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Affichage des articles associés au libellé Statut de la société

Déjà mort ? Pas encore…

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  Exils # 24 (06/03/2024) À Cathy, bien en vie Orphée le fantasmait, le cinéma l’osa : voici venu de Chine chagrine le dialogue de l’IA et de l’au-delà. L’ingénieur majeur à l’origine du prodige réside à Nankin, mais sa culpabilité intime ne renvoie vers le fameux massacre homonyme, plutôt vers la perte douce-amère de sa mère, pas assez vue, pas assez entendue, d’entre les mortes donc revenue, non le hanter mais l’écouter, avec lui de visu discuter, sinon le consoler. Au large de Shanghai, personne ne déraille, toute l'équipe multiple s'active afin de vite redonner vie aux chers – sens économique et mélancolique – défunts. Sorte de sonore motion capture désincarnée, aussi soucieuse d’aspect que de « pensée », l’opération à la con consiste à « cloner » le trépassé, davantage à dupliquer du matériel audiovisuel, à l’animer de manière numérisée, comme Disney jadis ou Miyazaki aujourd’hui donnent une âme à leurs bien nommés dessins animés. Mes sœurs, ...

Cela n’est pas du cinéma

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  Exils # 14 (10/01/2024) Autrefois, à Carpentras, on empalait il paraît au parasol un cadavre par l’ anus , dixit l’affabulateur Laurent Fabius, mémorable et médiatique « manipulation » mitterrandienne, à base d’antisémitisme et d’antifrontisme. Trente-trois ans plus tard, l’extrême droite européenne – ne parlons pas de celle d’Israël – prospère, prolifère, une « profanation » de sémite cimetière fait figure de provinciale misère, face au massacre du Hamas et sa réplique apocalyptique. Tandis qu’au soleil satanique s’exterminent les meilleurs ennemis, avec un (im)prévisible machiavélisme, une absence de miséricorde forçant le respect sidéré de démocraties occidentales diplomates et pacifiées, encore préoccupées d’immigration, a fortiori d’inflation, d’économie et d’énergie, de climatologie davantage que d’idéologie, de consumérisme, de moralisme, une « SDF » y décède, « féminicide » attribué au froid, cela va de soi. Âgée d’une quarantai...

Rappelle-toi Barbara

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  Sème, tandem , sillon de rémission… Bernard Stiegler, passé par le privé (CLCF), signa Le  Temps du cinéma , qui dit Deleuze, s’inquiétait de technique, d’anthropologique, d’ entropie , d’adoption et d’individuation ; il se suicida en 2020, merde à la maladie, aux banques braquées. Barbara Stiegler s’entiche de Nietzsche, lit Lippmann, analyse le néolibéralisme, dogme-obsession de l’adaptation, porte un gilet jaune ; elle bosse à Bordeaux. Le père philosophait, la fille aussi, rare, ainsi. Foucault illico , Tocqueville écho, l’universitaire multiplie les interventions, ne vise aucune conversion, vaccinée, au propre, au figuré, contre le progressisme et le complotisme, maux en médaille, la démocratie mondiale déraille. Pandémie ou syndémie ? Kahn ou Kant ? Protocole ou contrôle ? Jamais décevante, toujours stimulante, l’enseignante sérieuse et souriante ne se pose en héritière, au contraire, puisque pareille paternité un peu « compliquée », O...

De l’autre côté du miroir

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  De l’infâme et deux femmes, traitement, maintenant… Tout cela semble un film qui n’en finit pas. Jean Castex Believe nothing you hear, and only one-half that you see. Edgar Allan Poe De l’invitée à visage découvert, le verbe s’avère clair et sincère. À la coercition, à la discrimination, à la paupérisation de saison, de désolation, des institutions, la parole d’ Alice Desbiolles oppose en douceur ses valeurs, de « consentement », d’environnement, de dépassement. Spécialiste de la santé, calée en « éco-anxiété », affranchie des conflits d’intérêts, elle expose un point de vue sensé, pensé, à faire penser, elle ne divise l’humanité en deux entités, la première à « protéger », la seconde à dénoncer, à « emmerder, jusqu’au bout », donc, projetons, pourquoi pas, déjà le cas, suspension d’emploi, de toit, de droits. Tandis que depuis deux années annulées, le Pouvoir sévit en toute impunité, qu’il assimile désormais ce qu’il désign...

Le Gendarme en balade : Protéger et servir

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Gendarme minable, confiné écœuré… Le bouffon en uniforme, fasciste refoulé, coupe au carré, lunettes à la Cobra, on ne rigole pas, au volant de son véhicule entretenu par l’État, donc par toi et moi, veut savoir où je vais, en l’occurrence chez le boulanger, faut-il s’en excuser ? Montrez vos papiers, votre attestation à la con, pourquoi deux cases cochées, parce qu’il m’arrive de marcher. « Le but du truc », admirez la formulation du militaire, assurément universitaire, consiste à rester à domicile, ah bon, tiens donc, comme si tous ces serviteurs zélés, davantage passifs envers les criminels professionnels, surtout sur leur territoire, quel désespoir, emmerdons plutôt les piétons provinciaux, il fait beau, soumis à leurs supérieurs à vomir, notamment un certain président transparent, incompétent, impuissant, prévenu bien avant, pragmatisme du psychodrame hexagonal, désormais on se fiche, ouf, des sujets qui fâchent, on feint de flatter les soignants, de se pré...

Le Docteur et les Assassins : Soigner le ciné en société

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Récoltes dérisoires, grains de guérisons… 1 Le cinéma est essentiellement révélateur de toute une vie occulte avec laquelle il nous met directement en relation. Mais cette vie occulte, il faut savoir la deviner. Il y a beaucoup mieux que par un jeu de surimpressions à faire deviner les secrets qui s’agitent dans le fond d’une conscience. Le cinéma brut, et pris tel qu’il est, dans l’abstrait, dégage un peu de cette atmosphère de transe éminemment favorable à certaines révélations. Le faire servir à raconter des histoires, une action extérieure, c’est se priver du meilleur de ses ressources, aller à l’encontre de son but le plus profond. Voilà pourquoi le cinéma me semble surtout fait pour exprimer les choses de la pensée, l’intérieur de la conscience, et pas tellement par le jeu des images que par quelque chose de plus impondérable qui nous les restitue avec leur matière directe, sans interpositions, sans représentations. Artaud, 1927 Nous approchons d’une époque ...

Dogma : Du code au diktat

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Achtung, achtung, BLM publie à propos de précieux ennemis. When I look at the world it fills me with sorrow Little children today are really gonna suffer tomorrow Oh what a shame, such a bad way to live All who is to blame, we can’t stop livin’ Marvin Gaye, Save the Children (1971) « Identifié » par l’intéressé sur FB, je ne commettrai pas un commentaire, même composé, de son article paru parmi une « revue de philosophie et de sciences humaines » numérique, dont le nom évoque au cinéphile, double homonyme, à la fois le film de Kevin Smith (1999) et le code de bonne conduite cinématographique de plaisantins danois (1995) : la prose de Brieuc Le Meur, claire et sincère, se suffit à elle-même, s’adresse à tout lecteur (et lectrice, histoire de respecter la perspective féministe) disposant d’un cerveau. On se limitera donc à en résumer la tonalité, à en reformuler la « note d’intention ». Le penseur polyvalent, résident allemand, ...

Ensemble, c’est tout : Solitudes, assassinats, cinémas

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             7 x 11 = trois ou quatre raisons de ne pas renoncer ni succomber au grégarisme.   Même en salles, en période de festival, hors de la sphère des affaires, contrairement à une légende rassurante, le cinéma ne crée pas de « lien social » : il associe seulement des solitudes et réunit d’éphémères étrangers. En ligne, à l’instar des « réseaux sociaux » propices à l’autarcie, à la passivité réactive, porteurs d’une propension à la déliaison, il se situe sous le triple signe de l’immédiat, de la consommation, du commentaire. Il convient par conséquent d’élargir le champ d’application du e-cinema , de ne plus le réduire à la VOD, elle-même avatar du DTV. Nous désignerons donc de ce nom tout contenu filmique numérique mondialisé, qu’il s'agisse de streaming ou de téléchargement, lui-même produit différé, délocalisé, du serveur vers le PC, la clé USB. Ni gratuit, puisqu’il nécessite un abonnement à un fournisseur d...

Et tu vivras dans la terreur

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Topographie de l’euphorie par un cartographe du désastre. Qui pourrait m’empêcher De tout entendre Quand la raison s’effondre À quel saint se vouer Qui peut prétendre Nous bercer dans son ventre Si la mort est un mystère La vie n’a rien de tendre Si le Ciel a un enfer Le Ciel peut bien m’attendre Dis-moi Dans ces vents contraires comment s’y prendre Plus rien n’a de sens plus rien ne va Mylène Farmer, Désenchantée Trois lieux caractérisent le vingtième siècle : la salle de cinéma, le parc d’attractions, le supermarché. Chacun représente et concrétise trois moments-avènements : la « société du spectacle », la « société des loisirs », la « société de consommation ». Avec des accommodements locaux, culturels, ce paradigme architectural déborde du cadre occidental pour s’étendre à l’ensemble de la planète. Une fois encore, l’esthétique rejoint le politique, l’économique le ludique, l’abondance la désespéran...

Liberté, égalité, choucroute : Société, sécession, cinéma

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Ça ira, ça ira ou ça n’ira pas, cela ne va déjà plus, et la roulette (russe) s’affole, et la mise consiste en vies dévaluées, étalées à terre sur le tapis vert – nécessité de se poser (des questions), de souffler (sur les braises), de relever la tête (coupée ou pas)…   I know what I am talking about when I am talking about the revolutions. The people who read the books go to the people who can't read the books, the poor people, and say, «We have to have a change». So, the poor people make the change, ah? And then, the people who read the books, they all sit around the big polished tables, and they talk and talk and talk and eat and eat and eat, eh? But what has happened to the poor people? They're dead! That's your revolution. Shhh... So, please, don't tell me about revolutions! And what happens afterwards? The same fucking thing starts all over again!  Juan Miranda,  Il était une fois la révolution I Redonnez-nous le soleil et nous ferons la révolutio...