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Affichage des articles associés au libellé M. Night Shyamalan

Dernière neige

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  Exils # 173 (26/02/2026) Petite pépite en partie polonaise, Chopin opine, on applaudit un pastiche de la scie des Choristes (Barratier, 2004), un faisceau de français, preuve du passé partagé, de la valeur sociale de la langue hexagonale, Le Masseur [1] (Szumowska & Englert, 2020) évoque Edward aux mains d’argent (Burton, 1990), ne ramène à Théorème (Pasolini, 1968), car l’étrange étranger, s’il révèle aussi à eux-mêmes les résidents et surtout les résidentes d’une banlieue bourgeoise sécurisée, au gardien imbibé, aux habitations dupliquées, chérie sa chasteté [2] , ne s’en délivre in extremis qu’en compagnie d’une jeune mère complice [3] , veuve point joyeuse et amante généreuse, scène sexuelle éclairée de manière mordorée, en rime à La Double Vie de Véronique (1991) du compatriote Kieślowski. Une seconde influence cinéphile irrigue l’intrigue simple et répétitive, au risque du tressage de saynètes au sous-texte psychanalytique, reliée au premier fil précité, celle ...

L’Arroseur à Rosay

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  Exils # 141 (18/11/2025)   En dépit d’une note d’intention de bon ton, La Kermesse héroïque (Feyder, 1935) ne succombe au picturalisme, car cette « farce héroï-comique » déclarée fictive, sinon inoffensive, ne manque de mouvement, à la grue notamment. L’auteur de L’Atlantide (1921), Crainquebille (1922), Visages d’enfants (1925) ou du Grand Jeu (1934) certes profite d’une impeccable direction artistique, concoctée par les cadors d’alors, Benda, Meerson, Trauner, Wakéwitch et compagnie, mais jamais ne s’immobilise ni ne s’endort sous le poids des costumes ou du décor. Sept ans avant Les Visiteurs du soir (Carné, 1942), réalisé par son ancien assistant, il raconte un conte de passage et de passé, propice à être (sur)interprété, contexte historique oblige. Retoqué par Korda et la UFA puis produit par la Tobis, ce succès en salles adapte une nouvelle de Spaak, datée d’une huitaine d’années, chèrement et peu cordialement payée, recrée le comté de Flandre du côté...

Veni vidi Fidji

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  Exils # 114 (26/06/2025) Adaptation de Dick ? Mélodrame drolatique, où un « adulescent » découvre soudain que depuis sa naissance tout le monde de son petit monde lui ment. Il suffit d’une interférence à la radio d’auto, de la résurrection rapido du pseudo papounet trépassé en bateau, traumatisme et culpabilité de minot à trafiquée météo, pour que le simulacre se détraque, que la « star » décide de passer derrière le miroir (salut Alice), de monter l’escalier (type Magritte), de sortir du studio, réplique et révérence respectueusement insolentes en prime ( time ). L’agent d’assurance accomplit ainsi une seconde (re)naissance, quitte la matrice (sur)protectrice et « manipulatrice », petit paradis WASP pastel et pasteurisé, à rendre caduc celui du miston Burton ( Edward aux mains d’argent , 1990). Point de pilule, de complot, de Neo ( Matrix , les Wachowski, 1999), plutôt la révolte non violente (couteau écarté illico ) et individuelle du héros...

Le Cirque des horreurs

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  Un métrage, une image : Le Cirque des vampires (1972) Métrage témoignage, puisqu’à l’époque de Gorge profonde (Damiano, 1972), la suggestion semble hors de saison, y compris, pardi, en « prude Albion ». La Hammer modifie donc sa manière, le pulsionnel apparaît exponentiel, la chair et le sang éclaboussent l’écran, l’envahit une avérée trivialité, substituée à la subtilité, à la beauté. La flamboyance flagrante et les sombres splendeurs d’un Terence Fisher peuvent aller se faire voir ailleurs, voici venu le temps évident de la pédophilie, de l’infanticide, du topless , du climax , d’une violence virale, d’une violence faite aux hommes et aussi, surtout, aux femmes, infidèles, enflammées, d’abord tabassées puis en épilogue empalées. Tout ceci, ce symbolisme de croix gigantesque, de gros phallus grotesque, qui la fautive transperce, dut sans doute effarer les féministes, pas uniquement britanniques. S’il valide les invariants d’une imagerie depuis déjà longtemps...

Elena et les Hommes

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  Un métrage, une image : Le Domaine (2019) Ça sent le renfermé, à la Hérédité (Aster, 2018), matez-moi mes cadres en widescreen millimétrés, mes deux clins d’œil en contre-plongée, à la porte de Shining (Kubrick, 1980) puis au cercueil de Vampyr (Dreyer, 1932). En matière de musique, le cinéaste scénariste cite aussi Rossini, sa pie chipeuse, par conséquent, par ricochet, électro-chocs inclus, domestiques, Orange mécanique (Kubrick, 1971), chic. Hélas, pas de place ici, tant pis, pour le soupçon d’une réflexion en action(s), sur les risques de l’intégrisme, ni les conséquences de la violence, Carl Theodor & Stanley peuvent continuer à roupiller, sur leurs supérieurs lauriers. En vérité, Le Domaine s’avère en définitive un hybride du Village (Shyamalan, 2004) et de World War Z (Forster, 2013), associant autarcie et zombies , justifiant l’enfermement, voire le « confinement », au moyen des morts-vivants. Si Paso à Salò ne manquait d’humour noirissi...

Pay the Ghost : Little Children

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Charlie sans chocolaterie, carnaval infernal, culpabilité de paternité… Le père frémit, il presse son cheval, Il tient dans ses bras l’enfant qui gémit ; Il arrive à sa maison avec peine, avec angoisse : L’enfant dans ses bras était mort. Goethe, Le Roi des Aulnes Délesté d’une sortie en salles hexagonales, réservé à la VOD, Pay the Ghost (Uli Edel, 2015) s’apparente, en effet, à un affreux téléfilm fantastique inoffensif, comme en produisent/diffusent « à la pelle » les spécialistes cyniques de la stakhanoviste Syfy, aïe. Cette transposition d’un bouquin de Tim Lebbon, Britannique prolifique, se caractérise par son insipidité, son aspect désincarné, formaté, prémâché, par ses effets spéciaux et ses jump scares au rabais, ressassés. Côté casting , Sarah Wayne Callies, venue de la TV, on le devinait, s’avère inexistante, transparente, écrasée par un rôle de mère endeuillée, d’épouse séparée. Quant à Joseph LoDuca , compositeur mineur, mais estimable, ...

Backtrack : Train d’enfer

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Parvenir à se souvenir, au risque d’en mourir, et le « tel père, tel fils » contredire… Adulte, endeuillé, élégant, soigné, le méconnu-mésestimé Backtrack (Michael Petroni, 2015) mérite vraiment d’être exhumé, réévalué. Psychiatre patraque, papounet désemparé, pêcheur pécheur, une seconde d’inattention + un reflet de camion = une fillette adorée terrassée, l’adoubé, very broody Adrien Brody y broie du noir, carbure à la culpabilité. À l’instar du gosse trop lucide de Sixième Sens (M. Night Shyamalan, 1999), il aperçoit des dead people , dialogue avec, par exemple l’impeccable Sam Neill, puis rentre chez lui, revoir son père, y voir plus clair. Mais la mémoire, évidemment amère, le fait ressembler à l’amnésique volontaire de Spider ( David Cronenberg , 2002), lui fait affronter son propre géniteur, policier retraité auparavant buveur, kidnappeur, violeur, tueur, mystificateur, dissimulateur et peut-être serial killer . On passe par conséquent du mélodrame famil...

Midsommar : Soleil de nuit

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ABBA, sabbat, b.a.-ba du bla-bla… Le réalisateur poseur du raté Hérédité (2018) délocalise donc en Suède Le Dieu d’osier (Robin Hardy, 1973 + Neil LaBute, 2006), espère que son Midsommar (2019) sidérera le spectateur, à l’instar du personnage de Christian, peu chrétien en dépit de son prénom, de son destin, aux prises avec des païens, alors possible ersatz de l’Alex molto Ludovico de Orange mécanique (Stanley Kubrick, 1971), étalon concon, de défloraison à l’unisson, thésard en retard, plagiaire policé, in fine immobilisé, rendu muet, glissé nu à l’intérieur d’une carcasse vidée d’ours maousse, brûlé vif en compagnie d’un duo de volontaires masos, what if  si l’if ne fait son office ?, trinité mortelle bouclant la boucle du suicide en trio initial. Hélas, cette acmé enflammée, de festival estival létal, dévoile le vide général, réduit le mince récit en cendres, propose en apothéose un incendie qui jamais ne flambe. En raccourci, la communauté bucolique, atrocement ac...

La Disparue : Garde à vue

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Memento du logo, tragédie du déni … La Disparue (Lee, 2018) débute par du fantastique, se poursuit par du psychologique, inclut de l’humoristique, se termine en thriller , se trame en mélodrame : il s’agit donc bien d’un film sud-coréen, de surcroît d’un premier métrage, dont la maîtrise formelle ridiculise les essais souvent affreux du ciné français, charité cinéphile ordonnée commence ici, osez regarder ce qui sort aujourd’hui. Hélas, le widescreen sert à cadrer du vide, néanmoins le bleu métallique éclaire du rien. Le lecteur doit désormais savoir la passion de votre serviteur pour les imageries asiatiques en général, les productions issues de Séoul en particulier ; raison supplémentaire pour regretter ce ratage au bel emballage, qui pourra pourtant vous emballer, disons durant une indulgente soirée. Vaudeville dépressif assorti de vengeance en effet glacée, déterrée, La Disparue déploie une femme d’affaires refroidie, un professeur adultère, un flic alcoolisé...

The Woods : Films et Forêts

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Promène-toi dans les bois, au risque de t’y perdre-retrouver, d’y jouir-périr. La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles ; L’homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l’observent avec des regards familiers. Baudelaire, Correspondances , Spleen et Idéal , Les Fleurs du mal Sitôt filmée, la végétation boisée cesse d’exister, existe d’une autre façon, pure représentation à l’orée de l’abstraction. Au cinéma, la forêt se transforme en fantasme, sinon en mystification, cf. les séquoias funestes de Sueurs froides (Hitchcock, 1958). Si La Forêt d’émeraude (Boorman, 1985) et Princesse Mononoké (Miyazaki, 1997) portraiturent la prodigalité d’une nature verticale tamisée par l’écologie et l’animisme, A Touch of Zen (Hu, 1971) en fait l’espace martial d’une chorégraphie-calligraphie et Rabies (Keshales & Papushado, 2010) le cadre ironique d’homicides fratricides. À l’évidence lié à Vendredi 13 (C...