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Affichage des articles associés au libellé James Whale

Fast Frankenstein

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  Exils # 161 (27/01/2026) Tandis que sur Netflix le Frankenstein (2025) du très surfait Guillermo del Toro débute sur une banquise glaciale de risibles CGI, voici possible en ligne de revenir aux origines de l’imagerie, d’en souligner plusieurs surprises, avec ces quelques lignes consacrées au Frankenstein (1910) de James Searle Dawley. Ancien comédien, dramaturge méconnu, scénariste et réalisateur pour Edison & Porter, journaliste in extremis , le cinéaste stakhanoviste possédait une vision monoculaire mais son adaptation « libre » indeed demeure nette et claire, belle infidèle dont le chaudron chipé aux sorcières de naguère s’avère en vérité un étonnant creuset, où mélanger le T-1000 de Cameron ( Terminator 2 : Le Jugement dernier , 1991) et Le Cauchemar de Füssli, Cocteau ( Le Sang d’un poète , 1930) & Carpenter ( Prince des ténèbres , 1987), Mary Shelley, probable connaisseuse de la toile précitée, et Robert Louis Stevenson ( L’Étrange Cas du Docteur ...

Mon ennemi Pierrot

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  Exils # 89 (27/02/2025) Film inoffensif au financement participatif, à l’aspect pasteurisé des produits netflixés, Terrifier (Leone, 2016) ne terrifie le cinéphile amateur de cinéma dit d’horreur. Doté du prénom du petit démon de La Malédiction (Donner, 1976), du nom de lion d’un cinéaste célèbre pas seulement pour ses westerns , le type a priori sympathique, si l’on lit ses dires dans Mad Movies , conclue sa clownerie gory avec une dédicace d’occase : « In memory of » Wes Craven, George A. Romero, Tobe Hooper, sacro-sainte trinité de l’imagerie concernée. Hélas, ce troisième essai potache et qui tache ne possède une seconde l’intensité, la radicalité, l’originalité des Griffes de la nuit (1984), La Nuit des morts-vivants (1968), Massacre à la tronçonneuse (1974), items séminaux ensuite déclinés ou décimés à satiété, selon le succès que l’on sait. Toutefois Terrifier semble lui aussi se transformer fissa en franchise , puisqu’il s’agit déjà d’une lucrat...

Éducation en glaise

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  Exils # 64 (10/12/2024) Projeté en VF vintage , pour un petit public enfantin et féminin, Mary Poppins (1964) ressuscite et revient, redescend du ciel avant d’y remonter éternelle. Avouons : votre serviteur s’y présentait sans passion, presque à reculons, n’attendait rien de très bon, ne se souvenait de chansons jadis déjà et aujourd’hui encore à la con. Mais le métrage de Disney & Stevenson mérite mieux que l’amnésie ou la nostalgie. Certes, sa suffragette simplette, vite soumise au déplaisir du mari, rendra furieuses les féministes, tandis que la critique anticapitaliste ne contentera les autoproclamés Insoumis. L’intérêt secret de cette pâtisserie douce-amère à colossal succès réside ailleurs, dans un anarchisme British , une mélancolie assourdie. Le spectateur moqueur ne redoute que la nounou noircie aux grandes dents blanches, aux pieds écartés à cent quatre-vingts degrés, subisse sur les toits, rime chorégraphique à l’urbanisme ethnique de West Side Story (Rob...

Têtes de pioche

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  Un métrage, une image : Le Récupérateur de cadavres (1945) Film horrifique ? Tandem de totems ? Stevenson selon Lewton ? Mélodrame domestique et marxiste, qui fait se confronter, s’affronter, l’idéalisme et le cynisme, le sentimentalisme et le pragmatisme. Au sortir d’une Seconde Guerre mondiale elle-même odieuse et généreuse en accumulés cadavres, notre trentenaire Robert, troisième essai à durée limitée, met en images, loin du moindre enfantillage, un conte pas con adapté de façon (in)fidèle par Philip MacDonald ( La Fiancée de Frankenstein , Whale, 1935 ou Rebecca , Hitchcock, 1940), corrigé, donc corédigé, sous pseudonyme selon le producteur majeur. Aimablement musiqué par Roy Webb ( La Féline , Tourneur, 1942), doctement éclairé par le DP Robert De Grasse ( L’Étrangleur , Wellman, 1943), servi via un casting choral impeccable, The Body Snatcher s’ouvre sur une street singer , à la complainte écossaise à vous crever le cœur, vingt avant La Mélo...

Les Grandes Espérances : Illusions perdues

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de David Lean. Longtemps avant le personnage poignant de La Fille de Ryan (1970), voici un juvénile John Mills, pas ravi de village épris de Rosy, toutefois vrai-faux futur forgeron, anti-héros d’un conte d’éducation, sentimentale, sociale. Après un superbe prologue atmosphérique, drolatique, annonce assurée, bien sûr, du suivant Oliver Twist (1948), jouez avec les gibets, remarquez l’arbre à face humaine, où se devine l’homonyme de Friedkin ( La Nurse , 1990), David Lean délivre donc un mélodrame un brin hugolien, car forçat affamé, à malaria, pas si mauvais que ça, philanthropie jolie, de revenant d’Australie enrichi, devant beaucoup à la candeur de l’acteur, à sa culpabilité, sa colère rentrée, sa mélancolie, aussi. Orphelin point mesquin, citoyen londonien, grandi, agi, type un peu intrépide, presque stupide, « Pip » s’active à trois reprises, cesse d’être passif puisque secouriste, certes à moi...

La Belle et la Bête

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  Un métrage, une image : La Cité de l’indicible peur (1964) À la fantastique Jacqueline Le « flic » de Bourvil, six ans avant celui de Melville ( Le Cercle rouge , 1970), s’excuse de coffrer les coupables infortunés, comme son homologue amerloque ( Le Retour de l’inspecteur Harry , Eastwood, 1983), laisse in fine la criminelle se faire la belle, se livrer de son plein gré à la captivité de l’incrédule Poiret, képi = calvitie, assure le médecin atteint de misanthropie (« Tout le monde ici mérite d’être arrêté. Ici comme partout, d’ailleurs, toute l’humanité souffrante »). Matrice apocryphe de l’aussi atmosphérique, moins comique, Litan (1982), La Cité de l’indicible peur , aka La Grande Frousse , emprunt imposé à la complainte explicite du générique, aux lyrics co-signés du dialoguiste Queneau, associe ainsi le satirique au whodunit , le légendaire au faussaire, un boucher « cinglé » presque proche de Chabrol ( Le Boucher , 1970), de ...

Sonny Boy : Le Secret de la pyramide

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  Au miroir, se voir, se décevoir, reflet d’humanité tourmenteuse et tourmentée… L’orphelin affolant et affolé de Sonny Boy (Robert Martin Carroll, 1989) transforme fissa L’Enfant sauvage (François Truffaut, 1970) en gosse policé ; quant au clan de cannibales de La colline a des yeux (Wes Craven, 1977), comparé à sa famille à fond dysfonctionnelle, il fait figure de modèle de normalité. De la même manière, ce grand petit film libre, à la fois western moderne, conte d’éducation déplorable et impitoyable tout sauf (à la) con, comédie noire et mélodrame identitaire, éclaire d’une crue lumière le mépris, l’ineptie, de notre médiocre modernité, de son ciné vacciné, aux téléfilms friqués, à peine dissimulés, au mainstream muselé. Davantage différent que déviant, souvent surprenant et in extremis émouvant, Sonny Boy date donc de la fin des années quatre-vingt, il attendit deux ans avant d’être distribué, voire sacrifié, il ne connut aucun succès, qu’une carrière écourtée,...

L’Image de pierre : La Forteresse vide

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  La chair et le sang, l’essence et l’instant… En sus d’annoncer le célèbre Solaris de Stanislas Lem, d’anticiper le fameux Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick, d’adresser un double clin d’œil au précédent et désespérant Désert des Tartares , car architecture à l’usure, militaires à ne rien faire, L’Image de pierre présage le couple en déroute de Un amour , comporte une coda à la Caligula de l’amical Albert Camus, métamorphose Orphée à la sauce SF. Si tout cela ne vous suffit pas, si vous lisez de musique accompagné, on propose en playlist Build Me a Woman des Doors, Forteresse de Fugain, Utopia de Goldfrapp. Journaliste et artiste, conteur et dramaturge, peintre et poète, Dino Buzzati signe ici un livre assez unique, pas seulement parmi une bibliographie à tendance dite « fantastique ». En VO, ce roman stimulant, amusant, émouvant, s’intitule Il grande ritratto , par conséquent « le grand portrait », au sens pictural...

La Femme nue et Satan : La Tête dans le carton à chapeaux

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  Seconde chance ? Secrète errance… Un an avant Les Yeux sans visage (Franju, 1960), autre histoire noire d’effroyable greffe féminine, La Femme nue et Satan (Trivas, 1959) s’apprécie pour ainsi dire en point de suture entre La Fiancée de Frankenstein (Whale, 1935) et The Brain That Wouldn’t Die (Green, tourné itou en 1959, sorti en 1962). Il s’agit aussi, à sa façon, d’une expressionniste préfiguration du plutôt pop « Krimi » teuton, pourvue d’un titre trompeur et pourtant pertinent : pas de pépée à poil, rien du Malin, mais un estimable mélodrame moral, à base d’art et de science, de corps et de décor, de construction et de destruction. Secondé par le production designer Hermann Warm, jadis au service de Wiene ( Le Cabinet du docteur Caligari , 1920), Lang ( Les Trois lumières , 1921), Murnau ( Le Fantôme , 1922) ou Dreyer ( La Passion de Jeanne d’Arc , 1928 + Vampyr , 1932), flanqué du directeur de la photographie Georg Krause ( Les SS frappent la n...

Les Bonnes Manières : Les Nuits de la pleine lune

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Marco Dutra et Juliana Rojas. Pour commencer, comment entrer ; pour finir, comment (s’en) sortir : le mélodrame maternel brésilien et lesbien repose donc sur la clôture, l’imposture, les corps, leurs accords puis désaccords. Prison dorée de l’appartement à payer, modeste meublé de banlieue paupérisée, chambre forte calendaire aux grosses chaînes en fer, centre commercial glacial baptisé Bois de cristal – autant d’espaces autarciques qui dupliquent une fermeture d’un autre type, anatomique, amniotique, lycanthropique. En dépit de l’épouvante de la parturiente, malgré l’amour de la mère guère intérimaire, voire élveuse volontaire, la chair du cher (se) déchire la chère, envahit le nid rebondi, s’en extrait sans pitié, innocente s’endort, dévore en carnivore. Il ne suffit d’aspirer sa soupe en silence, marcher un livre sur la tête posé, avoir recours au végétarisme, à l’amnésie jolie, afin de s’affranchir ...