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Affichage des articles associés au libellé Scott Derrickson

Old Boy

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  Un métrage, une image : Black Phone (2022) Comme les contes, les films horrifiques carburent à la catharsis, purgation des passions, terreur + pitié par procuration éprouvées. Ce Petit Poucet piégé du siècle dernier s’appelle Finney, va devoir survivre, au sous-sol insonorisé, au tour atroce que lui joue un magicien malsain, au van de ravisseur, aux ballons d’ébène. S’il ne possède pas une once de suspense , on devine vite que le sportif à batte, victime de violences scolaires, en compagnie d’un ami, de sa sister solidaire, s’en sortira, thérapie de choc pour triple trauma , car en plus orphelin de mère, pourvu d’un père démissionnaire, le jeu dangereux se suit sans ennui, certes lesté de jump scares à la con, disons d’un gros quart d’heure trop long. Produit par la redoutable Blumhouse, société spécialisée dans la production de bouses maousses, Paranormal Activity et compagnie, hélas à succès, le dernier essai de Scott Derrickson, himself natif de Denver, fichtre,...

Ruby : Floride

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Mère amère, fille indocile, film imparfait, tout sauf futile… We didn’t need dialogue. We had faces! Norma Desmond She would never say where she came from Yesterday don’t matter if it’s gone The Rolling Stones Ruby (Curtis Harrington, 1977) sortit un an après Carrie  (Brian De Palma, 1976) : on y retrouve avec un plaisir ravi Piper Laurie, aussi diablement séduisante que la « diabolique » Traci Lords de New Wave Hookers (Gregory Dark, 1985), davantage dévêtue, autant portée sur le rouge. On reconnaît en outre une maternité très tourmentée, sise sous le sceau de la culpabilité, le gangstérisme désormais substitué au puritanisme, le maillet manié idem au gros couteau, et un renversant raccord axé, non plus sur une carotte en train d’être coupée, mais sur le visage terrifié de la principale intéressée. Ruby sortit dans le sillage excessif de L’Exorciste (William Friedkin, 1973) et cela se sent, s’entend, jusqu’au grenier partagé, même si sa c...

The Prodigy : La Main à couper

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Mourir, revenir, cercle cyclique, tract de no kid .   J’suis dans un État proche de l’Ohio J’ai le moral à zéro Isabelle Adjani On sait, depuis Le Tour d’écrou de Henry James (1898) et par conséquent Les Innocents de Jack Clayton & Truman Capote (1961), qu’il vaut mieux se méfier des gamins mielleux prénommés Miles. What’s wrong with Miles? se demandent l’accroche de l’affiche et surtout ses parents apparemment sans profession, toutefois propriétaires d’une confortable maison. D’abord sceptiques, ils découvrent vite la réponse impensable, insupportable : l’âme d’un tueur en série réside à l’intérieur du gosse cru précoce, sinon surdoué, tant pis pour son asocialité. Comme dans Audrey Rose (Robert Wise, 1977), clin d’œil indien compris, il s’agit donc d’une histoire de réincarnation et non de possession, range-moi fissa ce crucifix, mon ami(e), même si Tripp Vinson produisit jadis l’estimable Exorcisme d’Emily Rose (Scott Derrickson, 2005) et le di...

All You Can Eat Bouddha : All Inclusive

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Perfidia dépourvue de perfidie… Curiosité concoctée par des Québécois à Cuba, All You Can Eat Bouddha (Lagarde, 2017) peut laisser certain spectateur sur sa faim, néanmoins ce premier met(rage)s ne manque pas de saveur(s), s’apprécie à sa juste valeur, c’est-à-dire à l’instar d’un rêve sensuel, funeste, doux-amer, agrémenté de sourires et de mystères. Dans un Palais a priori paradisiaque, en réalité promis à la ruine, la renaissance de persistance, le personnel et les touristes se fascinent, sinon se prosternent, pour un Français rétif, massif, fichez-moi la paix, mouais. Diabétique, boulimique et mutique, Mike dévore du sucré, du salé, du cru, du cuit, délivre une pieuvre parlante prisonnière sur la plage puis guérit aussitôt, de quelques mots, chuchotement à son oreille, une taciturne anorexique, au papounet très bronzé, reconnaissant, doté d’entregent. Autour de l’hôtel autarcique, le monde mute, « l’administration » se métamorphose, nouvelles révolutionnaires ...

En eaux troubles : La Mort au large

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Poiscaille (tré)panée ? Léviathan trop vide ! « Un requin préhistorique qui rôde, ça sent le canular » où alors, outre le départ précipité de calmar maousse, le conte de fées aquatique, destiné à de grands enfants très indulgents, caractère cristallisé par cet instant de face à face entre la Nippone mignonne et le mégalodon à la con, ogre numérique derrière sa vitre méta, sur le point d’avaler l’avatar transgenre, délocalisé, du Petit Poucet, de quoi régaler la cinéphilie psy amatrice « d’oralité », olé. La Warner saisit que désormais le ciné se situe surtout en Asie, embauche par conséquent la belle et solide Li Bingbing, vue dans Détective Dee : Le Mystère de la flamme fantôme (Hark, 2010), repêche John Turteltaub, disparu des radars depuis 2013, non pas spécialiste des tortues, tant pis pour son patronyme, mais signataire anonyme de Rasta Rockett en 1993, de Phénomène en 1996, de Instinct en 1999 et du diptyque Benjamin Gates en 2004...

L’Exorcisme de Hannah Grace : Le Bunker de la dernière rafale

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Baballe ou Blondi ?   À la mémoire de Bruno Ganz I’m gonna I’m gonna lose my baby So I always keep a bottle near He said I just think you’re depressed This me yeah baby and the rest Amy Winehouse Le film commence fort, par un infanticide, une séance-séquence d’exorcisme en forme de crève-cœur, où Kirby Johnson, danseuse, gymnaste, se contorsionne en écho à la souple Jennifer Carpenter dans L’Exorcisme d’Emily Rose (Scott Derrickson, 2005), où elle décède, presque, étouffée sous un oreiller citant Esaïe tenu par son papounet, méthode définitive jadis pratiquée par Jean-Hugues Anglade sur Béatrice Dalle ( 37°2 le matin , Jean-Jacques Beineix, 1986) puis Jean-Louis Trintignant sur Emmanuelle Riva ( Amour , Michael Haneke, 2012). Trois hommes âgés debout, une jeune femme allongée, sanglée, le décor de chambre à coucher en clair-obscur pourrait se prêter à un gang bang incestueux, mon Dieu, mais l’on assiste plutôt à une cérémonie secrète, suspecte, s...