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Gloomy Sunday : Je hais les dimanches

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L’Histoire et l’histoire, la solitude des esseulés, le salut des stoïciens… On connaît la chanson : en 1933, date maudite pour l’Allemagne, le pianiste Rezső Seress publie une composition appelée à lui allouer une pérenne postérité. La mélodie mélancolique en do mineur se voit équipée de paroles d’abord politiques, apocalyptiques, ensuite suicidaires, merci au poète séparé László Jávor. S’opère ainsi un passage significatif, d’une angoisse existentielle, contextuelle, d’exilé hexagonal, s’adressant au divin, à une lamentation sentimentale d’amant prometteur, je te rejoindrai vite, mon pauvre cœur. Précisons aussitôt que la réputation de pousse-à-la-mort s’avère usurpée, relève de la rumeur en vérité infondée, de l’argument commercial macabre. Il existait mille et une raisons de se suicider, en Hongrie ou à Paris, durant cette décennie, non ? Unisexe, la chanson du soupçon, tube tabou, enchanta des chanteurs, des chanteuses, se traduisit en français, en anglais, en ja...