Articles

Affichage des articles associés au libellé Stephen King

Mon ennemi Pierrot

Image
  Exils # 89 (27/02/2025) Film inoffensif au financement participatif, à l’aspect pasteurisé des produits netflixés, Terrifier (Leone, 2016) ne terrifie le cinéphile amateur de cinéma dit d’horreur. Doté du prénom du petit démon de La Malédiction (Donner, 1976), du nom de lion d’un cinéaste célèbre pas seulement pour ses westerns , le type a priori sympathique, si l’on lit ses dires dans Mad Movies , conclue sa clownerie gory avec une dédicace d’occase : « In memory of » Wes Craven, George A. Romero, Tobe Hooper, sacro-sainte trinité de l’imagerie concernée. Hélas, ce troisième essai potache et qui tache ne possède une seconde l’intensité, la radicalité, l’originalité des Griffes de la nuit (1984), La Nuit des morts-vivants (1968), Massacre à la tronçonneuse (1974), items séminaux ensuite déclinés ou décimés à satiété, selon le succès que l’on sait. Toutefois Terrifier semble lui aussi se transformer fissa en franchise , puisqu’il s’agit déjà d’une lucrat...

Le Dernier Cahier d’une condamnée

Image
  Exils # 66 (06/01/2025)   Comparé à l’ opus , Carrie paraît presque une comédie et Persona (Bergman, 1966) abstrait, bourgeois. Si Chahdortt Djavann revisite Stephen King, sans le savoir ni le vouloir, sa chronique d’une mort annoncée, via les derniers mots d’une ado emprisonnée, se déleste de télékinésie, du réalisme classé magique de García Márquez, de la malhonnêteté intellectuelle du gros Hugo, dont Le Dernier Jour d’un condamné , plaidoyer littéraire à la Bob Badinter, se refusait à fournir le motif de l’exécution afin de ne point affaiblir du lecteur l’empathique émotion. Bref et direct, La Muette donne à lire et ressentir le récit d’une Shéhérazade rajeunie, qui a contrario de la célèbre ancêtre citée dans le texte ne parviendra pas à sauver sa peau. Fatemeth déteste son prénom modelé sur celui de Mahomet, mais moins que sa mère remplie de bigoterie. La risible « sororité » avec laquelle se gargarisent les occidentales féministes, elles-mêmes muette...

La Grotte Costner

Image
  Exils # 44 (05/06/2024) Donc d’un western moderne ( Furiosa : Une saga Mad Max , Miller, 2024) au suivant à l’ancienne ( Horizon : Une saga américaine , Costner, 2024). Chacun remarquera du même mot le même emploi. Des deux côtés de l’Atlantique et du Pacifique, face à la faillite du politique, revoici le répit de l’épique ; à l’encontre des communautés, de leur clivante radicalité, vive la collectivité, l’unanimisme démuni de manichéisme. Ça se rassemble et se ressemble sur un écran, ça vous rassemble et vous ressemble devant. Cet Ouest à représenter, à ressusciter, cette Frontière filmée, fantasmée, à la fois fabuleuse et fondatrice, odieuse et destructrice, on le savait bien avant le révisionnisme cinématographique des seventies , Costner les connaît sans conteste, il s’illustra autrefois dans des westerns authentiques ( Silverado , Kasdan, 1985, Danse avec les loups , Costner, 1990) ou symboliques ( Les Incorruptibles , De Palma, 1987, Un monde parfait , ...

La vie est un (men)songe

Image
  Exils # 20 (13/02/2024) À Catherine, comme une rime Ozawa plus ne dirigera, mais l’ami Murakami survit. Il se désirait scénariste de ciné ; le cinéma plusieurs de ses textes adapta. Dans Abandonner un chat : Souvenirs de mon père , récit biographique et traumatique, ni hagiographique ni nostalgique, sis ainsi quelque part, nul hasard, au croisement émouvant de La Harpe de Birmanie (Ichikawa, 1956) et du Vent se lève (Miyazaki, 2013), il cite au style indirect l’autobiographie de Truffaut, se souvient de séances du dimanche et fordiennes de westerns , de films de guerre en compagnie de son buvant vétéran de père, puisque les mélos mimis de Mizoguchi à lui-même minot interdit, seulement pour ses parents, Japon d’antan. En lisant l’édition à la fois graphique, anecdotique et illustrée, sur papier glacé, du titre précité, assortie des semblables de Birthday Girl , L’ É trange Bibliothèque , Sommeil , on découvre que l’écriture claire et obscure du romancier à succès...

Cela n’est pas du cinéma

Image
  Exils # 14 (10/01/2024) Autrefois, à Carpentras, on empalait il paraît au parasol un cadavre par l’ anus , dixit l’affabulateur Laurent Fabius, mémorable et médiatique « manipulation » mitterrandienne, à base d’antisémitisme et d’antifrontisme. Trente-trois ans plus tard, l’extrême droite européenne – ne parlons pas de celle d’Israël – prospère, prolifère, une « profanation » de sémite cimetière fait figure de provinciale misère, face au massacre du Hamas et sa réplique apocalyptique. Tandis qu’au soleil satanique s’exterminent les meilleurs ennemis, avec un (im)prévisible machiavélisme, une absence de miséricorde forçant le respect sidéré de démocraties occidentales diplomates et pacifiées, encore préoccupées d’immigration, a fortiori d’inflation, d’économie et d’énergie, de climatologie davantage que d’idéologie, de consumérisme, de moralisme, une « SDF » y décède, « féminicide » attribué au froid, cela va de soi. Âgée d’une quarantai...

Demain les souterrains

Image
  Exils # 10 (13/12/2023) Du père Forster, le cinéphile se souvient donc des adaptations en série d’Ivory, par exemple Retour à Howards End (1992), du dernier film de David Lean (La Route des Indes , 1984). La traduction en français, d’abord datée d’une dizaine d’années, puis rééditée en pleine « pandémie de Covid-19 », opportunisme d’alarmisme, d’une nouvelle assez ancienne, puisque publiée en 1909, s’inscrit ainsi au sein d’une réflexion structurelle sur les classes sociales, sinon raciales, de surcroit au creux d’un contexte conflictuel, de lutte et de trêve perpétuelles. N’en déplaise aux exégètes lui conférant fissa le statut d’ outsider , a fortiori classé en science-fiction, allons bon, elle ne révolutionne en rien l’univers poétique et politique de l’écrivain, plutôt le projette parmi une « méditation » aux allures de malédiction et faisant appel, dès l’ incipit , à « l’imagination » du lecteur, en sus située dans une atemporalité non dépour...

Un livre, une ligne

Image
Les auteurs, les horreurs... Laissez-moi /Marcelle Sauvageot « Commentaire » amoureux Embrouille en Provence /Peter Mayle Tourisme marseillais Âme brisée /Akira Mizubayashi Mélodrame mélomane Éloge de la morue /Jean-Claude Boulard Documentaire testamentaire Sur le fleuve /Hermann Schulz Odyssée médicale La Douce Empoisonneuse /Arto Paasilinna Tragi-comédie gérontophile L’Éternel Mari /Fiodor Dostoïevski Vaudeville invalide Shirobamba /Yasushi Inoué Enfance d’impermanence Nouvelles du désert /Isabelle Eberhardt Mélancolie de l’Algérie L’Initiation d’un homme : 1917 /John Dos Passos Secourisme d’impressionnisme Deborah, la femme adultère /Régine Deforges Déterminisme d’évangélisme Chez Mrs Lippincote /Elizabeth Taylor Adultère d’Angleterre Le Mort qu’il faut /Jorge Semprun Recréation de rééducation Mon frère Yves /Pierre Loti Lyrisme du naturalisme L’Objet de son désir /Anita Shreve Mariage naufrage La Mémoire d...