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Affichage des articles associés au libellé Lucio Fulci

À travers le mouroir

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  Exils # 213 (29/06/2026) « There is evil in this house » affirme l’anti-héroïne, mais Through the Looking Glass ( Femme ou démon en France, 1976) ne revisite l’imagerie de la maison hantée, même si le mari visite un chantier, la pièce suspecte, interdite à l’adolescente, à Barbe-Bleue on repense (clé incluse), se situe au grenier, endroit à risque depuis L’Exorciste . Le titre, deux répliques, la tea party certes citent l’ Alice de Lewis, toutefois ce film surtout fantastique, un peu pornographique, épouse (obsédée, possédée) davantage le sillage de The Devil in Miss Jones , déjà éclairé par l’habile « Harry Flecks » (Arriflex), jeu de mots de Damiano. Cet Enfer reflétait Sartre & Stoker : infernale altérité insensible à Spelvin, mise en abyme en rime à Renfield – ici revoici Fellini (tendance Satyricon ) & Fulci (celui de L’Au-delà ). De l’autre côté du miroir se déploie un boschesque et grotesque désespoir, un rut ridicule (autofellation,...

Prévoir et revoir

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  Exils # 209 (17/06/2026) Une autre femme au téléphone mais médium, fille à demi orpheline, mère pourvue du même pouvoir décédée d’un cancer , père salutaire invalide, ex -détective et cinéphile. Le générique cite Patrick , Dementia 13 , House on Haunted Hill et Death Rides a Horse . Scandé d’extraits visionnés en VHS, Night Caller (2022) décalque les scalps de Maniac , redispose la psychose de… Psychose . À la Volvo et au congélo se rajoute un jumeau, qui reprend le flambeau du frérot, (r)appelle illico . Une petite scène post - credits indique aussi le suicide de l’ ex -mari, alcoolique tabasseur, pitoyable stalker . Autant dire que la « darling Clementine », clin d’œil introductif à Ford, ne pourra se reposer, sinon d’un sommeil mortel, reprendra du service via une suite baptisée en toute simplicité Scalper . Le jeu de mots renvoie vers nightcrawler , éloquente locution usitée pour désigner un rôdeur ou une prostituée, identifier des travaux de Friedkin & ...

À l’ouest d’Éden

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  Exils # 104 (23/04/2025) Adieu aux Doors et à leur Moonlight Drive , voici donc le méconnu Midnight Ride (Bralver, 1990). Sans doute la production Cannon comptait capitaliser sur le solaire Hitcher (Harmon, 1986), mais elle évoque davantage Le Voyage de la peur (Lupino, 1953) et La Proie de l’autostop (Festa Campanile, 1977), même délestée de l’intensité du premier, de la rudesse du second. Sauf celui de cinéphile Italie, tous ces titres ne pouvaient naître qu’en nordiste Amérique, pays de l’espace, patrie du road movie , paranoïa du piéton, victoire de la voiture, en Australie aussi, disons pour d’identiques raisons, on renvoie vers Mad Max (Miller, 1979) et Road Games (Franklin, 1981). Certes le parcours convenu de cette histoire d’un soir de couple en déroute sur la route face à un fêlé « de retour au bercail », direction l’hôpital, périlleux périple à la Ulysse, au picaresque funeste, ne surprend personne, en dépit d’un épilogue en ascenseur et fauteuil, tu...

Shanghai Kid

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  Un métrage, une image : Shanghaï Joe (1973) Ce western antiraciste moins humoristique et plus individualiste que celui de Chan et compagnie – Shanghai Noon , Dey, 2000, jeu de mots rigolo décalqué du High Noon , aka Le train sifflera trois fois , de Fred Zinnemann, 1952 – adresse lui-même un clin d’œil d’intitulé italien au contemporain Mon nom est Personne (1973) de Valerii & Leone, cependant il s’agit en définitive d’un film hybride, inspiré à la fois par la célèbre série Kung Fu et les éclats de Peckinpah. Caiano signa aussi Un train pour Durango (1968) et L’Œil du labyrinthe (1972), sur lesquels je ne reviens point, en sus de l’estimable Les Amants d’outre-tombe (1966), avec l’immarcescible Barbara Steele, avant de finir sa filmographie de manière amère, très agitée, au côté de l’incorrigible Klaus Kinski ( Nosferatu à Venise , 1988), ici irrésistible fétichiste de chevelure pas un brin baudelairien. Si la trilogie des Dollars + Il était une fois dans...

La Colline des hommes perdus

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  Un métrage, une image : Les Hommes contre (Francesco Rosi, 1970) Plus méconnu et moins bien-aimé que d’autres titres avec à nouveau Volonté, ici pour l’instant en retrait militant d’un socialisme à main armée, citons la trilogie que constitue L’Affaire Mattei (1972), Lucky Luciano (1974), Le Christ s’est arrêté à Eboli (1979), biopics en triptyque, Les Hommes contre , tourné parmi un pays alors encore appelé Yougoslavie, irrita l’Italie, où certains se soucièrent de sa dimension antimilitariste, ou estimèrent sa manière mélodramatique. Ecrit en compagnie de Rosi par le fidèle tandem Tonino Guerra & Raffaele La Capria, basé sur les impressions en situation et  in situ  d’Emilio Lussu adaptées de façon presque infidèle, porté par un trio de mecs remarquables, l’incontournable Cuny, l’éphémère Frechette, le valeureux Volonté, éclairé ad hoc par Pasqualino De Santis entre les idem crépusculaires et non sereins mais viscontiens Les Damnés (1969) et ...

L’Ours en peluche

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  Un métrage, une image : La mort remonte à hier soir (1970) Aussitôt décédé, aussitôt adapté : après Di Leo, lui-même auteur d’une trilogie ( La Jeunesse du massacre , 1969, Milan calibre 9 + L’Empire du crime , 1972), en simultané à Boisset ( Cran d’arrêt , 1970), avant Cozzi ( L’assassino è costretto ad uccidere ancora , 1975) & Guerrieri ( Jeunes, désespérés, violents , 1976), le réalisateur de L’Homme sans mémoire (1974), Les Durs ( idem ), Zorro (1975), titres anecdotiques et sympathiques, s’essaie aussi à la transposition au ciné du souvent excellent Giorgio Scerbanenco, que traduit ici le scénariste Biagio Proietti ( Le Chat noir , Fulci, 1981). À moitié raté, à demi réussi, aujourd’hui disponible en ligne, en VA ou VO, La morte risale a ieri sera souffre d’une absence de point de vue, au propre et au figuré, d’être mal musiqué par le pourtant estimable Gianni Ferrio, puisque score désinvolte, à contretemps des événements, plus grave encore, d’...

Les Yeux sans visage

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  Un métrage, une image : The Headless Eyes (1971) Matrice apocryphe de Driller Killer (Ferrara, 1979) ? Plutôt petit opus pas si déplaisant, dépourvu de perceuse cependant, car accumulation d’énucléations. Le très obscur scénariste et réalisateur Kent Bateman, homonyme de Patrick, l’anti-héros de American Psycho , pareillement mythomane, supérieurement mélomane, portraiture un type en rupture, un artiste qui assassine, s’excuse de blesser, un créateur destructeur, vite envahi par un double à domicile. Voleur d’envapée, notre Arthur Malcolm se retrouve sans tarder éborgné, c’est-à-dire émasculé, pontifient les psys. D’une ville à la suivante, d’une côte à l’autre, de l’Ouest vers l’Est, il se transforme en somme en tueur en série, féminicides imaginés ou commis. Maniant voire magnifiant les miroirs de l’âme de ces dames, prostituée portée sur le lexique correct, politique, « streetwalker », mon cœur, actrice à l’audition de carnation, ménagère presque d...

Les 39 Marches

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  Un métrage, une image : The Cellar (2022) La cave se rebiffe, abrite le fameux Baphomet, fichtre. The Cellar rappelle Poltergeist (Hooper, 1982), puisque disparition, puisque dimension, y revoilà L’Au-delà (Fulci, 1981), néant droit devant, d’éternel maintenant. On pense aussi à la géométrie malsaine, non euclidienne, des Rêves dans la maison de la sorcière de Lovecraft locataire, à la physique quantique maléfique, au frisson métaphysique, du funèbre Prince des ténèbres (Carpenter, 1987). Le couple Woods dégote à prix soldé, « vente publique », chic, une imposante propriété ; hélas, on sait tous, au moins depuis  Amityville : La Maison du diable (Rosenberg, 1979), qu’il faut se méfier des occasions à la con, des domestiques démons, que l’horreur classée économique, à la Rimbaud & Viviane Forrester, peut vite s’avérer fatidique, familiale, familière. Keira, sombre prénom, noir étymon, lui explique, sceptique, son époux et partenaire, faut pas t’en fai...

Pour qui sonne le glas

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  Un métrage, une image : Te souviens-tu de Dolly Bell ? (1981) Tourné pour la TV, récompensé à Venise, co-écrit avec Abdulah Sidran ( Papa est en voyage d’affaires , 1985), éclairé par le régulier DP Vilko Filač ( The Brave , Depp, 1997), le premier long métrage d’Emir Kusturica s’apparente à un mélodrame drolatique, une comédie dramatique, un ouvrage à l’évidence à demi autobiographique. On peut situer son point de basculement exactement, lors du viol à tour de rôle de la seconde Dolly Bell, les poutres poussiéreuses s’en souviennent. Tandis que Dino pleure sous la pluie, à celles de la victime se mêlent ses larmes à lui, plus tard, une vitre mouillée le séparera de sa bien-aimée malmenée, motorisée, trois petits mecs la besognent sec et à sec, musiciens malins et malsains, cependant autant innocents que les oubliés adolescents de Los olvidados (Buñuel, 1950), justement. Au creux de la capitale alors encore yougoslave, le couple en déroute se retrouve ; cette fois...

Milan calibre 9 : Pour une poignée de dollars

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  Des magots, des salauds, la déroute à défaut de Beyrouth… Prologue over the top , durant lequel Adorf y va fond, dégoûté, doublé, puisque simple papier à la place de précieux billets, fait fissa sauter à l’explosif trois complices, auparavant les tabasse, les balafre, leur fracasse la face sur un vase, les féministes, surtout seventies , s’en horrifient. Pourtant, passées disons ces dix premières minutes de cumulatif tumulte, manifeste sans conteste de vivace violence et néanmoins, ou en conséquence, d’anti-réalisme assumé,  Milan  calibre 9 (Di Leo, 1972) pose un regard neuf sur une imagerie sous peu rassie, très liée au ciné, à l’Italie, de la décennie. On se voit surpris, sinon ravi, par la justesse des situations, des émotions, le souci de la psychologie, de la sociologie, certes pas celles de la poussière littéraire et universitaire. Réalisé par un vrai réalisateur, dépourvu de peur, en sus scénariste et dialoguiste, d’ailleurs collaborateur de Leone, Tessari, F...

Corrina, Corrina

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  Un métrage, une image : La Proie de l’autostop (1977) Voici donc une comédie noirissime, aux allures impures de vrai-faux western excessif et existentialiste, qui se charge à charge d’une certaine et médiocre image de la masculinité, transalpine ou point. S’il revisite la violence sexuelle des Chiens de paille (Peckinpah, 1971), cette fois-ci assortie du second couple pas si en (dé)route, surtout sarcastique, de Guet-apens (Peckinpah, 1972), Festa Campanile, par ailleurs auteur de l’amusant Ma femme est un violon (1971), pensée attristée pour Laura Antonelli, quel gâchis, de l’émouvant La Fille de Trieste (1982), grâce à Jacqueline Waechter découvert, en sus scénariste pour Risi ( Pauvres millionnaires , 1959), Bolognini ( Le Mauvais Chemin , 1961) ou Visconti ( Rocco et ses frères , 1960 + Le Guépard , 1963), filme sèchement un enfer moderne, dont l’aridité désertique et définitive reflète de fait l’âme perdue de personnages plus pires les uns que les autres, excep...

Cruising

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  Un métrage, une image : I viaggiatori della sera (1979) À Jacqueline, exploratrice transalpine We're in a place where Heaven breathes Making some love and shooting the breeze Living out the memories we'll share Sur la mer Kylie Minogue, Loveboat Coda macabre d’une décennie dépressive, voici donc une inédite – en tout cas en salles hexagonales – dystopie, qui en évoque une autre, celle d’Anderson, bien sûr ( L’Âge de cristal , 1976), qui (r)appelle de Houellebecq le Lanzarote ad hoc . En sus co-scénariste au côté d’Alessandro Parenzo ( Cani arrabbiati , Mario Bava, 1974), avec pour second Ricky ( La scorta , 1993) son fiston, Tognazzi survit en DJ, se voit vite convié, radio ordonnée, donc lui-même remercié, à visiter, des grands enfants endoctrinés accord donné, un village en plein air, piège solaire de paradis totalitaire, où jouer (à) un jeu dangereux, où décrocher une croisière mortifère. De là-bas, on ne revient pas, on peut à peine tenter de s’évader, ...

Sanctuaire

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  Un métrage, une image : La Dernière Maison sur la plage (1978) Matrice apocryphe de L’Ange de la vengeance (Ferrara, 1981), lien malsain entre La Dernière Maison sur la gauche (Craven, 1972) et La Maison au fond du parc (Deodato, 1980), l’ opus de Prosperi, ancien assistant et scénariste de Bava ( Hercule contre les vampires , 1961, La Fille qui en savait trop , 1963), se soucie aussi du Sanctuaire de Faulkner et de féminisme radiophonique. Aucun Requiem pour une nonne ici, même si ça sévit sec et ad hoc ça cartonne. Insuccès en salle, situé au sein du cadre hédoniste et estival d’un éden infernal, exit le sombre « gothique sudiste » des Proies (Siegel, 1971), La settima donna , titre numérique explicite, presque biblique, ne pouvait pas être produit ailleurs qu’en Italie, parmi ce territoire alors terroriste, terrorisé, molto catho. Belle gueule d’ange déchu, Aldo braque une banque, en partant descend une passante, avec ses acolytes se casse en DS, i...

Esclave de Satan : Malcolm X

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  L’enfer en famille, la mort sans remords… Premier film estampillé horrifique d’un réalisateur de valeur, mais ultime apparition sur grand écran d’une actrice attractive, Esclave de Satan (Warren, 1976) constitue un exemple parlant de cinéma indépendant. Financé par les principaux intéressés, tourné en extérieurs, avec des moyens limités, monté à domicile, agrémenté de minutes dites explicites, censées consolider sa distribution à l’étranger, un peu tripatouillé par les ciseaux du BBFC (British Board of Film Classification), parfois apparié à Ruby (Harrington, 1977), Satan’s Slave divisa la critique et ne convainquit le public. Durant le quart d’heure de sa double introduction, le spectateur assiste à une messe noire masquée, à un holocauste nocturne de juvénile victime, blonde bien sûr déshabillée, la bien nommée Moira Young, en épouse de l’un des co-producteurs à contrecœur s’y colle, à présent en rigole, à une tentative de viol envapé, à un meurtre perpétré par une porte d...