Banco : Les Braqueuses
Dérober des billets, monnayer sa maternité, arroseuse arrosée… Robbing a bank’s no crime compared to owning one. Bertolt Brecht Après l’Italie de Cani arrabbiati (Mario Bava, 1974), l’Espagne de Banco (Koldo Serra, 2018) : encore un braquage, des otages, un huis clos, pas d’auto, un(e) enfant à sauver, à récupérer, in extremis un changement d’identité, une culpabilité partagée – mais la fin diffère, douce-amère. Raquel « ment comme elle respire », elle ne cesse d’affabuler durant la centaine de minutes du métrage presque en temps réel, elle manipule le spectateur solo, le couple de voleurs, le duo de policiers, elle sème des indices cryptés, qui lui vaudront de survivre, ligotée au creux d’un coffre de bagnole, Bava bis . Néanmoins, jamais elle ne simule son amour maternel, quand bien même elle s’autorise à l’instrumentaliser auprès du rouquin serein, malin, elle fait tout ça pour son « adorable » Alba, sa fillette enlevée sans violence...