyrinthe (1972), sur lesquels je ne reviens point, en sus de l’estimable Les Amants d’outre-tombe (1966), avec l’immarcescible Barbara Steele, avant de finir sa filmographie de manière amère, très agitée, au côté de l’incorrigible Klaus Kinski ( Nosferatu à Venise , 1988), ici irrésistible fétichiste de chevelure pas un brin baudelairien. Si la trilogie des Dollars + Il était une fois dans...

L’Affaire Pélican

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  Un métrage, une image : Jennifer (1978) Douze ans avant, revoilà Lisa Pelikan. La belle-sœur à sauveur de Full Contact (Lettich, 1990) chopa une bronchite sur le set pas au sec, se fit voler sa voix, menacer d’un procès par le producteur et auteur (de l’histoire) Steve Krantz ( Ruby , Harrington, 1977), ne toucha aucun pourcentage sur les recettes en dépit de la promesse, tourna tout cela dans le sillage du plus respectable et argenté Julia (Zinnemann, 1977), ton agent tu écouteras, d’autres publics tu chercheras. Escortée de Jeff Corey ( The Premonition , Schnitzer, 1976), Bert Convy ( A Bucket of Blood , Corman, 1959), Nina Foch ( Un Américain à Paris , Minnelli, 1951, Scaramouche , Sidney, 1952, Les Dix Commandements , DeMille, 1956 ou Spartacus , Kubrick, 1960), de la jeune Amy Johnston, décédée presque prématurée, visez vite en prime le caméo illico de John Gavin ( Le Temps d’aimer et le Temps de mourir , Sirk, 1958, Mirage de la vie , Sirk, 1959, Psychose , ...

Casino : No Limit

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  Un métrage, une image : Et Dieu… créa la femme (1956) Trintignant, acte II : dans Trans-Europ-Express (Robbe-Grillet, 1967), il étranglait, obsédé, Marie-France Pisier ; onze ans plus tôt, Bardot mettait le jeunot KO , comme Curd (Jürgens) & Christian (Marquand), le public et le politique, le populaire et l’universitaire, Barhes, pas à Saint-Barth, s’en empare dare-dare. À vite voir cela, une persona déjà là, ludique et pudique nudité acidulée, danse exotique d’éden sudiste, chienchien + lapin taquin de SPA, on peut se demander pourquoi. Fallait-il que la France, ne parlons pas du puritanisme américain, hein, se sente corsetée, surtout au sein du ciné, de sa sexualité, pour réserver pareil accueil au véhicule minuscule de Madame Vadim, lui-même d’ailleurs mari délaissé au profit de Jean-Louis, vie imitant l’art et tutti quanti. Épaulé par le régulier Raoul Lévy, La Vérité (1960) de Clouzot il produisit aussi, conforté par le fric de la Columbia, Cin...

Hyènes : Money Monster

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de   Djibril Diop Mambéty. A film is a kind of meeting; there is giving and receiving. Now that I have made it, Hyènes belongs as much to the viewer as to me. You must have the freedom and confidence to understand and critique what you see. DDM Dans Zombie (1978), autre conte anticonsumériste du capitalisme comme cannibalisme, Romero accomplissait un caméo de réalisateur de JT très débordé ; dans Hyènes (1992), Diop Mambéty s’octroie le rôle d’un ex -magistrat, « de mes deux », vitupère l’épicier populaire puis sacrifié, manière de (se) mettre en abyme mais aussi à distance le « didactisme » de l’ensemble. Le fils d’imam pourrait prêcher, désirer condamner, il se contente d’observer, avec une clarté cadrée au cordeau, de son chœur en couleurs les quelques qualités, les dangereux défauts. Au terme de la moralité pas si manichéenne, moins douce qu’amère, Draman disparaît, s’évapore...

Bravados : Pardonnez nos offenses

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  Sous le signe de la corde et de la croix… Ouvrage de vengeance et de violence(s), Bravados (King, 1958) dialogue à distance avec Un justicier dans la ville (Winner, 1974) et Taxi Driver (Scorsese, 1976). Comme Kersey, Douglass aboutit à une impasse ; comme Bickle, il connaît la gloire sur le tard. Mais bien moins abstrait, désincarné, que le Clint Eastwood de L’Homme des hautes plaines (1973) et Pale Rider (1985), plus croyant que les précités architecte et vétéran, il va devoir désormais vivre avec le souvenir de sa culpabilité décuplée. Si Carrousel (King, 1956) attribuait au protagoniste en plein péché, puisque suicidé, une seconde chance de bienveillance, Bravados duplique presque à l’identique le traumatisme initial, à savoir viol suivi d’homicide, dispense du pardon et prodigue la damnation. Au terme de sa traversée aveuglée de l’Enfer sur Terre, où la nuit américaine technique devient vite métaphysique, éclaire sur la nuit de l’Amérique nordiste, l’ange exter...

Au péril de sa vie : Au risque de se perdre

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La foi, l’Afrique, la folie, le fric… Angie you’re beautiful But ain’t it time we say goodbye The Rolling Stones It’s a sin! Alex DeLarge Méconnu mélodrame martial, Au péril de sa vie (Gordon Douglas, 1961) mérite son exhumation, pour plusieurs raisons, dont la principale se dénomme, évidemment, Angie Dickinson. Jadis célébrée, avec brièveté, par mes soins énamourés, à l’occasion de Pulsions (Brian De Palma, 1980), l’actrice, au ciné, de Rio Bravo (Howard Hawks, 1959), À bout portant (Don Siegel, 1964), La Poursuite impitoyable (Arthur Penn, 1966), L’Ombre d’un géant (Melville Shavelson, 1966), Un homme est mort (Jacques Deray, 1972) et, à la TV, de Sergent Anderson (1974-1978) + Wild Palms (1993), liste subjective, peut-être la verrai-je un jour chez Samuel Fuller, Jacques Tourneur, Lewis Milestone, Norman Jewison, John Boorman, Claude Pinoteau, Sydney Pollack, trouve ici, à défaut du rôle d’une vie, un character qui ne manque pas de caractère, au ...

Le Village des damnés : The Wall

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Classe tous risques, délices de l’infanticide, avenir peut-être pour le pire…   Après Crocodile Dundee (Peter Faiman, 1986), revoici donc Linda Kozlowski : rappelons aux amnésiques l’importance des actrices pour John Carpenter, cinéaste féminin, sinon féministe, cf. les compositions primordiales de Lauren Hutton dans Someone’s Watching Me! (1978), Jamie Lee Curtis dans La Nuit des masques ( idem ), Faye Dunaway dans Les Yeux de Laura Mars (Irvin Kershner, 1978, co-écrit par JC), Adrienne Barbeau dans Fog (1980), Karen Allen dans Starman (1984), Natasha Henstridge  dans Ghosts of Mars (2001) et Amber Heard dans The Ward (2011), sans oublier, bien sûr, les contributions déterminantes d’Adrienne Barbeau, bis , dans New York 1997 (1981), Alexandra Paul dans Christine (1983), Kim Cattrall dans Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (1986), Meg Foster dans Invasion Los Angeles (1988), Daryl Hannah dans Les Aventures d’un homme invisible ...