Articles

Affichage des articles associés au libellé Michel Magne

L’Accordéoniste

Image
  Marie de France ? Francis de Nice… Limiter Lai à Lelouch, rencontre cruciale, logique comptable, que d’autres fameux tandems, plus productif et pérenne? On ne le fera, peut-être une prochaine fois, à moins que Vladimir Poutine ne nous invite à nous revoir plus tard, époque d’atome, We’ll Meet Again , via Vera Lynn, en coda de Docteur Folamour (Kubrick, 1964). Il ne s’agit, ici, d’exposer de manière exhaustive le CV de Francis Lai, a contrario du boulot consacré à Miklós Rózsa, plutôt de présenter, après avoir volontiers (re)visité son univers, tout sauf de misère, malgré la complainte de Patricia Kaas pour Les Misérables (Lelouch, 1994), toujours sincère, cinq exemples exemplaires, disons décantation, quintessence de puissances. Il convient, dans ce cas-là, de préciser l’apport précieux de l’orchestrateur et directeur Christian Gaubert, auquel le compositeur, au cours d’un entretien rétrospectif et serein, paie un tribut bien vu, bienvenu. Créateur éclectique et c...

Être libre : Ne pas oublier Michel Colombier

Image
  Touche-à-tout et bon à rien ? Lyonnais, Américain… Colombier composa beaucoup, des deux côtés de l’Atlantique, son corpus ainsi se place sous le signe d’un éclectisme assumé, sinon en sourdine revendiqué, par un homme discret, plusieurs fois père puis victime prématurée du cancer . Avant d’être enterré à L.A., l’estimable Michel, inspiré par son papounet, formé de façon classique, croisa donc le chemin du mentor Magne, devint vite directeur musical, chez Barclay, s’il vous plaît, célébra la messe selon le messie Henry , collabora avec Aznavour & Gainsbourg, Barbara, Petula (Clark, who fucking else? ), Madonna, Polnareff & Nougaro, les Beach Boys, Supertramp ou Air, mena forcément à la baguette de renommés orchestres, dont le London Symphony Orchestra, voilà, voilà. Tout cela ne lui suffit pas, puisqu’il signa en sus des BO (en français), des OST (en anglais), à destination du ciné, de la TV, une trilogie jolie, au creux de laquelle (ré)écouter le fameux Emmanuel ...

Mélodie en sous-sol : Cent mille dollars au soleil

Image
  L’Argent probablement… Chez Deray ( La Piscine , 1969), Delon noyait Ronet ; chez Verneuil ( Mélodie en sous-sol , 1963), il mouille ses billets. Le cinéaste cinéphile adresse ainsi un clin d’œil défaitiste dédoublé au Trésor de la Sierra Madre (Huston, 1948), à L’Ultime Razzia (Kubrick, 1956), autres contes de décompte, pareillement en noir et blanc. Sous le soleil sudiste d’un casino quasi tombeau s’affiche une fable affable et s’affirme un refilage de flambeau. Sphinx solitaire à cheveux blancs et lunettes noires, Gabin s’évade du cadre (du calme) de vie rance de Viviane Romance, il vise l’Australie, il veut terminer de truand son CV via un coup d’éclat. Le plan trop parfait boit la tasse, hélas, Alain pas pour rien. Accompagnés par la cruelle clarté de Louis Page en DP, les notes très ironiques de Michel Magne à la musique mimétique, chorale et orchestrale, le tandem , pris au piège d’un dilemme, par une photographie fissa trahi, in situ cerné de journalistes et ...

Les Enfants d’Abraham

Image
  En mémoire de Robert Hossein (1927-2020)… Beau balafré de ciné, bien longtemps avant le Tony Montana de Brian De Palma ( Scarface , 1983), Robert Hossein, en tout cas au cinéma, traversa le mélodramatique Maya (Bernard, 1949), l’incertain Les Petits Matins (Audry, 1962), le maboule Chair de poule (Duvivier, 1963), s’amouracha de Michèle Mercier pendant une plaisante et populaire pentalogie jolie, évidemment commencée par Angélique, Marquise des anges (Borderie, 1964), la retrouva décostumée via l’heuristique La Seconde Vérité (Christian-Jaque, 1964), croisa Le Casse (Verneuil, 1971), son chemin molto morriconien, s’afficha en (faux) frère du familial et dépressif Un officier de police sans importance (Larriaga, 1973), emmerda Belmondo (et sa dame et son hélico) pour Le Professionnel (Lautner, 1981), alors rebaptisé Rosen, remarquez la contraction de ses nom + prénom de scène, s’immisça entre le médiocre tandem de Lévy et Goliath (Oury, 1987), avant d’investir l’esti...

Emmanuelle 4 : La Femme aux deux visages

Image
  Naufrage d’enfantillages ? Hommage à dommages… Chirurgie du récit et charcutage du montage : Emmanuelle 4 (1984) démontre en lui-même la division de son sujet, film dit érotique assorti de trois instants « interdits au moins de dix-huit ans », contamination à la Caligula (Brass, 1979), voilà. Ponctué de vrais-faux fondus enchaînés aux allures de pages tournées, il constitue comme une chronique pas si exotique, s’apparente à un périple à rebours, de retour à l’amour, s’apprécie en portrait de femme tourmentée, transformée. Accompagné de l’espiègle Mademoiselle Nygren, substituée à la regrettée Sylvia Kristel, qui s’interprète elle-même, Leroi relit, de manière littérale, médicale, La Femme aux deux visages (1941), où Cukor dirigeait/dédoublait Greta, compatriote de Mia, s’inspire de Sueurs froides (Hitchcock, 1958), seconde Carlotta incluse, adresse un clin d’œil de cinéphile zoophile à The Devil in Miss Jones (Damiano, 1973), débauche d’outre-tombe...

Moi y’en a vouloir des sous : Habemus papam

Image
  Pochade poujadiste ? Lucidité de cinéaste… Après les centurions concons, à gros « « bobo » un brin « facho », de la sécuritaire compagnie républicaine, un plan-séquence en tandem de marche urbaine, durant lequel l’adroit Préboist son monologue bientôt motorisé déploie, flic frappeur toutefois autrefois tenté par le métier d’infirmier : Yanne savait se servir d’une caméra, pas seulement en vrai-faux alter ego de Pialat ( Nous ne vieillirons pas ensemble , 1972), servir sa troupe – au lieu de la soupe – de ciné sans la couverture à lui tirer. La suite et l’ensemble de l’estimable et recommandable Moi y’en a vouloir des sous (1973) le démontrent aisément. À découvrir aujourd’hui sa deuxième réalisation, produite en compagnie de l’incontournable Rassam, on ne peut qu’en constater à la fois le caractère daté, l’actualité, le soin porté à chaque plan, à chaque instant, l’absence d’amateurisme et de cynisme. Yanne filme des syndicalistes, des gauc...

Fantômas : Un pays qui se tient sage

Image
  Adieu au sérieux, bienvenu au malvenu… …la Déesse est d’abord un nouveau Nautilus. Roland Barthes, La nouvelle Citroën , Mythologies , 1957 De plus, il n’y a pas d’histoire apolitique. La politique se glisse toujours dans les histoires. Christian Petzold, entretien du dossier de presse de son Ondine (2020) Un demi-siècle divise Fantômas (1913) et Fantômas (1964), cependant deux productions Gaumont ; une guerre, en partie française, les agrège, « Grande » ou « sans nom ». (Louis) Feuillade affichait sa frontalité (de proscenium ), sa profondeur (de champ), sa fatalité (de fuite), pour un polar de (peine) capitale, de couperet pirandellien, premier opus d’un serial plébiscité, surtout par les surréalistes. André Hunebelle, « un vieux monsieur délicieusement courtois et bien élevé », dixit , sur son site , la mimi Mylène (Demongeot), armé de son fidèle tandem de scénaristes, dont son propre fils, le dialoguiste Jean Halain, à ne pa...

Les Apparences : Le Rôle de sa vie

Image
    « Wunderbar » ? Dur d’y croire… Je suis le restaurant déserté Bertrand Burgalat, L’Enfant sur la banquette arrière Les « professionnels de la profession » appellent cela un « film véhicule » et sa star , Karin Viard, s’y fait en effet véhiculer, en calèche de boucle bouclée, d’abord souvenirs d’hier, d’une mère estimée trop populaire, vade retro , Rondò Veneziano, ensuite présent immanent, en regard caméra souriant. Entre-temps, la directrice de la médiathèque ne sait plus où donner de la tête, prise (culbutée sur le canapé, sombre escarpin dressé) entre une institutrice adultère et un harceleur en colère. La première, son courriel piraté, sa liaison dévoilée, son « sordide » passé déterré, sa proximité répudiée, finira par une fenêtre bruxelloise encadrée, après un épilogue de non-lieu ( because légitime défense), dénouement pas si bienheureux, diffusé en direct au JT, ah ouais. Le second, romantique germanique, molto p...

Ne vous retournez pas : Un mois de cinéma

Image
  Des films, des films, des films … Frime futile ? Exil utile ! Avec la peau des autres (Jacques Deray, 1966) Dirigé par le solide Deray, voilà le valeureux Ventura à Vienne, selon cette version sérieuse des Barbouzes écrite par Giovanni, bis , à partir de Perrault cependant dépourvu de pull-over (rouge). Si les belles Ellen Bahl & Marilù Tolo ne font que de la figuration, les premiers nous le regrettons, Bouise, suicidé via une vitre, sauve la mise du métrage d’un autre âge, idem musiqué par Michel Magne, en composant un espion à soupçon(s), un père d’adoption, sur le départ, hélas bien trop tard. La Balance (Bob Swaim, 1982) Avant d’être le braqueur masqué de L’Amour braque , Karyo fracasse et met Pagny au tapis, descend un second flic, se fait dessouder en souriant ; son supérieur de malheur, élégant Ronet en caïd cuistot, traqué, exécuté, d’une bastos dans la bouche, sème ainsi sa némésis nommée Berry ; la force de Baye, la fragilité de Léotard confè...