Articles

Affichage des articles associés au libellé Sean S. Cunningham

Le Genre d’Angela

Image
  Exils # 180 (16/03/2026) Fameux pour son final, Massacre au camp d’été (1983) commence par une série de panoramiques fantomatiques, visite livide du lieu de l’intitulé, en septembre et à vendre. Le prologue au soleil introduit un accident d’adolescents, ski nautique fatidique, cadavre à la dérive sur le lac déjà sépulcral, gilet de sauvetage fissa renfloué à la surface, sinistre indice d’enfant défunt. Le survivant s’agitant demeure dos tourné, silhouette non identifiée. « Huit ans après », une tante médecin mais à demi démente fournit un faux certificat à son fils et à sa nièce. Voici donc Angela, calme gamine au mutisme traumatique, à dévisager la chipie de la chambrée, in extremis promise à subir le supplice d’un fer à friser enfoncé style Les Valseuses (1974), atrocité à oreiller, mur d’ombres portées. Avant cette vengeance vicieuse, à ravir le rêveur ou tueur sadique de Bret Easton Ellis, ces vacances s’apparentent à un petit martyre, pourtant pas autant sangl...

Poussière d’étoile

Image
  Exils # 113 (18/06/2025) Dans ses Souvenirs et Réflexions , l’estimable musicienne Mel Bonis affirme : « L’artiste n’est pas un moraliste, mais il se doit d’être une personne morale. » On ne saurait douter de l’éthique d’Anthony Mann, néanmoins cette « étoile d’étain » d’intitulé original mérite son titre. Western modeste, mineur et méconnu, cela explique en partie ceci, Du sang dans le désert (1957) ne réussit jamais à s’élever au-dessus du statut de bel exercice de style desservi par un script simpliste, signé du complice de Ford Dudley Nichols ( La Chevauchée fantastique , 1939), « d’après une histoire » de scénaristes de TV, handicapé par un casting anecdotique, surtout du côté des dames, aux rôles en toc, doté d’un didactisme rédhibitoire rempli d’espoir, ce succédané stérile et laïc de l’espérance, précise le credo catho de la précitée compositrice. Un chasseur de primes en transit, pragmatique et presque cynique, transmet sa prati...

Il faut qu’on parle de Kevin

Image
  Exils # 82 (17/02/2025) Selon cette seconde version – je ne reparle de la première, relisez-moi ou pas – d’un « souvenir gênant de l’espace », dixit la réplique du chef des scientifiques et méchant de service, Noir du soir à la barbe blanche, personnage à présent « malaisant », un changement majeur modifie la perspective, en partie piqué au Piranhas (1978) de Sayles & Dante : exit la météorite, place à l’ artefact . Si de jeunes gens incarnent encore de grands adolescents ; si l’ensemble se déroule toujours sur fond de « guerre froide » et de menace mélasse à refroidir, au propre et au figuré ; si la « foi » et la confiance font à nouveau la force, il ne s’agit plus ici de xénophobie fifties , mais d’une manipulation de masse fictive et prophétique. Les hommes en blanc, soi-disant bienveillants, démasqués, menaçants, autant que les militaires d’hier, d’ E.T., l’extra-terrestre (Spielberg, 1982) ou Starman (Carpent...

La Camisole et l’Exode

Image
  Exils # 81 (13/02/2025) Le même matériau d’origine – La Famille du Vourdalak d’un cousin de Tolstoï – mais pas le même film : La Nuit des diables (Ferroni, 1972) ne décalque le sketch central des Trois Visages de la peur (Bava, 1963). Adios Karloff tendre et féroce, exit le gothique romantique, à ravir et rassurer les amateurs de la Hammer, fi d’une direction de la photographie remarquable et reconnaissable. Nous voici désormais dans les années soixante-dix, décennie de « crise » pas seulement économique, d’audace et de désastre, de doute et de déroute, de « films de fesses » et de MLF, de terrorisme pas encore qualifié d’islamiste. Le caro Mario s’activa vite, opéra fissa sa transformation stylistique, avec le séminal et cynique La Baie sanglante (1971), matrice pas si apocryphe du slasher US et aussi modèle de misanthropie. Le collègue Giorgio mit plus longtemps, douze ans, avant de délaisser la beauté, la singularité, du renommé, du réussi, L...

Society

Image
  Un métrage, une image : No Place to Hide (1993) Mélodrame méconnu, déguisé en thriller de microsociété à faire peur, renié en tandem par ses deux principaux interprètes, Chute en enfer , intitulé français à fissa refuser, frise assez souvent le risible, néanmoins mérite quelques lignes. Le scénariste/cinéaste Richard Danus vient de la TV, on pouvait vite le deviner, en dépit d’une poignée de plans charriés au steadicam chaloupé. Il signe ici son unique incursion au ciné, donc en compagnie de Kris Kristofferson & Martin Landau, meilleurs ennemis de police complice. Tandis que Drew Barrymore, juvénile encore, incarne une adolescente diariste et endeuillée, soi-disant indécemment (dés)habillée, O. J. Simpson portraiture un ami d’une masse muni, ancien footballeur américain, à la colonne cassée, en fauteuil roulant désormais, sorte de Lazare (re)levé trop tard, blague un brin raciste et mort héroïque en prime. Cramé par la critique, pourvu d’un petit et piètre script , désav...

Comment tuer sa mère

Image
  Un métrage, une image : À la limite du cauchemar (1981) D’un inceste au suivant – après l’Électre obsolète de Émilie, l’enfant du diable (Dallamano, 1975), voilà la Jocaste jobastre mais Médée de À la limite du cauchemar . Dès le début, on se doute que la tante va s’avérer aussi cinglée qu’un certain Torrance ( Shining , Kubrick, 1980) et la suite le confirme vite, introduction de décapitation co-conduite par le DP Jan de Bont. Une fois les parents apparents expédiés ad patres , la chère Cheryl s’éveille et veille au réveil de son beau Billy, futur étudiant chouchouté par son coach lui demandant de passer après l’exercice et la douche dans son bureau, par la gentille Julie fanatique de photographie trouvant qu’ils ne font pas assez l’amour, détesté par un condisciple jaloux puis par un policier à fond homophobe. Car la tantine au creux de sa cuisine poignarde un réparateur de TV lui-même « pédé », comme le prof de sport précité, sa moitié, par conséquent...

J’ai faim !!!

Image
  Un métrage, une image : The Forest (1982) Enfin un film différent du côté de Friday ( the 13th , Cunningham, 1980), puisqu’ici le survival forestier s’avère in fine un antidote au divorce, inclut du cannibalisme et affiche des enfants défunts, donc doublement fantomatiques. Opus de couples sur la route, en déroute, The Forest prend acte de l’indépendance des femmes des années 80, Sardou le savait bien, montre un homme au tibia cassé en train de désespérer, de pleurer, décrit une infidélité répétée, en partie productrice d’insanité. Mais comme le dit à juste titre l’ermite troglodyte, presque Norman Bates dixit , « Nous sommes tous cinglés », yes indeed . Alors l’ogre à barbe blanche et casquette rouge, à gros couteau de giallo, nous parait familier, sa monstruosité miséricordieuse ; il n’assassine par sadisme, à seule fin d’assouvir sa faim. La quasi capitale irrespirable, immobilisée, enfin quittée, Charlie & Teddi, Steve & Sharon, l’affront...

House : Good Morning, Vietnam

Image
Hantise intime, culpabilité exp(l)osée, propriétaire en enfer…   Somewhere after midnight In my wildest fantasy Somewhere just beyond my reach There’s someone reaching back for me Racing on the thunder and rising with the heat It’s gonna take a superman to sweep me off my feet Bonnie Tyler, Holding Out for a Hero Au siècle dernier, c’est-à-dire en 1986, sortirent deux titres se souvenant des ravages du Vietnam : House + Platoon . Si Oliver Stone, alors en mode autobiographique, opte pour la transposition réaliste, Steve Miner favorise le fantastique, le contrapuntique. Mais on retrouve, d’une bande à la suivante, une identique posture caractéristique, sinon christique, celle d’un soldat au sol, agenouillé, les bras levés. Pourtant, ici, point de ralenti trop joli, ni d’adagio (de Samuel Barber) à trémolo. Confrère du fameux Stephen King, moins productif et moins riche, Roger Cobb décide donc de ne plus vendre la maison de sa tante pendante, puisqu...

Nightmare Cinema : Midnight Movie

Image
Ticket truqué, séance sans prestance, diagnostic cinéphilique rachitique… Cette anthologie, pas si jolie, dommage, débute bien, par un vrai-faux slasher avec soudeur, segment énergique et drolatique, s’autorisant, à bon escient, à renverser la perspective du spectateur, assorti, en sus, d’un essaim d’araignées de SF, très colonisatrices, sinon dissimulatrices. Hélas, ensuite, ça se gâte, vite. Le récit de chirurgie esthétique, évidemment horrifique, presque satirique, apparaît, en effet, réchauffé, sa coda déjà devinée, avant même le commencement. Puis un épisode sarcastique, à base de possession adolescente, de luxure ecclésiastique, fait sourire autant qu’il lasse, prévisible impasse, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font, pauvres adeptes de la levrette suspecte. Quant à la folie féminine, en noir et blanc very arty , elle reprend le suicide du précédent, mais s’étire et se noie et ennuie. Enfin, le petit virtuose, au bord de la métempsycose, indiffère fiss...

Gothic : La Villa

Image
Nuit d’orage remplie d’outrages… Or vivez de venin, sanglante géniture, Je n’ai plus que du sang pour votre nourriture ! Agrippa d’Aubigné   « Seul un Anglais peut être aussi insupportable » plaisante le Shelley de Sands à propos du Byron de Byrne, qui déteste/insulte autant la Suisse que Welles déguisé en mémorable Harry Lime selon Le Troisième Homme (Reed, 1949), mais l’aimable Ken, scandaleux ou non, mérite mieux que le mépris, mérite mon estime, surtout en (dé)raison des titres suivants, souvent inspirés, inspirants : Love (1969), Les Diables (1971), Tommy (1975), Au-delà du réel (1980), Les Jours et les nuits de China Blue (1984), Le Repaire du ver blanc (1988), La Putain (1991). Certes, son segment de Trapped Ashes (Cunningham, Dante, Gaeta, Hellman, 2006) sentait en effet la cendre, et Gothic (1986) ressemble dans l’ensemble au sympathique-anecdotique La Note bleue (Żuławski, 1991), autre huis clos people , psycho, sado-maso, cet...

Le Sadique à la tronçonneuse : Body Puzzle

Image
Origine(s) du monde, même immonde, versus obsession(s) de saison, à la con. Bonne introduction à Boston, en 1942, bon Dieu : un minot fait en solo un puzzle presque porno, quand sa maman, à côté de laquelle la Margaret White de Carrie au bal du diable (De Palma, 1976) paraît un modèle maternel, déboule et le brutalise, tu ne vaux pas mieux que ton père, misère, apporte-moi la poubelle, putain, que j’y déverse les ordures onanistes acheminées à mon insu dans ta chambre. En guise de sac, elle écope de coups de hache en pleine face, hélas. Plus tard, sur un campus , ça trucide sec, les têtes pensées pensantes se découpent presto, décapitations et ablations en série, sur pelouse, après une suée. L’assassin, personnifié en POV, suit une idée fixe : assembler les membres amputés afin de finir le montage initial, de contempler pour de vrai l’image fragmentée, furieusement freudienne, épargnons au lecteur le symbolisme de l’outil favori de Leatherface ( Massacre à la tro...

Trapped Ashes : Le Club des monstres

Image
Comment (s’)en sortir ? Il ne fallait point y pénétrer… Impersonnel mais soigné, voici un film en forme de téléfilm, qui servira ou pas de piètre épitaphe à quatre vétérans : Sean S. Cunningham, Joe Dante, Monte Hellman, Ken Russell, ici rejoints par un (quadragénaire) spécialiste des SFX dénommé John Gaeta. La co-production américano-japonaise, tournée à Los Angeles, Vancouver, Yokohama et Shizuoka, repose sur un scénario bien trop reposant de Dennis Bartok, ancien dirigeant de cinémathèque (américaine) reconverti dans le supplément de DVD, accessoirement rejeton de LeAnn Bartok (remerciement filial final inclus), figure obscure de l’ underground sur pellicule. Cinq réalisateurs, cinq récits (au sens littéral) : on (re)connaît la formule sandwich du « film à sketches  », enfilage/enrobage de courts métrages pour spectateurs pressés. L’argument se passe de commentaires. Dans un décor de maison hantée à la Escher, où l’on tourna naguère l’invisible Hy...