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Affichage des articles associés au libellé Terence Young

La Vie de Valachi

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  Exils # 79 (05/02/2025) D’une prison la suivante… Judas baisa puis se pendit, Valachi lui aussi mais survit, fait in fine ami-ami avec l’agent diligent, arroseur arrosé, sénateurs de malheur, plus préoccupés par leur publicité que par la suppression du crime organisé. Point de contemporain Parrain (Coppola, 1972), car Cosa Nostra (Young, 1972) davantage évoque L’Affaire Al Capone (Corman, 1967). Adieu à l’Irlande, on demeure ici en famille, on s’extermine entre Rome et Sicile. À New York l’interlope, in situ et ensuite en studio chez Dino (De Laurentiis), les hommes se galochent et se dégomment, s’émasculent et ne s’enculent, attaque de mecs à la place du ramassage de savonnette. Mamans ou putains, hélas Eustache, les femmes poussent des cris et versent des larmes de bref et sec mélodrame, se produisent sur scène et se prostituent à domicile, trouvent et trompent un mari à demi. De l’initiation à l’information, il suffit d’un conflit ; des funérailles aux fiançailles...

Petits meurtres entre amis

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  Un métrage, une image : Assassinats en tous genres (1969) Comédie carrément comique, divertissement vraiment divertissant, The Assassination Bureau doit beaucoup au couple impeccable de Diana Rigg & Oliver Reed, à un casting choral irréprochable, mentions spéciales à Curd Jürgens, Philippe Noiret, Telly Savalas, à la bella Annabella Incontrera, à une direction artistique très soignée, digne d’être saluée, au même titre que le script , modèle de rythme et d’humour ironique. Ceux-ci reviennent en vérité à un seul type, à savoir le production designer et scénariste Michael Relph, qui produit aussi, qui réalisa quelquefois. Collaborateur régulier et partenaire privilégié du réalisateur concerné, l’homme de talent polyvalent adapte donc un roman commencé par Jack London puis terminé par Robert L. Fish, polardeux dont le Mute Witness publié la même année, en 1963, devint Bullitt (Yates) en 1968. Relph transforme le matériau d’origine, limité à l’Amérique nordiste, en ...

Gone with the Wind

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  Un métrage, une image : The Wind (1986) Encore une femme américaine, encore une île grecque, pourtant, cette fois-ci, ni enfant, ni messie : deux années après The Time Traveller (1984), Mastorakis oublie Adrienne Barbeau, enrôle Meg Foster, la transforme en romancière (de thrillers ) douce-amère, cf. sa blague liminaire, Jésus & Geppetto, Dio mio, sa discussion entre copines, au bord de la piscine, elle se sent masculine, elle veut « de l’action », elle écrit sous le pseudonyme de Sian Anderson. Sur place, ça souffle aussi fort que chez Sjöström   ( The Wind , 1928) & Tammi ( The Wind , 2018) réunis, le village vide ressemble à un cimetière en pleine mer, le propriétaire paraît presque patibulaire, surtout sous les traits de Robert Morley ( Topkapi , Dassin, 1964), « vieux radoteur » marié, à faire le MLF fulminer. La résidente de Chicago rencontre « l’homme de ménage » illico , compatriote au CV interlope, qu’incarne Wi...

Angèle

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  Un métrage, une image : Son dernier Noël (1952) Ni celle, sérielle, de Bruxelles je t’aime , ni la pas « cagole » de Pagnol ( Angèle , 1934), Angèle ne verra/vivra jusqu’à Noël, sa mère amère, lucide, vide, qui s’appelle Lucie Vilardi, ne dit merci à la leucémie. Davantage drolatique et moins atomique qu’ensuite L’Arbre de Noël (Terence Young, 1969), Son dernier Noël de Jacques Daniel-Norman s’avère vite, dès le générique explicite, toile d’étoile, un mélodrame, donc, de manière étymologique, un drame musical, doté d’accent sudiste, autant tendre que triste. D’une Corse à l’autre, William Holden s’y baigne, « Tino-Rossi » aussi, nous voici à Nice, au creux d’un quartier désaccordé, solaire, populaire, rempli de types sociologiques, puisque pourvu d’une entraîneuse, d’une épicière, d’une grand-mère, d’un cordonnier, d’un curé, d’un douanier, d’un droguiste, d’un syndicaliste, d’un « flic », d’un électricien, d’un boulanger, d’une masse ...

Charade : De la part des copains

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  De Regina Lampert à Regan MacNeil… Générique géométrique, où le title designer Maurice Binder singe le Saul Bass de Sueurs froides (1958), La Mort aux trousses (1959), Psychose (1960) ; gosse en otage, salle de spectacle et pistolet (à eau) en écho à L’Homme qui en savait trop (1956) ; pont pareillement sexuel que le tunnel de North by Northwest  ; soupçon à la Soupçons (1941) ; suspension façon Sueurs froides , bis  ; voleur volé à La Main au collet (1955) et, last but not least , timbres édités à l’occasion d’une « commémoration de la princesse Grace », hélas : en dépit des clins d’œil adressés à Sir Alfred, rien de moins hitchcockien que ce récit riquiqui, de rigolo quiproquo , de gros magot, co-concoté par Marc Behm, la plume de La Reine de la nuit et Mortelle Randonnée , faut-il le rappeler, démontrant qu’avant, le franc valait davantage que le dollar , quel désespoir. Film à la fois fade et affable, Charade (1963) se so...

Jamais plus jamais : Sexe, mensonges et vidéo

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  À Jean Dujardin ses incultes conneries ; à Sean Connery sa méta mélancolie… Bond succombe donc à une femme en effet « fatale », en l’occurrence la cascadeuse Wendy Leech, pas si sangsue, plutôt un peu dévêtue, attachée, alitée : il se fait planter, au propre, pas au figuré, par celle qu’il devait délivrer, sauver, petit exercice de relecture et d’imposture du motif obsolète de la « demoiselle en détresse », Sardou l’assène, « femme des années quatre-vingt », quand tu nous (dé)tiens, pas seulement au bout de tes seins. Ceci ne lui suffit, il doit ensuite se farcir un débriefing de son plantage, cette fois-ci au propre et au figuré, allez, assorti d’une leçon de nutrition, d’une vraie-fausse prochaine mission, curiste, j’insiste. Au supérieur inférieur, l’agent amusant rétorque que sur le terrain, l’adrénaline prime, le jeu s’avère vite dangereux, on y risque vraiment sa vie, prisonnière douce-amère en sus. Pourtant la « preuve par l’i...

La Nuit des fous vivants

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  Un métrage, une image : Dément (1982) Le prologue onirique et drolatique donne le ton, rappelle que le réalisateur toutefois tout sauf fan d’horreur va directo diriger La Revanche de Freddy (1982). L’épilogue avec l’imposant Jack Palance, entré sans payer, pourvu d’un pistolet, aux prises avec une groupie « rendue dingue » par la musique merdique, paraphe le message d’insanité généralisée, sinon amusée, comme si le meurtrier dessillé, par l’emprisonnement militaire traumatisé, trouvait in extremis sa moitié menacée, passage de témoin malsain entre des générations à l’unisson. Entre ces deux instants assez excellents, Sholder, bien sûr bientôt l’auteur du recommandable Hidden (1987), fait ses débuts sous l’égide de New Line et surtout de Robert Shaye, sœur de celui-ci en standardiste en dérangement incluse. Le collaborateur de Craven, Jackson ou Waters accorde donc sa confiance à l’ancien monteur tout sauf amateur. Le scénariste cinéaste signe ainsi une assoc...

Nightmare Island : O Fantasma

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Robinsons de saison ? Robinsonnade proche de la pantalonnade.   In this world there are only two tragedies. One is not getting what one wants, and the other is getting it. Oscar Wilde, Lady Windermere’s Fan Téléfilmé par un analphabète, écrit par trois abrutis, produit par l’imbuvable Jason Blum, Nightmare Island (Jeff Wadlow, 2020) possédait pourtant du potentiel. Cette vraie-fausse traduction ciné de la série TV L’Île fantastique se fit donc descendre par la critique et adouber par le public. Déjà responsable du dispensable Cry Wolf (2005), le supposé cinéaste actualise ainsi le glucose exotique, pseudo-philosophique, cuisiné à la fin des seventies par le classé créateur Gene Levitt. On se souvient peut-être aussi de la distinction opérée jadis par le spécialiste Edgar Allan Poe, entre fancy funeste et imagination lumineuse, au cher Usher la première, à l’artiste lucide la seconde. Un glissement lexical et sémantique se constate ici, car on passe du fantas...

L’Œil qui ment : Voir, savoir, pouvoir

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Perception de la phénoménologie, tant pis pour Merleau-Ponty.   Je voudrais une Histoire des Regards. Roland Barthes, La Chambre claire : Note sur la photographie Qui regarde quoi, au cinéma ? Que voit un regard caméra ? Quel vis-à-vis se situe hors-champ ? Questions stratégiques, tout sauf rhétoriques. À l’ultime plan monté, ensuite zoomé, immobilisé, des Quatre Cents Coups (1959), Jean-Pierre Léaud, coureur juvénile au bord de l’eau, avise-t-il le réalisateur François Truffaut, le directeur de la photographie Henri Decaë, l’opérateur Jean Rabier, lui-même d’ailleurs futur DP pour Claude Chabrol, le spectateur en salles, de festival, international, à domicile, désormais en ligne ? Rien de plus subjectif que de fixer l’objectif, de lui renvoyer, pour ainsi dire, sa focalisation d’oraison, puisque le cinéma momifie le mouvement, abonde André Bazin, dédicataire du coup d’essai aux abords de l’autofiction, car il faisait, en tout cas au sièc...