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Affichage des articles associés au libellé Alain Jessua

Le Parrain

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  Un métrage, une image : Les Amis (1971) Lorsque l’adolescent demande à son supposé « parrain » pourquoi il ne part pas, puisque mariage naufrage, l’imprimeur à la plage plutôt qu’à la page parle de « tendresse », de « souvenirs », s’interroge au sujet du sort différent, assorti d’un enfant. Lorsque qu’un accident hors-champ démolit leur amitié, un peu « particulière » à la Peyrefitte, demeure pour le spectateur et pour lui ceci, le film se termine sur une photographie prise par l’on ne sait qui, sinon le cinéaste, objet d’un bonheur aboli. Acteur chez Duvivier, Chabrol, Hawks ou Niermans, Blain décide de passer à quarante ans de l’autre côté de l’écran, raconte avec pudeur et précision un conte d’éducation, jamais à l’imitation de Bresson. En compagnie de son ami Philippe Guérin, Paul Mattei sourit, s’épanouit ; en compagnie de ses amis de Normandie et de Neuilly, il joue la comédie, il découvre la tricherie. Si « sentimen...

Beyond Therapy

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  Un métrage, une image : Psy (1981) Presque présage du dépressif davantage Paradis pour tous (Alain Jessua, 1982), Psy s’apprécie en estimable petite comédie sentimentale, dans laquelle Gérard Lauzier, en sus de se moquer des fumeuses foutaises du « développement personnel », prend acte de la débâcle des sacro-saintes « barricades » d’un certain mois de mai 1968. Marc vit avec et chez Colette, d’aucuns diraient à ses crochets, accroché à sa thérapie pourrie, à sa Land Rover couvée, de tout son cœur décorée, un jour, mon amour, on filera fissa en Africa, crois-moi. Durant un week-end , la routine s’enraye, son ex débarque, braqueuse amoureuse d’un type très cuir, très dur à cuire, aussi son ancien béguin, le bon Bob, compagnon de pseudo ou avortée révolution, voleur d’épouse, de flouze, de voiture itou, reconverti en truand qui pratique la mécanique. Entre les trois hors-la-loi, le préoccupé psychologue, ses patients pénibles et drôles, sa femme à laq...

Jacqueline : Quatre mains, deux claviers

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  Dialogue en duo, script en stéréo… Où sont mes racines Nashville ou Belleville Eddy Mitchell 1 Générique (de début) Elle s’appelle Jacqueline Waechter, je me nomme Jean-Pascal Mattei. On la sait Parisienne, on me situerait Marseillais. Les parcours nous séparent, la correspondance nous rapproche. En tandem , à distance, nous tenons des carnets de bord, de notre survivance, de nos réminiscences. Nous aimons le cinéma, pas toujours le même, pas toujours pour les mêmes raisons. J’esquissai son portrait, je lui proposai de réfléchir à sa cinéphilie. Ce qui suit constitue, en sincère simplicité, le témoignage créatif d’une amitié, au-delà de la virtualité.       2 Mon cinéma à moi 12 questions, 12 réponses Votre tout premier souvenir de ciné ? Un Laurel & Hardy, un souvenir précis, entre fou rire et chaudes larmes, la première fois que je me suis sentie en décalage avec une foule, je devais avoir quatre ans, je pleurais alors que les autr...

Les Pas perdus : Les Infidèles

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Cadeau de Noël ? Miroir d’un soir… Aux filles confinées, pour leur fidélité. Premier (et avant-dernier) opus d’un directeur de la photographie (par exemple Traitement de choc , Alain Jessua, 1973) peu prolifique, Les Pas perdus (Jacques Robin, 1964) émeut en mineur, avatar avéré de Brève rencontre (David Lean, 1945) déplacé à Paris. L’argument remémore évidemment Été violent (Valerio Zurlini, 1959), avec déjà Jean-Louis Trintignant, et Les Chemins de la haute ville (Jack Clayton, idem ), autres récits d’infidélité, de maturité, de parenthèse (dés)enchantée. Éclairé par Claude Lecomte, collaborateur de Michel Deville & Jean-Loup Hubert, monté par Nadine Trintignant, musiqué par le jazzman Jacques Loussier , ce métrage précis, impersonnel, transpose un ouvrage de René Fallet, l’auteur de Un idiot à Paris (Serge Korber, 1967) ou La Soupe aux choux (Jean Girault, 1981), ici dialoguiste déguisé en mutique bistrotier, accessoirement en parolier. Tandis que Jean C...

Jeff : Les diamants sont éternels

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Des abeilles, une « sauterelle », un zoo , un tombeau… Non Jef t’es pas tout seul Mais tu sais qu’tu me fais honte À sangloter comme ça Bêtement devant tout le monde Parce qu'une trois quarts putain T'a claqué dans les mains Brel, Jef À la fois film fondateur, le premier co-financé par la récente société Adel Productions, et opus suicidaire, surtout au box-office hexagonal, Jeff (Jean Herman, 1969) retravaille Le Samouraï (Jean-Pierre Melville, 1967) et prophétise Un flic (Jean-Pierre Melville, 1972), c’est-à-dire s’inscrit au sein d’un tracé dépressif, peuplé de spectres en sursis. Il dessine davantage, il étoffe l’Orphée de RATP, in fine défait par son Eurydice de pianiste, il affine le fantastique venté de la Vendée, il affirme le marasme de la masculine amitié. Dès l’affiche explicite, reformulation graphique de la fin fatidique, Alain Delon donne le ton : Jeff ou la chronique d’une mort annoncée, celle de sa star ciblée. Posé sur l...

L’Âge de cristal : Carrousel

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  « Trop jeune pour mourir » ? « Trop vieux pour ces conneries »… Vingt ans avant L’Âge de cristal (1976), Michael Anderson dirigea 1984 (1956), ensuite Chroniques martiennes (1980) à la TV. En matière de dystopie, il s’y connaissait donc, en matière de cinéma, un peu moins, même si sa filmographie, irréductible au sympa Orca (1977), mélodrame marin-morriconien au sillage écologique, reste à redécouvrir, pas seulement par anglophilie, même si l’ opus concerné dispose de quelques qualités. Adapté librement du roman homonyme de George Clayton Johnson & William F. Nolan par David Zelag Goodman, le scénariste des Étrangleurs de Bombay (Terence Fisher, 1960), Les Chiens de paille (Sam Peckinpah, 1971), Adieu ma jolie (Dick Richards, 1975) ou Les Yeux de Laura Mars (Irvin Kershner, 1978), en compagnie d’un certain John Carpenter, l’idée du carrousel mortel née dans la cervelle de Stanley R. Greenberg, le cuisinier cannibale de Soleil vert ...

Traitement de choc : La Cage dorée

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Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre d’Alain Jessua. On sourit souvent, on frémit parfois, en découvrant cet opus d’un réalisateur franc-tireur, homme humble et sympathique, semble-t-il, qui fit pire ( Frankenstein 90 , subi en salle, avec sa créature incarnée par… Eddy Mitchell !), bien mieux ( Paradis pour tous , ultime rôle de Patrick Dewaere, réjouissante satire de « l’insoutenable bonheur » décrit par Ira Levin, à Stepford ou ailleurs), se tint parfois entre les deux ( En toute innocence , agréable mais inoffensif jeu du chat et de la souris entre le « notable bordelais » (pléonasme cher à Alain Juppé ?) Michel Serrault – lui aussi en fauteuil roulant – et sa bru adultère Nathalie Baye). Traitement de choc se rattache à ce dernier, à l’évidence et pour plusieurs raisons. On y trouve une critique sociale à la Chabrol – pour aller vite : bourgeois, donc coupables –, un milieu autarcique et incestueux (cela pourrait vite dég...