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Les Jeux d’Elsa

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  Exils # 37 (12/06/2024) « Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire » écrivait le résistant Aragon (Les Yeux d’Elsa ) : avouons vite ne conserver de Di Di Hollywood (2010) que le souvenir d’un ultime titre anecdotique, comme si le fréquentable et toutefois inégal Bigas Luna ( Angoisse , 1987 ; Jambon, jambon , 1992 ; Bambola , 1996), décédé ensuite d’une leucémie, délivrait ainsi son Showgirls (Verhoeven, 1995) à lui. Le moralisme méta, la satire réflexive, le vide obscène des riches et des célèbres, on les laisse à ceux qu’ils intéressent, on attend davantage des images que la démonstration de leurs mirages. Mais l’on y remarqua, oh oui, la remarquable Pataky, Diana Diaz – clin d’œil de dédoublées initiales à notre Brigitte Bardot nationale – sur le podium puis dans l’impasse. Telle la courageuse Elizabeth Berkley, Elsa Pataky subit quelques moqueries, son physique impeccable, souligné par le sensuel Bigas, la rendant presque suspecte, to...

Color Out of Space : Meteor

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Rendre les armes à Arkham, un réservoir pour se revoir… À la mémoire de Stuart Gordon (1947-2020) Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. Pascal, Pensées Film fol, Color Out of Space (Richard Stanley, 2019) représente l’une des meilleures adaptations de Lovecraft, car il sait conserver le caractère hallucinatoire de son écriture, préserver sa subjectivité radicale, fatale, de récit insane tissé par un témoin guère serein, au bord de la tombe. Il s’agit aussi, sillage des images novatrices des sixties - seventies , d’un film méta, du déploiement à contretemps de l’essoufflement contemporain, du recyclage mesquin, de la rance bien-pensance, des puissances sensorielles du cinéma, la projection pensée (ou le visionnage envisagé) en expérience (personnelle) des limites (perceptives) cinématographiques. Moins métaphysique et poétique que Kubrick ( 2001, l’Odyssée de l’espace , 1968), davantage drolatique et tragique, le second Stanley dresse en sus un mélo...

Fired : Ruby

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Destruction de l’entreprise et entreprise de destruction… Every day is like survival You’re my lover not my rival Culture Club Joy Mittal possède un patronyme fameux, vient de virer 121 employés, investit le bureau du boss , se came aux médocs, copine avec le vigile, finit tel le dessin sanguin de la prophétique photocopieuse furieuse. À moitié film, il se regarde en replay , sur des écrans de surveillance témoins de sa démence, mais une gosse décédée fixe l’objectif in extremis , confirme la hantise au lieu de l’hallucination. En vérité, peu importe la perspective, psychologique ou fantastique, puisque l’arriviste et le récit de sa longue nuit – de l’exorcisme, me souffle Fulci – carburent à la culpabilité. Film d’horreur dite économique, Fired (Warrier, 2010) rime à sa manière avec De gré ou de force (Cazeneuve, 1998) et The Belko Experiment (McLean, 2016) ; il s’agit, à nouveau, de donner à voir « la souffrance au travail », comme disent les soci...