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Affichage des articles associés au libellé Henry Hathaway

Cara Claudia

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  Exils # 130 (30/09/2025) Les actrices décédées ressuscitent, dans Cartouche (de Broca, 1962) on revoit donc Claudia. « Je m’appelle Vénus, j’ai dix-neuf ans, ni père ni mère mais des amants. On dit que je sais pas causer, mais je danse, je vole, je vis » déclare l’ersatz d’Esmeralda, sinon la demoiselle de Demy, d’abord enchainée, ensuite ligotée, à un poteau, judas Dalio, sorte de sado-maso héroïne à la Gwendoline (Jaeckin, 1984). Le personnage déboule au bout d’une demi-heure de métrage, approximativement le temps que mettait à quitter Psychose (Hitchcock, 1960) une autre voleuse valeureuse, c’est-à-dire Janet Leigh. La voici à nouveau en duo avec Belmondo, après Le Mauvais Chemin (Bolognini, 1961), avant La Scoumoune (Giovanni, 1972), clin d’œil complice compris et romance hors caméra incluse. « J’ai de grandes vues sur toi » lui dit-il, Franco Cristaldi aussi, pardi. Pas encore aristocrate de Polignac ( La Révolution française : Les Années lumière ,...

Loin du Brésil

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  Un métrage, une image : La Mort en ce jardin (1956) Simone en salope interlope, Marchal en aventurier énervé, Piccoli en curé immaculé, Vanel se rêvant restaurateur à Marseille et Michèle Girardon innocente, éloquente sourde-muette, chouette : deux années après le survival insulaire et solitaire des Aventures de Robinson Crusoé (1954), Buñuel, en pleine période mexicaine, carbure au choral, à la couleur, à la douleur. Matrice apocryphe du Convoi de la peur (Friedkin, 1977), avec explosion, sans camion, La Mort en ce jardin de Goya aussi se souvient, fameux Tres de mayo cité illico , en sus préfigure le pessimisme du Cercle rouge (Melville, 1970), « On est tous coupables » en écho à « Il n’y a pas d’innocents ». Au côté de Queneau, Luis décrit un chemin de croix, filme un fiasco, manie les imageries du western , du film de jungle . Délestée de musique, tant pis pour Paul Misraki, sa moralité tragi-comique son exhumation mérite, elle possède ...

Cinglée

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  Un métrage, une image : Shock (1946) La matrice apocryphe de Sœurs de sang (De Palma, 1972) ? Presque, puisque ici aussi témoin de meurtre ( quasi ) réduit à l’amnésie par un shrink nuisible (pléonasme). Pourtant l’impérial Price portraiture un psy assassin à l’insuline point délesté de conscience ni de culpabilité. Au terme du deuxième  replay du trauma méta, il étrangle sa salope séduisante, « femme fatale » (et vile rivale) d’un « film noir » jamais misogyne, in extremis moral, policier perspicace à la clé, cherchons donc le létal chandelier. Déjà co-écrit par Eugene Ling, l’un des scénaristes de Behind Locked Doors (Boetticher, 1948), l’ouvrage de Werker, précis, impersonnel, ne repose ainsi sur un tueur à la truelle, un acteur cabot, a contrario possède un casting choral impeccable, mentions spéciales à Mesdames Lynn Bari ( L’Incroyable Monsieur X , Vorhaus, 1948) & Anabel Shaw. Bien éclairé par le tandem MacDonald ( Ni...

La Nuit fantastique : Irène

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  Conte d’accords, surimpressions de saison… Si je pouvais me réveiller à ses côtés Si je savais où la trouver Donnez-moi l’espoir Prêtez-moi un soir Une nuit juste pour elle et moi Et demain matin elle s’en ira Il était une fois, J’ai encore rêvé d’elle Un Peter Ibbetson (Hathaway, 1935) sous l’Occupation ? Une réplique réaliste aux médiévaux Visiteurs du soir (Carné, 1942) ? Une fable affable, sur le courage cru onirique ? Un peu (de) tout cela à la fois, oui-da. Par Jeanson, non crédité, dialogué, tourné en plein froid, ça se voit, on se réchauffe en musique, cf. le flamboyant générique, amputé d’un quart d’heure, honte au distributeur, adoubé par Bazin, La Nuit fantastique (L’Herbier, 1942) son exhumation numérique mérite. Après L’Homme du large (1920), El Dorado (1921), L’Inhumaine (1924), beau trio en mode muet, moi-(re)lisez, SVP, le cinéaste s’illustre à nouveau, avec un étudiant parisien, pas praguois, en philo, l’histoire à dormir de...

L’amour vient en chantant + Ô toi ma charmante : Austerlitz + L’Éducation de Rita

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Fred & Ginger ou Adele, Eleanor, Judy, Cyd ? Fred & Rita, voilà… Ce qui rend ces instants émouvants ? Sans doute la sincérité du simulacre. Du glamour au mensonge, il suffit d’un pas, bien sûr « de deux », mais l’imagerie de la « comédie musicale » ne relève de l’anecdotique, davantage de l’héroïque, chaque artiste une sorte de Sisyphe, qu’il faut en effet, comme chez Camus, imaginer heureux, ici, maintenant, sous nos yeux souvent si malheureux. La tristesse, Rita la connaissait, la vécut toute sa vie, en vérité, jusqu’à ne plus se souvenir de rien, maudite, magnanime décharge des chagrins. Cependant ce diptyque un peu exotique, au succès suranné, donne à (re)voir, sinon à saluer, une victime avérée, irréductible à sa douleur, moins encore à sa beauté brune de « bombe » anatomique puis atomique. Abusée dès l’enfance par son père (im)pitoyable, plusieurs fois mal mariée, Rita trouva néanmoins le moyen de se réinventer, d’afficher en filigr...

Au pays du sang et du miel : Permanence du mélodrame

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Cry Me a River défiait l’indémodable Julie London – invitons à « pleurer de joie », va. Mettons quatre films aimables mais mineurs visionnés en DVD ou vus à la TV durant les familiales festivités de fin d’année : Le Plus Grand Cirque du monde ( Circus World , Hathaway, 1964), Anna et le Roi ( Anna and the King , Tennant, 1999), Annabelle ( idem , Leonetti, 2014) et Annabelle 2 : La Création du mal ( Annabelle: Creation , Sandberg, 2017). Que nous disent-ils qui vaille la peine qu’on l’écrive ? Que le charmant mélodrame se porte « comme un charme », qu’il ne cesse de traverser les « genres » – au ciné n’existent que des imageries, n’en déplaise aux adeptes de la perspective « genrée », esthétique ou politique – de la comédie dramatique, du film historique, du film d’horreur et les décennies de leur distribution, qu’il constitue non pas un sous-genre en soi, double acception dépréciative comprise, mais bel et bien une s...