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Affichage des articles associés au libellé Harvey Weinstein

To be (dis)continued

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  Exils # 157 (19/01/2026) Vingt-cinq années après la fin heureuse et miséricordieuse de Twin Peaks: Fire Walk with Me (1992), la coda karma de Twin Peaks: The Return boucle la boucle du doute et de la déroute. L’odyssée du lui-même dédoublé Dale se solde donc par un échec au carré, car il ne parvient à sauver au passé Laura dans les bois, à ramener « à la maison » Carrie aujourd’hui, replay de Piper Laurie compris ( Carrie au bal du diable , De Palma, 1976), avatar vieilli, fugitive amnésique, au macchabée de canapé, jadis « trop jeune pour se méfier » dit-elle ensommeillée, de qui, de quoi, sinon de son possédé papa, conduite encore à la place du mort, sur une (auto)route autant nocturne et désolée que celle de Lost Highway (1997). Le cinéaste ici téléaste se souvient de la dernière rencontre, décevante et dessillante, entre Sue Lyon & James Mason, le loué Lolita (Kubrick, 1962) autre conte de doppelgänger pervers. Il confère à un univers co-inventé...

Too Naughty to Say No + Trashy Lady : Initiation perverse

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  Pédagogie adulte, témoignage de tumulte… Voici à nouveau du X narratif, selon des contes d’éducation pas si concons. Si Trashy Lady (Scott, 1985) relit/renverse My Fair Lady (Cukor, 1964), donc Pygmalion de Shaw, Too Naughty to Say No (Knipe, 1985) dialogue à distance avec Alice in Wonderland: An X-Rated Musical Fantasy (Townsend, 1976), lui-même inspiré par Les Aventures d’Alice au pays des merveilles de Carroll. Croque-mort nécrophile du second, l’estimable Harry Reems ( Gorge profonde , Damiano, 1972) rempile en gangster esseulé du premier. Épris d’une petite provinciale très jolie, trop polie, pendant la période de la prohibition, il va fissa la transformer, escorté de la coriace souris de son meilleur et emprisonné ennemi, en disons dame infâme, gare à la réputation à l’approche de la libération. Tourné en deux jours et demi, sans permis, Trashy Lady , assez soigné, plutôt impersonnel, manque de rythme, congédie toute misogynie, permet de retrouver Cara Lott (...

La Dame de Windsor : Highlander

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de John Madden. Un téléfilm inoffensif ? Sans doute, cependant plaisant. Treize ans avant L’Affaire Rachel Singer (2010), (re)lisez-moi ou pas, Madden devance le Stephen Frears de The Queen (2006), Helen Mirren idem . Mrs. Brown (1997), dénomination moqueuse de monarque a priori trop proche de son « palefrenier », cartographie une royauté recluse, menacée à distance par le républicanisme, dépeint un double portrait, celui d’une femme endeuillée, régie par le ressentiment, préférant le drame de l’exil à la comédie de la vie civile, celui d’un homme amical, loyal, Écossais censé ressusciter Sa Majesté, qui y perdra sa crédibilité, sa santé. La meilleure part du métrage réside dans la dynamique drolatique, tendue-tendre, du couple improbable, impossible, interprété de manière impeccable, récompensée, par Judi Dench & Billy Connolly, vrai-faux sosie de John Cleese, natif de Glasgow croisé selon ...

Froid comme la mort : Conte d’hiver

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Le rôle de sa vie, au risque du fondu au noir… Oh it gets dark it gets lonely On the other side from you Kate Bush Puisque l’on décèle ici des réminiscences de Chantage (1929), Une femme disparaît (1938), Rebecca (1940), Soupçons (1941), L’Ombre d’un doute (1943), La Maison du docteur Edwardes (1945), La Corde (1948), Le Grand Alibi (1950), Fenêtre sur cour (1954), Sueurs froides (1958), La Mort aux trousses (1959), Psychose (1960) et Complot de famille (1976), les critiques écriront « suspense hitchcockien ». Toutefois, Froid comme la mort (Penn, 1987) ne se réduit pas à ceci, s’inspire moins que plus du Calvaire de Julia Ross (Lewis, 1945), prénom de la victime et patronyme du toubib en rime, inclut une descente d’escalier à la Boulevard du crépuscule (Wilder, 1950), une audition annonçant l’homonyme de Miike (1999). Comme si tout cela ne suffisait pas, l’héroïne interprétée par Mary Steenburgen , elle-même vrai-faux sosie de Kate Bush, s...

Malevolence 3: Killer : L’Homme orchestre

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             Ratage d’un autre âge ? Moralité à exhumer, fi de Foucault.  Vous ne connaissez pas Stevan Mena ? Votre serviteur non plus, jusqu’à ce que je visionne son Malevolence 3: Killer (2018). Stevan Mena réalise. Stevan Mena scénarise. Stevan Mena produit. Stevan Mena compose. Stevan Mena monte. Stevan Mena signe, aussi, le sound design . Stevan Mena filme, sans doute, sa fifille Victoria, dans le rôle de Victoria, voilà, voilà. Voici, par conséquent, un cinéaste totalement indépendant, donc estimable, contrairement à ses confrères, à tort réunis sous cette bannière, en réalité financés, sinon formatés, par le département idoine, indie , des gros studios US. Le tournage se déroula autour d’Allentown, Pennsylvanie, c’est-à-dire au Nord-Est des États-Unis. Autant de vert rural divertit, donne vraiment envie, de voyager, de déménager, comme ces aimables maisons, à l’ordre sordide, à la propreté suspecte, disons eugéniste, d’appartem...

Hellraiser, Hellraiser II, Hellraiser III, Hellraiser IV : Descente aux enfers

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Tête d’épingle trentenaire pour tétralogie jolie. Hellraiser : Julia En 1987, Clive Barker propose un premier opus sympathique. Outre poser les fondations infernales d’une franchise interminable, à base de SM très spécial, Le Pacte , sous-titre français trop faustien, s’avère avant tout un vaudeville incestueux, aux maquillages dotés d’une enviable organicité, disons à la Lucio Fulci. Récit d’adultère entre frères, d’émancipation adolescente, de résurrection obsédante, le modeste métrage, dans l’ensemble assez sage, se déroule à domicile, en huis clos, dispose d’un prologue et d’un épilogue de boucle bouclée, dont l’orientalisme et l’homoérotisme annoncent Le Festin nu (1991) à venir de l’ami David Cronenberg . Entre-temps, même si le mari se déleste de statues de saints estimées « kitsch », la Margaret White de Carrie (Brian De Palma, 1976) bien sûr se récrie, l’auteur, originaire de Liverpool, semble retravailler le mythe de la boîte de Pandore et la p...

Marie Madeleine : Les Démons de Jésus

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Une femme, plusieurs hommes ; à défaut de gang bang , un Big Bang peu copernicien. En vérité je vous le dis, voici un évangile végan au révisionnisme féministe. Œcuménique et anachronique, ce pensum bien-pensant, que devait distribuer aux USA un certain Harvey Weinstein – si les voies du Seigneur s’avèrent impénétrables, l’ironie du sort s’affirme infernale –, ne possède pas une once de foi dans le cinéma ni dans la féminité, réalité plurielle, contextuelle et individuelle, que les deux médiocres scénaristes du dit « deuxième sexe » entendent présenter, représenter, on se demande au nom de quoi et de qui, qu’elles réduisent, suivant la vulgate du temps désespérant, à des victimes désignées, in extremis émancipées, amen . Le réalisateur australien, metteur en scène amateur de MJC cosmopolite, semble se prendre pour un Pasolini transgenre, mais l’aridité des panoramas ne saurait équivaloir à une quelconque rigueur intérieure, à un dépouillement orienté vers l...

Howl : Midnight Meat Train

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Homo homini lupus est ? Yes indeed , surtout muni d’un billet de la SNCF British .   with the absolute heart of the poem of life butchered out of their own bodies good to eat a thousand years. Ginsberg, Howl , 1956 Howl (2015) démarre à l’heure, dans des conditions confortables, puis ralentit vite, menace de dérailler avant de se rétablir-revenir en gare presque de départ. Au commencement, un contrôleur s’avance sur un quai nocturne en direction du train du destin, il marche vers sa propre mort mais l’ignore, comme chacun d’entre nous, les sages ou les fous. L’élégante banalité de la scène de présentation servie en Scope au steadicam spectral, générique pragmatique, se voit immédiatement transmuée par le main theme mélancolique du brillant Paul E. Francis et les vocalises célestes de Laura Mace. Le spectateur attentif, mélomane, comprend dès cet instant que le voyage débuté à Waterloo, toponyme explicite, va s’avérer violent et vain, que le protagoniste n’ir...