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Affichage des articles associés au libellé Marcel Blistène

La Lune dans le caniveau

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  Un métrage, une image : Irma la Douce (1963) Mais ça c’est une autre histoire Gérard Blanc Irma la Douce se termine comme Conan le Barbare (Milius, 1982), encore un conte d’éducation, d’émancipation, de narration en voix off , le rauque Mako remplace le doux Jourdan, de puissance sexuelle, de valeurs renversées, certes plus épique et lyrique : par une affirmation de l’infini de la fiction, coda de regard caméra amusé, assumé, en rime à celui de Shirley, descendue du billard où danser, au son de Dis-Donc . Exit la (jolie) musique de Marguerite ( Monnot ), précieuse compositrice pour Piaf, hors et au ciné ( Les Amants de demain , Blistène, 1959), puisque Previn revient, repart pourvu d’un Oscar. Diamond & Wilder ne remettent le couvert de La Garçonnière (1960), ralentissent la rapidité, disent adieu à l’actualité de Un, deux, trois (1961), adressent des clins d’œil à Kubrick ( Lolita , 1962) & Lean ( Le Pont de la rivière Kwaï , 1957 + Lawrence d...

Maurice

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  Un métrage, une image : Gueule d’ange (1955) À Jacqueline Gueule d’ange commence comme se termine Panique (1946), fête foraine défaite, mais Marcel Blistène, ses Amants de demain (1959) salué par mes soins, à la différence de Julien Duvivier, ne s’inspire de Simenon afin de cartographier un pays, une patrie, en proie à l’antisémitisme et à la furie, acerbe façon de régler ses comptes avec ceux qui l’accusaient d’être allé ailleurs se planquer pendant l’Occupation des Teutons. Basé sur une chanson de Charles Dumont, revoilà Piaf, sa moralité soignée, appliquée, c’est-à-dire, traduisent les sarcastiques et les critiques, surtout des Cahiers , sclérosée, asphyxiée, à l’image du moment d’antan, « transit » des frileuses fifties , dans la vie, sur un écran, relit Laclos davantage que Madame Bovary , l’experte « provinciale » en faux tableaux à deux balles valide et emballe. Puisqu’il n’existe « plus de place aujourd’hui pour les héros »,...

Dédée d’Anvers : Le Port de la drogue

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  L’infâme veut s’enfuir à Rotterdam, gare aux représailles de la dame… À nouveau voici l’assez sublime Simone Signoret, cette fois-ci en dépressive prostituée. Une femme, trois hommes, plusieurs possibilités, une seule impossibilité : la sudiste Dédée, maltraitée par Marco son proxo, s’offre fissa à Francesco, selon le souhait du sentimental M. René. Certes, Dédée d’Anvers (Yves Allégret, 1948) doit beaucoup à son actrice principale, capable de composer avec habileté, sensibilité, une entraîneuse jamais oiseuse, emmerdeuse, toujours attachante, émouvante, y compris lorsqu’elle écrase en voiture son souteneur saoul, assommé, assassin mesquin de marin italien. Mais ce métrage d’un autre âge, en sus d’être bien servi par des acteurs de valeur, je parle de Bernard Blier, par procuration papounet, de Dalio, impitoyable et pitoyable salaud, de Marcel(lo) Pagliero, amoureux bienheureux, malheureux, ne se contente pas de ressusciter un fameux romantisme maritime, déjà illustré dur...

Les miracles n’ont lieu qu’une fois : Nous nous sommes tant aimés

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Revenir sur ses pas, revenir à la vie, périr après les soupirs, s’enterrer ensemble. La principale raison de (re)découvrir ce titre méconnu d’Yves Allégret ? La présence d’Alida Valli, évidemment, à revoir, à réécouter, de surcroît en français, sa belle voix grave prononçant la langue de Racine avec une compréhension et une clarté exemplaires, presque à la manière de sa consœur Jodie Foster. Apparue dans Le Procès Paradine (Hitchcock, 1947), Le Troisième Homme (Reed, 1949), Senso (Visconti, 1954), Le Cri (Antonioni, 1957), Les Yeux sans visage (Franju, 1959), Le Professeur (Zurlini, 1972), La Maison de l’exorcisme (Bava, 1973), L’Antéchrist (de Martino, 1974), La Chair de l’orchidée (Chéreau, 1975), 1900 (Bertolucci, 1976), Suspiria (Argento, 1977), liste subjective, l’actrice d’origine aristocratique possédait une beauté altière, une intensité singulière, un talent qui traversa les ans. Toujours elle sut tresser sa propre personnalité à celle des cinéastes de ...

Les Amants de demain : Nouvelle Vague

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Chômeur « de couleur », murs malheureux… L’ultime métrage de Marcel Blistène, soixante-dix-sept brèves minutes au compteur du lecteur en ligne, débute en POV de polar, sur la route, de nuit, autour de Paris, aux alentours de Noël, chants  ad hoc  sur l’autoradio de la Cadillac (le premier parle de « tache originelle »). L’ancien journaliste à  Cinémonde  et  Pour vous  retrouve Édith Piaf (sortie de Guitry à Versailles, de Renoir au French Cancan), treize ans après son liminaire  Étoile sans lumière  (1946). Le scénario de Pierre Brasseur se voit co-adapté par Jacques Sigurd, familier d’Yves Allégret ou Marcel Carné, mis en lumière (noir et blanc pertinent) par Marc Frossard (plusieurs Duvivier, deux ou trois Le Chanois,  Les Enfants du paradis  puis…  Le Gendarme de Saint-Tropez ), mis en musique par la compositrice de la « Môme », l’estimable Marguerite Monnot, interprété par une flopée de c...