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Affichage des articles associés au libellé Émile Zola

Carol

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  Un métrage, une image : Nana (1955) Il conviendrait un jour de réévaluer le parcours pas si drôle de Martine Carol. Parallèle au plus méta et renommé Lola Montès (Max Ophuls, 1955), Nana (Christian-Jaque, 1955) lui sert bien sûr de véhicule, dévide davantage. Son cinéaste de mari la glorifie et finit par l’étrangler, CQFD, les psys apprécient, les féministes s’attristent. Traduction infidèle – plus de gosse ni de vérole, plus de saphisme ni de défiguration – du moralisateur Émile, abandon assumé des prétentions pseudo-scientifiques du naturalisme, ce Nana -là s’avère vite une réussite, de chaque plan et instant. Avec des costumes et des décors ad hoc , un casting choral irréprochable, croisement stimulant de nationalités associées, puisque co-production franco-italienne à l’ancienne, il carbure à la cocotte pas sotte, « femme d’argent » aux friqués amants, il s’occupe de politique et d’économique, de krach et de cravache. Comédiennes, prostituées, les fille...

Thérèse Desqueyroux

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  Un métrage, une image : Thérèse Raquin (1953) Filmé de façon académique, car Carné en pilotage automatique, cette adaptation presque pirate, due à l’impeccable Spaak, du gros mélo du moralisateur Mimile, lui-même a priori traumatisé par Le Chat noir de Poe, ne s’avère vite « un grand film », n’en déplaise au fidèle André Bazin , tant pis pour le prix vénitien, démontre donc les limites anémiques d’une « tradition de la qualité » bientôt malmenée, fiasco selon Truffaut. Si la forme morne pourrait matérialiser l’asphyxie du récit, elle invite avant tout à respirer l’air de l’extérieur, du mouvement, de la vitalité, Nouvelle Vague ou non. Simone Signoret traverse en somnambule, guère concernée, visage fermé, une histoire de (roman de) gare, un vaudeville dramatique, interminable et néanmoins à la va-vite, où la fatalité, surtout motorisée, se substitue à la culpabilité, aux fantômes et fantasmes d’un couple illico , en duo, suicidé. Le cinéaste ne (nous...

Buried : The Voices

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  Six pieds sous terre, mon cher (2)… Mélodrame d’immobilité, d’irakienne ubiquité, merci au BlackBerry, Buried (2010), n’en déplaise aux critiques, à son créateur Rodrigo Cortés, n’évoque Hitchcock, plutôt Poe, au carré, OK, car le conducteur kidnappé, incommodé, condamné, ressuscite le souvenir de contes célèbres, contenus dans l’article précédent, en sus celui de division, de diversion, d’obsession, d’autosuppression, dénommé William Wilson . Camionneur en sueur, en sursis, in extremis suffoqué par le sable écoulé de son cercueil-sablier, Paul Conroy s’affole, se fortifie, se filme, s’effondre. Un plan surprenant, en contre-plongée, en travelling avant, post -générique final, identifie sa vraie-fausse pierre tombale, son identité, son destin, décalqués sur le quiproquo sado-maso du Monsieur Klein (1976) de Joseph Losey. Dès l’instant où il écrit ce « Mark White » patraque, aux sonorités évocatrices, antagonistes, marque en même temps blanche et sombre (mark/dark...

La Mort d’Olivier Bécaille : De l’inconvénient d’être né

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  Six pieds sous terre, mon cher (1)… La Mort d’Olivier Bécaille , d’emblée, allez, L’Inhumation prématurée retravaille. Zola lut-il Poe ? Pourquoi pas, puisque opus original paru en 1844, quarante ans avant le sien, car traduction française, Baudelaire au vestiaire, disponible au moins dès 1882, du recueil Contes grotesques au creux. Cet extrait de Naïs Micoulin , collection qui elle-même, en 1945, inspira Pagnol, sa sublime Jacqueline, son émouvant Fernand, évoque évidemment l’enterrement vivant, crainte d’époque, débattue, voire rebattue, et documentée, on le sait. Chez le spécialiste pince-sans-rire de l’ensevelissement in situ , à bestiole, à l’instant, à survivant, (re)lisez La Barrique d’amontillado , Bérénice , Le Chat noir , La Chute de la maison Usher ou, en parallèle, Le Puits et le Pendule , le trépas programmé, en réalité imaginé, paraissait un prétexte à texte, une thérapie jolie, une traversée des apparences et de la catalepsie, en définitive tournée vers une n...