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Affichage des articles associés au libellé Marc Seberg

Si seulement Marc Seberg

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  Dix titres , dix stèles, désire, dit-elle… Si seulement les chansons d’amour et de désamour de notre modernité (dé)moralisée, contaminée, condamnée, pouvaient posséder une seconde une once de l’élégance intense de celles de Marc Seberg… Si seulement ce chanteur charmeur qui jamais n’exista, sinon en toi et moi, sous une forme démultipliée d’individualités réunies, en sursis, revenait d’entre les morts vous éclairer encore, d’une éclaircie pas rassie, sus à l’ennemi, aux geignardes nostalgies, aux années enterrées, aux jeunesses effacées, fin de siècle, obsolètes… Si seulement Philippe Pascal, autrefois artiste apolitique de Fnac marseillaise, votre serviteur se le rappelle à l’aise, ne disparaissait, peut-être se suicidait, à la soixantaine, à Rennes… Si   seulement l’éphémère Pascale Le Berre, claviériste et compositrice, fredonnait davantage sur ces voyages efficaces, effectués tout sauf en solitaire, quelles belles et bonnes bouffées d’air, breton ou non… Si Brecht ...

Souris puisque c’est grave

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  Cinq sorties récentes, assez intéressantes… Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or. Baudelaire Face au confinement, au conformisme, à la déconfiture, voici donc des chansons, d’évasion, de liaison, de cohésion, d’horizon. Chacune et chacun ici et ainsi s’ingénie à jouer à l’ingénierie, à utiliser la technologie, à rebondir urbi et orbi . Un appel à l’aide ? Un rappel de l’entraide, permise par l’ubiquité, l’instantanéité, la disponibilité de la modernité. Si la pandémie sévit, la musique survit, la Terre ne s’arrête de tourner, les sons de se diffuser. On rend hommage, davantage que l’on ressasse, au creux vaseux de la jolie nostalgie, nul ne se réfugie, puisque revisite, à son rythme, des répertoires à l’écart du désespoir. Tu te languis, transi(e), d’une inaccessible éclaircie, par exemple celle, bien belle, de Marc Seberg  ? Sache qu’elle existe et persiste en toi, oui-da, déjà là, tu ne t’en doutais pas, tel « l’invincible été » du sudiste Cam...

Dionysus : Le Chant des terres

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L’os dressé de Dionysos ? Un tendre feu lumineux. À Patrick Peillon, mélomane remercié En deux « actes » et trente-cinq minutes, DCD, tout sauf décédé, parvient à retrouver la valeur évocatrice de la musique, sa dimension mystérieuse, mélodieuse, de cérémonie intime. Certes, le tandem , il le reconnaît lui-même, ne prête point foi aux dieux, hélas pour ceux de l’antiquité grecque – en 1983, Paul Veyne s’interrogeait déjà, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? Essai sur l’imagination constituante , répondait via la relativité de la vérité, de son « programme » historicisé, passons – mais qu’importe puisqu’il emporte l’auditeur vers des rivages crus abolis, au risque de l’inouï. N’écoutons pas les corbeaux révisionnistes remplis de cynisme : les découvertes de l’adolescence ne vieillissent pas toujours mal, Lisa Gerrard & Brendan Perry le démontrent assez superbement au sein de ce disque séduisant, stimulant, frémissant, auquel on pourrait peut...