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Affichage des articles associés au libellé Makoto Shinkai

Les Maîtres du temps : Une merveilleuse histoire du temps

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Assassiner le gosse en soi, le ressusciter grâce au cinéma… (Re)découvrant Les Maîtres du temps (Laloux, 1982), sa coda plutôt belle de « paradoxe spatio-temporel », on pense bien sûr à celle, assez similaire, de 2001, l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick, 1968). L’Orphelin de Perdide de Wul date de 1958, comporte pourtant une citation de Clarke, CQFD « au nez » des années. Cette fois-ci muni de Manchette & Moebius, d’animateurs hongrois, de chaînes européennes, d’une armada de doubleurs, dont Chaumette, voix française d’un certain « HAL 9000 », dont Cuny, reconnaissable, effroyable, en fasciste antimarcusien, le réalisateur prend plusieurs libertés avec le romancier, livre une œuvre de transition, qui relie La Planète sauvage (Laloux, 1973) à Gandahar (Laloux, 1987), en (re)travaille le matériau thématique, graphique, que le lecteur me (re)lise, please . Fable d’infanticide, au propre, au figuré, conte de maternité, sinon d’immortalité...

Flavors of Youth : Nouvelle cuisine

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Se retourner sur ses pas pour mieux aller de l’avant. Les crayons dans les cassettes Je rembobine, tu te souviens Calogero, 1987 À défaut d’être savoureux, ce dessin animé Netflix possède un certain goût doux-amer, celui de la nostalgie. Surplombés par une voix off réflexive, trois récits successifs de longueur inégale (15 minutes + 30 x 2) essaient de rattraper le temps perdu, y parviennent in extremis et jusqu’après le générique, lorsque nos personnages principaux se retrouvent dans la même salle d’attente du même aéroport, boucle bouclée de coda ouverte sur le ciel unique des possibles multiples. Des nouilles de riz, une robe rouge, une cassette obsolète : le passé se cristallise au moyen d’aliments et d’objets qui le retiennent et le ressuscitent, telle une fameuse madeleine proustienne. L’action du triptyque se situe en Chine, en 1999, 2002, 2008 ou 2020, mais la sensibilité (lumineuse) du regret arbore une nationalité nippone, de superbes cerisiers en f...

Une hirondelle ne fait pas le printemps

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Sociologie du cinéma ? Subjectivisme financier de saison. Le Printemps du cinéma vient donc d’atteindre cette année sa majorité ; lancée en 2000, dans le sillage de la Fête du cinéma (elle-même organisée près de cent ans après la naissance du « septième art » version Lumière), par la puissante FNCF (synergie de syndicats émergée à la Libération, une vingtaine environ, « catégoriels » ou non, à Paris et en région, en charge de quasiment la totalité du parc français des salles), l’opération, étalée sur trois jours, du dimanche au mardi, vise à développer la fréquentation par un abaissement du prix du billet, disons de moitié (au lieu de huit, quatre euros). En dix-huit éditions, le visa (« choses vues » et entendues, indeed ) du « voyage immobile » (tous les cinéphiles personnifient le capitaine Nemo, même sans sous-marin) connut une inflation modérée, puisqu’il débuta au coût de trois euros et une poignée de ( dollars ) centime...

Your Name. : La Nuit de la comète

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Tout nous relie ensemble et l’immensité des sphères aussi ? Presque, tant mieux ou tant pis. Makoto Shinkai trouve son film imparfait, on ne le contredira pas. Mais l’on se doit de célébrer ses beautés par une poignée de feuillets en ligne, dans le sillage d’une œuvre très audiovisuelle qui n’oublie jamais, personnel plaisir premier assumé ou formation universitaire littéraire commune entre lui et nous oblige, la part de l’écrit, sur un carnet, une paume (celle de Rilke énamouré de ce mot en français, celle du Nolan de Memento ), un cellulaire (textos allegro). Cela commence comme Peter Ibbetson (le rêve en duo), Dans la peau d’une blonde (Blake Edwards transgenre), cela se poursuit comme une relecture du mythe de l’âme sœur par Platon, de l’aventure d’outre-tombe d’Orphée à la recherche de son Eurydice enterrée, une variation sur les « paradoxes temporels » si chers à la SF, pas seulement celle de Tarkovski ( Solaris , d’après Stanislas Lem, et sa planète-océ...