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Affichage des articles associés au libellé Robin Hardy

L’Évangile selon saint Mars

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  Exils # 92 (13/03/2025) Après quatre années de « boucherie héroïque », voici enfin un film pacifiste, entre utopie et pédagogie : A Trip to Mars ( aka Le Vaisseau du ciel , Holger-Madsen, 1918). Ici la science-fiction s’associe au sermon, non pas de manière imposante et menaçante ( Le Jour où la Terre s’arrêta , Wise, 1951), mais au sein très sain d’une communauté costumée, remplie de ruralité, de sérénité, sorte d’antidote aux sectes suspectes de The Wicker Man (Hardy, 1973) ou Midsommar (Aster, 2019). Ces Martiens aux traits humains s’avèrent végétariens et leur justice rapide tout sauf expéditive. Pas de prison à l’horizon, sinon en mentale incrustation, plutôt une barque dépourvue de Charon, une « île des morts » plus ancienne que celle du spécialiste Zelazny, où apprécier en compagnie de spectres immaculés un preste « happiness of death ». Pendant le premier des deux uniques travellings du titre, la caméra s’avance vers un écran dan...

The Beast in the Cellar : 1917

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  Hostilités domestiquées ? Folie fraternelle… James Kelly écrivit pour la TV, dirigea deux titres au ciné, décéda dans sa quarante-septième année. Mal reçu à sa sortie, par la Tigon produit, société classée spécialisée, des plus connues Amicus & Hammer au côté, The Beast in the Cellar (1970) ne manque de qualités, mérite quelques lignes. Disponible en ligne, visionné en VO non sous-titrée,  practise your English, please , ce mélodrame à deux dames, davantage qu’à deux balles, constitue donc un huis clos, tout sauf falot, s’affirme en fable assez affable, à propos de passé qui ne saurait passer, plutôt trépasser, « poor thing », en effet. Tandis que des bidasses en série se font fissa décimer, que la police enquête, un peu perplexe, au sujet d’un « human animal or animal animal » s’interroge, dialogue guère morose, concentré d’humour macabre anglais, déroulé au-dessus d’une dépouille dépiautée, cependant invisible, puma ou léopard, à vous de voi...

Midsommar : Soleil de nuit

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ABBA, sabbat, b.a.-ba du bla-bla… Le réalisateur poseur du raté Hérédité (2018) délocalise donc en Suède Le Dieu d’osier (Robin Hardy, 1973 + Neil LaBute, 2006), espère que son Midsommar (2019) sidérera le spectateur, à l’instar du personnage de Christian, peu chrétien en dépit de son prénom, de son destin, aux prises avec des païens, alors possible ersatz de l’Alex molto Ludovico de Orange mécanique (Stanley Kubrick, 1971), étalon concon, de défloraison à l’unisson, thésard en retard, plagiaire policé, in fine immobilisé, rendu muet, glissé nu à l’intérieur d’une carcasse vidée d’ours maousse, brûlé vif en compagnie d’un duo de volontaires masos, what if  si l’if ne fait son office ?, trinité mortelle bouclant la boucle du suicide en trio initial. Hélas, cette acmé enflammée, de festival estival létal, dévoile le vide général, réduit le mince récit en cendres, propose en apothéose un incendie qui jamais ne flambe. En raccourci, la communauté bucolique, atrocement ac...