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Affichage des articles associés au libellé Francesco Barilli

Au pays de l’exorcisme : Les Bodin’s en Thaïlande

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  Pas de choc en toc à Bangkok, le train thaï ne déraille…   On le devinait avant l’arrivée du docte Lévi-Strauss : la « sauvagerie », relative, réversible, s’avère un point de vue, souvent malvenu. Au début, Bradley débarque, photographie, filme, se fait cirer, en contre-plongée, ses bottes de blond cow - boy , sirote sa bière, plus tard amère, souhait ensoleillé ; à la fin, le témoin capturé, captivé, flanqué d’un fils, orphelin de sa femme, ne retourne vers la « civilisation », que cristallise un hélico presque à la Coppo(la). Au lieu, seul, malheureux, de céder au désespoir, il redonne à voir le meilleur de sa mémoire, aussitôt ressuscite Maria, avec le vent, éternellement, déclarait-elle, elle l’accompagnera. Le village vandalisé, incendié, devenu « foyer » au carré, il convient de le « reconstruire », l’ultime image cadre donc cette réconciliation. Si la vie se poursuit, en dépit du deuil, de l’insecte sinistre, au...

The Devil Rides Out : La Chevauchée fantastique

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Révéler les vices de la high society  ? User de sa caméra en admirable sorcier. En 1968, une véritable révolution advient, au moins au cinéma : l’irremplaçable Christopher Lee passe du côté du crucifix, fout le bazar dans une messe noire, parvient à renverser le Temps, à revenir en arrière, tel Superman chez Richard Donner (1978). La Cité des morts (John Llewellyn Moxey, 1960) semble enterrée, son professeur-pourvoyeur enfin conjuré. Le changement de registre, héroïque au lieu de maléfique, affecte itou Terence Fisher, qui découvre le zoom , les transparences, le ralenti, les gros plans (de visages). Adieu au Scope et bienvenue à un pragmatisme pertinent, une efficacité en partie possédée, terme idoine, par l’esthétique express , désargentée, de la TV. Si The Devil Rides Out peut parfois rappeler un épisode en mode sataniste de Chapeau melon et bottes de cuir , série contemporaine, portée par un identique humour very britannique, la chevauchée en effet fantastique...

Pensione paura : La Maison du lac

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Elle attend depuis si longtemps, elle espère à proximité d’un cimetière… Parmi la verroterie numérique figurent d’évidents diamants : en train d’écumer une liste thématique, on tomba sur Pensione paura . Moins riche que Il profumo della signora in nero , plus linéaire, le second vrai-faux giallo de Francesco Barilli captive pourtant, dès l’ouverture solaire et funèbre, sur une jeune fille (en fleur) en barque se piquant de correspondance épistolaire paternelle. Moderne Charon, Rosa la rose va vite se faner en cet été de la fin de la guerre, confrontée au fascisme historique et psychologique. Orpheline comme la persona de Mimsy Farmer, sa pileuse nudité bientôt exposée sur le papier glacé de Playboy , Leonora Fani joue une adolescente résistante, finalement démente, du haut de ses charmants vingt-trois ans. Dans son odyssée identitaire en huis clos, nantie d’un imperméable et d’un couteau (accessoires certifiés de l’imagerie « jaune »), éclairée-apeurée en bleu ...

Voyage en Italie : Souvenirs symboliques de la singulière Mimsy Farmer

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Le portrait impressionniste, subjectif, kaléidoscopique (ou syncopé comme du jazz ) d’une actrice à redécouvrir… Double signe linguistique, ludique et psychotique, en forme de prédestination d’une persona  : elle doit son surnom/prénom exotique – Merle pour l’état civil, telle Miss Oberon – au célèbre Jabberwocky de Lewis Carroll, paru dans De l’autre côté du miroir (des fantômes) et son patronyme résonne avec celui d’une actrice internée, Frances Farmer, qu’incarna jadis, dans un biopic méconnu à revoir (au moins pour le beau thème de John Barry) la bien nommée Jessica Lange ; signalons au passage que ce nom servit de pseudonyme à une chanteuse française connue et cinéphile, autrefois désenchantée façon David Lean, elle-même née Gautier (Dumas fils ?)… Un peu d’archéologie, voire de nécrophilie : elle nous semble, jusqu’à un certain point, le chaînon manquant entre Grace Kelly (mue incomplète pour cause de mariage en principauté de carton-pâte), Jea...

Il profumo della signora in nero : L’Ange noir

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Deux ans après Chi l’ha vista morire? d’Aldo Lado, le tandem Francesco Barilli/Massimo D’Avack livre son propre opus , Il profumo della signora in nero , vrai-faux giallo et surtout attachant portrait de femme au bord de la folie. Au début du film, qui repose sur ses frêles et graciles épaules, Mimsy Farmer, quittant son bel appartement romain du pittoresque quartier Coppedè – îlot architectural et intemporel, entre le fantastique et l’Art nouveau, à deux pas du centre historique, cadre de  L’Oiseau au plumage de cristal  et d’ Inferno  ; l’œuvre s’ouvre d’ailleurs sur un bateau d’enfant flottant dans la célèbre Fontaine des Grenouilles (mais le prince charmant s’avérera un assassin), annonce du drame biographique (le père disparu en mer) et métaphore de la psyché de l’héroïne sur le point de sombrer –, revient sur ses pas pour allumer une lampe, conjurer la solitude au moyen d’une présence, même artificielle. Dans ce détail réside un indice de son mal-être...