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Affichage des articles associés au libellé David Goodis

L’Enfant du Président

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  Exils # 171 (24/02/2026) Prologue au téléphone, épilogue aux Goudes, entre les deux, une lettre volée, Marlowe à la place de Poe, la page de titre de Sans espoir de retour de David Goodis, je me tire littéraire et prophétie de Descente aux enfers (1986), mais aussi au domicile cinéphile une affiche du Journal d’une fille perdue (Pabst, 1929) et au-dessus d’une salle de ciné celle des Chiens de paille (Peckinpah, 1971). Giroud & Girod, encore une lettre (en)volée, retrouvée, la mise en images d’un roman édité chez… Mazarine. En dépit du script signé d’une initiée, puisque journaliste passée par l’Élysée, d’un carton de coda à la fameuse formule cette fois-ci de facto ironique, « toute ressemblance » telle une évidence, Le Bon Plaisir   (1984) ne s’assimile au portrait détourné, très chargé, d’un certain François Mitterrand, alors au pouvoir depuis trois ans, même si de courtes écoutes, un gamin adultérin, les médiatiques « chiens » (caméo ...

Meursault en morceaux

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  Exils # 40 (24/06/2024) On connaissait déjà Boileau & Narcejac, on découvre donc Durand & Galissian, dissimulés derrière ce pseudonyme presque transparent : H. L. Dugall. Hélas affublé d’une couverture colorée hors sujet, modèle de roman dépressif et dégraissé, limité à l’essentiel et surtout à l’existentiel, à l’image du sacrifié, sinon du crucifié, cf. la référence d’évidence, durant sa transformation finale, petit opus de cent quatre-vingt-sept pages en poche primé à sa parution en 1967, La Porte dorée s’apparente un peu à L’ É tranger (relu et) corrigé, (reconnaissable et) déguisé, délocalisé. Il s’agit d’un joli KO à Frisco, coécrit par le futur scénariste du risible Dancing Machine (Béhat, 1990) et un ancien critique ciné de L’ É cran français . Deux hommes et une femme forment un trio forcément infernal et un triangle foutrement fatal, leurs patronymes servant aussi à intituler ses trois parties. Si la première et la deuxième utilisent une « focalis...

Le Chagrin pas la pitié

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  Exils # 34 (29/05/2024) Qui aujourd’hui oserait écrire ceci et l’écrire ainsi ? Quel éditeur débutant sauf jadis l’aguerri François Guérif posséderait le cran de le publier sans le corriger ? Quel confrère enfin sincère se risquerait à en faire un laudatif commentaire ? Peu importe sa place parmi le marché de masse ou dit de niche suivant la perspective le candide (l’inconscient) essuierait aussitôt les crachats de la clique féministe et du lobby gay friendly . Songez(-y) : J’étais Dora Suarez débute par un double « féminicide » comme certaines néologisent perpétré par un « tueur » anonyme – ça sent le sang le sperme et l’urine. Ça empeste aussi la détresse et la vieillesse la furieuse folie et la sordide ironie (l’une des victimes voulait se suicider éviter de voir ses souhaits exaucés ricane Oscar Wilde). L’assassin très malsain et dégueulasse hélas (un « étron » + un souillé pantalon ici puis durant les dernières pages u...

Frozen

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  Un métrage, une image : Nightfall (1957) L’ opus poétique et politique s’avère vite une évidente réussite, jadis passée inaperçue, désormais adoubée, reconnue, même admirée d’Ellroy, allez. Cinéaste subtil et stylé, Tourneur met en valeur un scénario écrit au cordeau, Silliphant ( Le Village des damnés , Rilla, 1960) ici en lecteur + adaptateur du roman de Goodis le grand. Avec son trio à bravo, Ray à la voix voilée, Keith à la courtoisie d’utopie, Bancroft contre, tout contre, les coups de crosse, avec ses Los Angeles de détresse, de tendresse, Wyoming magnanime, Nightfall nous dit que tombe la nuit, le soleil se lève, la neige piège l’innocence, le départ conduit vers la délivrance. Plutôt que de Ray & Lupino ( La Maison dans l’ombre , 1952), on se souvient de Cimino, du  Canardeur (1974) illico , autre item de banque braquée, de paquet (de billets) à récupérer, d’écoulé calendrier, l’église à l’école substituée, de couple en (dé)route, d’Amérique (no...

Bons baisers d’Athènes

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  Un métrage, une image : Le Casse (1971) Le Casse commence comme Le Cercle rouge (1970), cambriolage comportementaliste, silence éloquent de professionnels de la profession ; il se termine à la Vampyr (1932), cercueil de silo. Entre Melville & Dreyer, Verneuil dilate la durée en mode Leone, pratique une course-poursuite « animée par Rémy Julienne et son équipe », à glisser, au propre et au figuré, entre celles de Bullitt (Yates, 1968) et French Connection (Friedkin, 1971). S’il adapte David Goodis, ici escorté d’un co-scénariste, en l’occurrence le Katcha de Galia (Lautner, 1966) ou du Maître-nageur (Trintignant, 1979), portraiture, presque une dizaine d’années après, d’autres stratèges idem en échec ( Mélodie en sous-sol , 1963), cette co-production franco-italo-américaine à succès, en Grèce guère démocratique tournée, Costa-Gavras dut en être outré, dépasse le divertissement d’antan, s’avère vite un titre expérimental assez surprenant, sinon p...

Descente aux enfers : La Taverne de la Jamaïque

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Oh my God, you’re so good at this, David Goodis! Le livre va vite, on va le suivre. Bevan, ivrogne à Kingston, égorge un « indigène », sauve de l’échafaud un mécano, retrouve sa dignité, regagne sa femme frigide. Publié en 1955, en fin de trentaine, Descente aux enfers représente un précipité de l’univers et du style de David Goodis. The Wounded and the Slain indique le titre original martial : l’écrivain ne cessa de s’intéresser aux blessés, aux tombés, sur le champ de bataille de la vie américaine et au-delà. Il n’écrivait pas des « polars », étiquette suspecte d’éditeurs épiciers, d’insouciants lecteurs ensoleillés, il n’écrivait pas de la « littérature générale », alibi de librairie, il ne théorisait pas l’écriture ni ne prenait la pose auteuriste. Véritable auteur, il écrivait pour ne pas crever, la seule raison qui vaille, au propre et au figuré, il décrivait des cauchemars pas vraiment climatisés, moins sexuels que ceux de Henry Mil...