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Ne vous retournez pas (2) : Un mois de cinéma

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  Des films, des films, des films … Frime futile ? Exil utile ! À la mémoire de Sean Connery (1930-2020)   L’Ange meurtrier (Larry N. Stouffer, 1974) Carrie au bal du diable en brouillon, en version Stevenson, dont le bel intitulé français congédie le jeu de mots multiple de l’original, Horror High , pas grave. Premier opus du peu prolifique Larry N. Stouffer, ce métrage méconnu, tourné en deux semaines, mérite sa (re)découverte, sinon son culte discret, car Pat Cardi & Austin Stoker, émouvant, élégant, y forment un estimable tandem espiègle, en écho à ceux de Columbo : du lycée soigné, allez… Le Baiser du diable (Jordi Gigó, 1976) Le strabisme de la Française Silvia Solar s’avère certes irrésistible, cependant l’on sourit assez souvent à cette version hispanique du féminin Frankenstein . Escortée par l’accorte Evelyn Scott, soubrette pas simplette, zombie si jolie, par un scientifique cardiaque et télépathe, notre héroïne, presque marxiste, che...

Visages d’enfants : Belle maman

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Jacques Feyder. Presque centenaire (la pellicule brûle, comme dans Berberian Sound Studio ) et pourtant restauré (musique illustrative et sucrée superflue, vous voilà prévenus), Visages d’enfants donne envie de redécouvrir la filmographie de Jacques Feyder, irréductible à L’Atlantide , à Anna Christie , au Grand Jeu ou à La Kermesse héroïque . Pour faire court, il s’agit d’un mélodrame modéré, d’un film montagnard, d’une leçon de cinéma admirée des critiques (y compris au Japon, bon), boudée du public (banqueroute des producteurs incluse, après une sortie retardée par un différend de distribution). On sent, dès les premiers plans, qu’un vrai cinéaste se trouve derrière la caméra, qu’il ne saisit pas une claire cascade par hasard, que le cadre idyllique abrite aussitôt un deuil (Lynch maniera itou le chaud et le froid à l’ouverture de Blue Velvet ). Maître du cadre, de la direction d’acteur (on reverra Jean F...

Exil : La Déchirure

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Rithy Panh. He had the saddest eyes The girl had ever seen He used to cry some nights As though he lived a dream And as she held him close He used to search her face As though she knew the truth Lost inside Cambodia Kim Wilde, Cambodia À ma mère Film-cerveau et film-tombeau, Exil déploie dès le premier plan un Cambodge mental et iconique – image projetée, sacrée, spectrale, transcendante autant que « manquante » – qui nous évoque l’Annexie du duo Burroughs/Cronenberg ( Le Festin nu , 1991) : il ne s’agit plus de conjurer les démons à demeure ni le hasard accidentel, impitoyable, responsables de la mort d’une femme aimée, devenue la muse d’une écriture endeuillée, rageuse contre toutes les formes de contrôle, de coercition, de démission, mais de ressusciter une mère massacrée par un régime revendiqué de libération, et à travers elle de ranimer un pays, une époque, de conf...