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Affichage des articles associés au libellé Arseni Gontchoukov

Faute d’amour : Génial, mes parents divorcent !

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Andreï Zviaguintsev. Faute d’amour (Andreï Zviaguintsev, 2017) débute par un arbre massif, tant pis pour celui, fragile, du Sacrifice (Andreï Tarkovski, 1986). Ensuite, les bénévoles orangés du GRED quadrillent un bâtiment abandonné, à moitié délabré, hantise du passé soviétique, de ses « palais culturels » mortifères, à la Stalker (Tarkovski, 1979). À chacun sa « zone » (de dépression, d’inconfort), camarade capitaliste, alors voici celle d’un couple de propriétaires en train de se séparer, de s’insulter, de se cracher, (dés)accordés, Nous ne vieillirons pas ensemble (Maurice Pialat, 1972). On n’en doute pas une seconde, cependant un doute subsiste, quant à l’identité véritable du cadavre macabre, (dé)négation en duo, la demande d’ADN sort de (la) scène : Aliocha ou pas ? Pendant l’épilogue, des peintres s’activent et sifflotent dans l’appartement nu, (re)vu, vendu, un travellin...

L’Idiot ! : Main basse sur la ville

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Youri Bykov. Putain c’qu’il est blême mon HLM Renaud L’Idiot ! (Youri Bykov, 2014) se termine comme commence Le Client (Asghar Farhadi, 2016), par l’évacuation d’un immeuble menaçant de s’effondrer, métaphore maousse d’un pays aussi pourri que les fondations mal foutues. Deux ans avant le professeur iranien, voici donc le plombier russe, moins connu dans l’Hexagone que son confère polonais, davantage dostoïevskien, le titre sarcastique en héritage d’outrages. Hier ou aujourd’hui, en Russie, l’honnêteté ne rapporte rien, hormis, à l’ultime plan, caméra en plongée, se faire tabasser à terre, par la foule déchaînée, évacuée, répit provisoire, catastrophe cachée. Autant altruiste, héroïque, imbécile, que le prince christique, son illustre prédécesseur, Dimitri se voit ainsi récompensé de façon salée par ceux qu’il venait sauver, merci au messie alarmiste qui nous emmerde depuis le début de la nuit. Le...

Le Fils : Twist again à Moscou

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            Pas de vodka ni de caviar – place à « l’être-là » et au désespoir… Autant prévenir aussitôt le lecteur : il ne s’amusera pas face au Fils et notre guilleret sous-titre relève de la pure ironie. L’histoire ? Un jeune homme s’occupe de sa mère malade ; elle meurt ; il s’en va à la capitale humilier sa sœur, étrangler son père ; il apprend sa propre paternité par sa future épouse. Le traitement ? Noir et blanc, plan-séquence, pas de musique (belle reprise pianistique d’un air de rue au trombone diégétique sur le générique final), peu de dialogues, des acteurs taiseux, se regardant rarement, comme si les couples d’Antonioni se rencontraient dans la Russie de Tarkovski ou plutôt de Poutine (cf. notre prose à propos de Leviathan ). Film glacé, glaçant, film qui brûle étrangement, par-delà sa panoplie arty , sa neige pragmatique et symbolique, Le Fils envoûte ou déroute, sans ...