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Affichage des articles associés au libellé Roy Ward Baker

Shanghai Kid

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  Un métrage, une image : Shanghaï Joe (1973) Ce western antiraciste moins humoristique et plus individualiste que celui de Chan et compagnie – Shanghai Noon , Dey, 2000, jeu de mots rigolo décalqué du High Noon , aka Le train sifflera trois fois , de Fred Zinnemann, 1952 – adresse lui-même un clin d’œil d’intitulé italien au contemporain Mon nom est Personne (1973) de Valerii & Leone, cependant il s’agit en définitive d’un film hybride, inspiré à la fois par la célèbre série Kung Fu et les éclats de Peckinpah. Caiano signa aussi Un train pour Durango (1968) et L’Œil du labyrinthe (1972), sur lesquels je ne reviens point, en sus de l’estimable Les Amants d’outre-tombe (1966), avec l’immarcescible Barbara Steele, avant de finir sa filmographie de manière amère, très agitée, au côté de l’incorrigible Klaus Kinski ( Nosferatu à Venise , 1988), ici irrésistible fétichiste de chevelure pas un brin baudelairien. Si la trilogie des Dollars + Il était une fois dans...

La Comtesse

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  Un métrage, une image : Les Lèvres rouges (1971) Scott connaissait Kümel ? Interrogation rhétorique. Cathy & Suzy, Tony lui fait baiser Fanny ( Les Prédateurs , 1983), avant qu’elle ne baise vraiment Fanny Ardant ( 8 femmes , Ozon, 2002). Dans le sillage des outrages de The Vampire Lovers (Baker, 1970) + Vampyros Lesbos (Franco, 1971), revoici des suceuses, certes pas celles des bandes classées X, même si la brunette suspecte, à la coupe Louise Brooks, semble presque une soubrette, issue de la pornographie française de jadis, so seventies . Au début, ça baise, bis , avec entrain, au creux du compartiment d’un train, salut à Martin (Romero, 1977). Ensuite, ça s’installe à Ostende, hôtel bunker à la Enki Bilal ( Bunker Palace Hôtel , 1989), soupçon de India Song (Duras, 1975), puisque surgit l’irrésistible Seyrig. Ce récit séduisit la féministe Delphine, qui piège le mec qui ne pense pas qu’avec sa tête, fellation d’occasion, qui avec sa ceinture, motif ...

Alphabet City

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  Un métrage, une image : Le Cavalier noir (1961) Dans Le Petit Monde de don Camillo (Duvivier, 1952), Fernandel affrontait Cervi, maire communiste et meilleur ennemi. Dans The Singer Not the Song , Mills ne désarme devant Dirk Bogarde, vaurien luciférien à fin félin. Classer Le Cavalier noir en vrai-faux western homo vers Mexico relève de l’évidence – une imagerie dédiée à l’homosexualité, comme dirait Brigitte Lahaie – mais cette dimension d’attraction/répulsion masculine, dommage pour la mimi Mylène Demongeot, mise disons KO, sortie du trio, esseulée va-t’en, châle rouge sang, qui en conclusion culmine, tandem de mecs mortellement touchés, tendrement enlacés, salut au SM de Duel au soleil (Vidor, 1946), ne saurait dissimuler la dynamique de la moralité. Plus près du contemporain Léon Morin, prêtre (Melville, 1961), idem mélodrame adapté d’un bouquin écrit au féminin, Béatrix Beck substituée à Audrey Erskine Lindop, sinon de Sous le soleil de Satan (Pialat, 1987...

Le Train des épouvantes

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  Un métrage, une image : Terreur dans le Shanghaï express (1972) « Moscou demande d’arrêter l’Express quand il passera l’aiguillage. Je pense que c’est la guerre » : ce type de réplique, presque prophétique, la profère un télégraphiste, demeure d’actualité, cinquante ans après, même si le prêtre orthodoxe, guère orthodoxe, ressemble plus à Raspoutine qu’à Poutine, le Cosaque à Kojak , que l’ami Cacavas musique aussi. Décalque pirate de la célèbre nouvelle de Campbell, co-écrit + co-produit par un duo de cocos, Arnaud d’Usseau & Bernard Gordon ( Les 55 Jours de Pékin , Ray, 1963), d’où, sans doute, le regard rouge de l’extra-terrestre peu perplexe, illico hors frigo, n’omettons un troisième larron, nommé Julian Zimet ( Le Plus Grand Cirque du monde , Hathaway, 1964), Horror Express évoque l’économie riquiqui de Nyby ( The Thing from Another World , 1951), plutôt que la paranoïaque eschatologie du père Carpenter ( The Thing , 1982). Il s’agit, ainsi, d’un huis clos de loc...

Atlantique, latitude 41° : Les Femmes… ou les enfants d’abord…

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Roy Ward Baker. On le sait, le ciné anglais excelle à esquisser les classes, héritage artistique et bien sûr sociologique. Aussi insulaire, il peut a priori dépeindre la mer amère. À raison renommé, le métrage remarquable et remarqué de Baker ( The Vampire Lovers , 1970 + La Légende des sept vampires d’or , 1974) cristallise ces deux courants stimulants, les appareille, sens duel, en plein océan. Si La Règle du jeu (Renoir, 1939), autre opus d’une société en train de sombrer, certes moins au propre qu’au figuré, s’avère un (s)avant-(dé)goût de la guerre, Atlantique, latitude 41°  (1958) se souvient à l’évidence du Blitz, tout en anticipant, au passé, la Grande Guerre, déjà (dé)passée. Délesté de sentimentalité, évidé de vains CV, écueils récurrents de l’imagerie catastrophique, cf. par exemple l’ idem maritime L’Aventure du Poséidon (Neame, 1972), doté d’un titre d’avertissement un brin moralisateur, A ...

Jacqueline : Quatre mains, deux claviers

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  Dialogue en duo, script en stéréo… Où sont mes racines Nashville ou Belleville Eddy Mitchell 1 Générique (de début) Elle s’appelle Jacqueline Waechter, je me nomme Jean-Pascal Mattei. On la sait Parisienne, on me situerait Marseillais. Les parcours nous séparent, la correspondance nous rapproche. En tandem , à distance, nous tenons des carnets de bord, de notre survivance, de nos réminiscences. Nous aimons le cinéma, pas toujours le même, pas toujours pour les mêmes raisons. J’esquissai son portrait, je lui proposai de réfléchir à sa cinéphilie. Ce qui suit constitue, en sincère simplicité, le témoignage créatif d’une amitié, au-delà de la virtualité.       2 Mon cinéma à moi 12 questions, 12 réponses Votre tout premier souvenir de ciné ? Un Laurel & Hardy, un souvenir précis, entre fou rire et chaudes larmes, la première fois que je me suis sentie en décalage avec une foule, je devais avoir quatre ans, je pleurais alors que les autr...

La Belle et la Bête : Bloody Bird

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Interdiction de Jésus, injonction de Morrison ? Ramage-plumage d’otage tactile.   Oubliez illico Cocteau, à peine cité le temps d’un plan de rideaux volants : La Belle et la Bête tchèque dialogue davantage avec Herzog, Franju, De Palma, Ridley Scott. Le titre original précise d’ailleurs les choses ; il s’agit de la rencontre d’un « monstre » et d’une « jeune fille », comprenez donc une vierge. Adieu au masque velouté, à la crinière léonine, de Jean Marais magnifiquement défiguré par son amant polyvalent et le maquilleur Hagop Arakelian, bonjour à une tête de piaf inspirée de la party déguisée de Judex (1963) autant que du volatile vengeur de Phantom of the Paradise (1974), ailes de cape à la Batman incluses. Quant au château de huis clos, il annonce bien sûr le petit théâtre de la cruauté transalpin de Bloody Bird (1987), autre item orné d’un oiseau sado. Juraj Herz, décédé au meurtrier mois d’avril, Heynemann opine, paix à son âme ...

La Légende des sept vampires d’or : Il était une fois en Chine

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Quand un vampire plagie Shakespeare, mieux vaut se carapater près de Pékin, putain. La mondialisation préexiste à son nom et la fusion des « genres » surprend seulement les taxinomistes. La cape du comte à canines épouse les épées des artistes martiaux locaux, le wu xia pian chinois accueille le gothique britannique : so what  ? Nous voici revenus en 1974 et le film de la Hammer, de la Shaw Brothers, témoigne autant du cinéma d’alors que de la société du passé. Dans le sillage lucratif du davantage individualiste Opération Dragon – Bruce Lee s’y mire et s’y démultiplie en coda, narcissique sur le point de décéder –, La Légende des sept vampires d’or atteste du succès occidental de la cinématographie d’Asie et adresse des clins d’œil contrastés au féminisme de la décennie. La vie imite l’art, pas l’inverse, nul ne l’ignore depuis Oscar Wilde, aussi la décision du déclinant studio insulaire de s’expatrier loin de la Tamise miroite l’exil intéressé de l’aris...