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Affichage des articles associés au libellé Larry Cohen

« Moi j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre… »

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  Une heure d’extraction, des heures de questions… La séquence surprend, sinon sidère, durée prise en plongée depuis les airs, disons en drone ou bien hélicoptère, société du spectacle patraque et d’insanité spectaculaire, scène presque obscène de télé-réalité ensoleillée, pasteurisée, découverte en direct d’une procédure peut-être suspecte, propice à produire le soupçon de la conspiration. À l’instar du snuff movie façon John Fitzgerald Kennedy, assassinat ça va de soi, pas le premier ni le dernier là-bas, immortalisé naguère par les fameuses images que filma le zélé Abraham Zapruder, il manque un plan, il manque le contrechamp, angle mort au creux du décor, à cause duquel peuvent aussitôt se lever les vents mauvais des hypothèses plus ou moins balèzes, des théories plus ou moins rassies, des explications de raison ou de déraison plus ou moins à la con. En écho au fiasco de l’info d’autrefois, donc au cas d’école de l’exécution de JFK, ce sauvetage génère (DeGeneres) le ramag...

Épouvante sur New York

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  Un métrage, une image : L’Ambulance (1990) Un dragueur, une diabétique, un moustachu, une automobile : modèle d’écriture, de séduction ludique, de tension dramatique, de caméra quasi cachée, l’ouverture de L’Ambulance condense le ciné de l’amical Larry Cohen. La suite ne démérite, revisite de jour et de nuit le mythe d’Eurydice & Orphée, le tisse au super-héroïsme de la BD, caméo en dirlo de Stan Lee inclus. Toujours inventive, constamment amusante, cette comédie noire s’assume en moralité faussement moralisatrice, voici ce que vous risquez si vous abordez dans la rue une inconnue, en effet. Porté par un Eric Roberts candide et physique, une Megan Gallagher à l’irrésistible rousseur, ponctué par la présence surprenante, patraque, verdâtre, d’Eric Braeden – recommandation maternelle ! –, depuis déjà dix ans pensionnaire du soap soporifique Les Feux de l’amour , par la prestance d’un James Earl Jones mémorable en flic jadis dépressif, en justicier vite esq...

Rosemary’s Baby : Le Démon de midi

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  Prophétie de folie ? Bénédiction de saison… « Mes chers frères, n’oubliez jamais, quand vous entendrez vanter le progrès des lumières, que la plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas ! » Baudelaire, Le Joueur généreux , Le Spleen de Paris Satan get besides me Satan fortify me Lingua Ignota, Do You Doubt Me Traitor , Caligula   Huit avant l’ange exterminateur de Taxi Driver (Scorsese, 1976), voici l’ange déchu de Rosemary’s Baby (Polanski, 1968). Fi de la nuit, du pandémonium parcouru en bagnole, de la solitude en effet infernale, en sus insomniaque, du vétéran du Vietnam : cette fois, le « gothique new-yorkais » en plein jour puis en société se déploie, perché sur les toits. Tout de suite, le générique iconique et mélancolique de Wayne Fitzgerald & Stephen Frankfurt donne de la hauteur et de l’ampleur à ce qui demeure un drame de chambre (à coucher), un huis clos pas si psycho(logique, pathe), quoique. Rose...

The Private Afternoons of Pamela Mann : Blow Job

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Demi-journées à partager, bobines à adouber… Tourné en moins d’une semaine, métrage de mises en scène, celle du récit, celle de la réalisation, The Private Afternoons of Pamela Mann (1974) repose sur une filature d’imposture : un privé à la Powell ( Peeping Tom , 1960) espionne une épouse soupçonnée, a priori décomplexée. La dernière scène démentira les pseudo-doutes du mari, scellera sur l’oreiller la complicité amusée du couple point en déroute. À l’ultime plan, un rideau descend, surprenant, cohérent, toile d’écran où se mire la lumière du projecteur mateur, amateur. Estimable film méta, Les Après-midi privés de Pamela Mann s’apparente à un art poétique, à une allégorie analytique. New-yorkais, cinéphile, universitaire, opérateur pendant la guerre (de Corée), monteur (de trailers ), auteur-adaptateur d’écrivains classiques, de Jeanne de Berg & Violette Leduc, admiré par Andy Warhol, honoré par une rétrospective à UCLA, par un dépôt au MoMA, Radley Metzger...

Evil Baby : Elle voit des nains partout !

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Pardonner les parturientes, se délivrer de leurs ventres… « Ne me tue pas ! Je suis ta mère ! » : à nouveau, comme souvent, le sublime s’associe au risible, et inversement. Piloté en mode automatique par Peter Sasdy, jadis prouvé plus inspiré, cf. La Fille de Jack l’Éventreur (1971), fracassé par la critique locale en dépit du « plaisir coupable » post -moderne, Evil Baby , aka I Don’t Want to Be Born , The Devil Within Her , The Monster et même Sharon’s Baby , une pensée d’épicier pour le tandem Tate & Polanski, mérite néanmoins un article. Il s’agit, en résumé, d’un conte de culpabilité, d’une parabole puritaine, d’un bibelot britannique, aussi sérieux que tongue-in-cheek . Ex -effeuilleuse, la svelte Lucy épouse un Italien nanti, of course catholique, dont la sœur, scientifique, s’avère en sus... une bonne sœur, Seigneur. Après une naissance au forceps, la mère amère, détestant sa belle-mère, s’aperçoit fissa, jusque dans sa chair...

Meurtres sous contrôle : Dirty God

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Un blasphème ? Un diadème. En 1976 sortent aux USA deux films sur la foi : Carrie au bal du diable de Brian De Palma et Meurtres sous contrôle de Larry Cohen. Moins (re)connu que le premier opus en partie préoccupé par de mémorables menstrues, le second mérite cependant son exhumation, sinon sa consécration, terme convenable, connoté, contextualisé. Précisons que la césure impure du récit structure cet ouvrage tout sauf sage, souvent impressionnant, parfois poignant – on passe ainsi peu à peu du public au privé, de l’anonymat au singulier, sens duel. Lorsque Peter, futur (mauvais) ange exterminateur, vengeur, pour l’instant stratège diplomate, se hisse auprès du tireur perché en hauteur, atteint de tendances suicidaires, saut dans les airs, durant le prologue surprenant, voire tétanisant, leçon de réalisation, d’outrage(s) et de (dé)montage, ouverture en état d’urgence rappelant/présageant celle du pareillement apocalyptique Zombie (George A. Romero, 1978), il pr...

The Guilty : Phone Game

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Thriller très téléphonique ? Communication assez téléphonée… Résumons : Conversation secrète (Francis Ford Coppola, 1974) se met en relation avec Hamlet , car oreille liminaire, car asile à Elseneur, car folie non plus simulée mais avérée, actée, conscientisée, car production danoise en sus. Le standardiste esseulé en dépit de son alliance s’empoisonne tout seul, il ne repousse plus un spectre paternel, il esquive une journaliste intrusive, pléonasme, il essaie de conjurer le procès du jour suivant, à coup d’aspirine magnanime, hypnotisante, en autarcie. Asger se rêve en sauveur prometteur de l’épouse a priori enlevée par son mari déjà condamné, violent, en voiture ; en père par procuration de la petite Mathilde, est revenue, rajoute Jacques Brel, solitaire, à domicile, ensanglantée ; en fonctionnaire adepte nocturne des heures supplémentaires, à quoi bon rentrer chez lui, puisque personne ne l’attend, pardi ? Hélas ou tant mieux, les « demoise...

Ben : Ratatouille

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Couineur des villes, point des champs, affligeant, à réserver aux enfants.   Amoureux des rats, voilà un (télé)film fait pour toi. Comme la suite de Halloween (Rosenthal, 1981) enchaînait directement sur les événements du premier, Ben (1972) développe Willard (Daniel Mann, 1971, un salut à Sondra Locke) pendant le prologue puis portraiture un gamin malade, cardiaque, qui va devenir l’ami, et réciproquement, du rongeur homonyme. Parallèlement, le troupeau des bestioles à poil sème la pagaille au pays de l’Oncle Sam, spécialement au rayon céréales d’un supermarché pas assez symbolique et au sein d’un spa assez drolatique, où les figurantes en plein effort ne ménagent pas leurs efforts imitatifs d’hystérie collective. Le mioche possède une sister en la personne de la juvénile Meredith Baxter, bientôt vedette de TV. Elle évoque vite la Midge de Sueurs froides (Hitchcock, 1958), similaire et différenciée styliste à domicile. N’oublions pas de signaler un simulacre du pers...