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Affichage des articles associés au libellé Benny Chan

Le Sourire

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  Um métrage, une image : Jackie Chan à Hong Kong (1999) Ce qui rend émouvant ce film inoffensif ? Que la mélancolie du si souple Jackie s’y affirme de fait en sujet assumé. Comédie romantique, à baiser aquatique, ultime image du générique, bien sûr adoubé en bêtisier, non comédie d’action, en dépit d’un joli doublé, exécuté au côté du déjà décédé, dommage, Bradley James Allan, d’une baston en bateau, d’une seconde à moto, celle-ci mise en scène au carré, car simulacre sentimental, héroïque, sinon narcissique, Jackie Chan à Hong Kong raconte donc l’histoire, en rose et noir, d’un recycleur coureur, dont ni l’argent, ni l’affrontement, à répétition, par procuration, un peu concon, avec un meilleur ennemi, un vieil ami, un rival cordial, qui, dépité, désirait s’incendier, à l’essence se suicider, qui se confiera illico , arrosé au jet d’eau, ne font le bonheur, ne consolent le cœur. Comme Superman puis Spider-Man, le plus redoutable et réel adversaire soi-même s’avère....

Big Brother : L’Art du mensonge

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  La grande illusion du lucide dragon… « Quelle ville de voleurs, Hong Kong ! » s’exclame Jackie Chan, mais lui-même ne dérobe la grosse somme du cher Raymond Chow, loin s’en faut. Insuccès critique et financier entrepris et réussi par défi, Big Brother (1989) séduit aussitôt en raison de sa générosité, de sa sincérité. Durant plus de deux heures, l’acteur-réalisateur expose ses passions et précise pourquoi, en quoi, ce cinéma-là, celui de HK en ce temps-là, tant compta pour lui et moi. Film historique, film de gangster , film d’action, comédie sentimentale, musicale, mélodrame, Big Brother accumule les imageries, d’ailleurs, d’ici, tandis que le scénario de l’amical Edward Tang reprend et retravaille largement l’argument et la trame de Grande Dame d’un jour (1933) puis Milliardaire d’un jour (1961), diptyque de Capra, oui-da. Adieu à la Grande Dépression, fi de la guerre froide, retour aux triades, au collectif et au local, à l’étranger en train de s’intégrer...

Paradox : Pattaya

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Chef-d’œuvre esquivé ? « Adios » endeuillé… You always taught me right from wrong I need your help daddy please be strong I may be young at heart But I know what I’m saying Madonna La majorité des métrages, « écrasante », à écraser, s’écrase devant le spectateur, recherche ses faveurs, essaie de le rassurer, apprécie, par conséquent, de se prostituer – pas Paradox (Yip, 2017), dont la séduction assez sidérante repose sur sa radicalité assumée, son désespoir désespéré, pourtant point désespérant. Si le synopsis ressemble en surface à une sorte de Taken (Morel, 2008) en Thaïlande, oublions la bouse de Besson, dommage pour le dear  Liam Neeson : porté par un impressionnant et récompensé Louis Koo ( Connected , Chan, 2008 ou Accident , Cheang, 2009, aussi ici co-producteur), dont le cri « déchirant » de douleur paternelle déchire encore, le lendemain, mes oreilles, ma cervelle, Paradox porte bien et haut son titre, puisque p...

The Guilty : Phone Game

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Thriller très téléphonique ? Communication assez téléphonée… Résumons : Conversation secrète (Francis Ford Coppola, 1974) se met en relation avec Hamlet , car oreille liminaire, car asile à Elseneur, car folie non plus simulée mais avérée, actée, conscientisée, car production danoise en sus. Le standardiste esseulé en dépit de son alliance s’empoisonne tout seul, il ne repousse plus un spectre paternel, il esquive une journaliste intrusive, pléonasme, il essaie de conjurer le procès du jour suivant, à coup d’aspirine magnanime, hypnotisante, en autarcie. Asger se rêve en sauveur prometteur de l’épouse a priori enlevée par son mari déjà condamné, violent, en voiture ; en père par procuration de la petite Mathilde, est revenue, rajoute Jacques Brel, solitaire, à domicile, ensanglantée ; en fonctionnaire adepte nocturne des heures supplémentaires, à quoi bon rentrer chez lui, puisque personne ne l’attend, pardi ? Hélas ou tant mieux, les « demoise...

Ip Man : La Légende est née : Un mauvais fils

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Herman Yau. D’une légende à l’autre, de 1904 à 1905 : adieu à Dracula délocalisé par Chang Cheh (quoique), revoici une figure nationale et nationaliste portraiturée à quatre reprises par Wilson Yip puis Wong Kar-wai, alors en tandem avec l’irremplaçable Yuen Woo-ping. Si Bruce Lee, d’ailleurs élève de Ip, on le sait, équilibrait la phobie japonaise de La Fureur de vaincre par son CV, son ouverture de culture et de cœur ; si Tsui Hark, formé aux States , ensuite travailleur émigré, avec plus ou moins de succès, l’imitait, compensait ainsi la xénophobie de Il était une fois en Chine , évocation(s) de Wong Fei-hung, autre totem asiatique, Herman Yau opte pour la pacification et la convention. Jamais raciste, toujours volontariste, cf. la réflexion sur les jeux réversibles, apprenons donc à nous comprendre par-delà les pays, les idéologies, Ip Man : La Légende est née transforme f...

Breaking News : Heroic Trio

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Flash spécial : le fin mot reviendrait in fine au ciné…   En 2004, le cinéma de HK s’invita à Cannes, bien qu’en dehors de la compétition à la con. Sans doute le plan-séquence virtuose d’une fusillade over the top – on peut se souvenir de l’ autocar criblé de balles dans L’Épreuve de force – expliqua-t-il en partie cette présence, alors que Johnnie To s’en étonna lui-même, son métrage s’avérant a priori moins personnel que d’autres titres. En redécouvrant hier en double DVD – seul un module sur Milkyway Image mérite l’attention, et encore –, je pensais à l’immeuble pris d’assaut de Time and Tide , au huis clos d’hosto de Three , aux cellulaires de Connected , à la cuisine du Festin Chinois et, dans une moindre mesure, au romantisme de The Killer . Moins lyrique que John Woo, même si ses braqueurs savent similairement se servir de leurs deux mains armées, moins hyperactif que Tsui Hark, en tout cas à l’écran, moins mélodramatique (un compliment) que Benny ...

Accident : Le Cerveau

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Soi Cheang. Le cerveau, on le sait, crée la réalité à partir de l’œil, des informations que le second transmet, que le premier interprète, de façon plus ou moins correcte. L’essentiel invisible aux yeux, seulement accessible au cœur, comme le prétendait un fameux petit prince de désert imaginaire ? Accident , faux polar et vrai mélodrame méta – un film de et sur le cinéma, donc – tendrait à le faire croire (voir équivaut à croire, paraît-il). Le bien nommé Cerveau s’avère un réalisateur qui s’ignore, puisqu’il dirige une équipe (de tueurs), élabore avec eux des scénarios d’assassinats (sans commettre la moindre faute, affirme avec orgueil la femme du groupe intergénérationnel, probablement amoureuse du mauvais homme), réalise des fictions pour le compte (en banque) d’autrui. Tout ceci rappelle ou renvoie vers le cinéma, le processus de création filmique, de la production en amont à la dist...