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Postmortem

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    « Double exposition », « surimpression » ? Impression de déjà-vu, de malvenu…    Je préfère le vin d’ici à l’eau de là. Pierre Dac 313 pages, c’est-à-dire, en réalité, 266, car notes pâlottes, puisque « anthologie spirite » anecdotique, en supplément remerciements à la maman, aux enfants, à Nikos Aliagas, Yves Coppens, Michel de Grèce, Vincent Delerm, Fazil Say, allez : Autopsie des fantômes : Une histoire du surnaturel  se finit fissa, se révèle vite superficiel. Conçu comme une « autopsie du spiritisme », une « anthropologie des fantômes », d’autres catégories à la gomme ?, il s’agit aussi d’une « enquête inédite », presque cosmopolite, conduite par un docteur triple, en médecine, ès-lettres, ès-sciences, tu penses, par un type qui en plus se préoccupe de lexique patronymique et pathologique, affiche et vice-préside ses sympathies féministes, chevalier au carré, encore co...

Le Monde, la Chair et le Diable : La Couleur des sentiments

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La peau et l’apôtre, le spectacle et le pensum , le lendemain et le rien. Donne-moi ta main gamin et toi prends la sienne Et nous ferons une ronde une chaîne Claudio Capéo Comme La Nuit des morts-vivants (Romero, 1968), Le Monde, la Chair et le Diable (MacDougall, 1959) débute en Pennsylvanie, rappelle le roman de Matheson Je suis une légende , paru en 1954, inspiration post -apocalyptique reconnue, retravaillée, des zombies de ciné indé, concerne les rapports estampillés raciaux, Blancs et Noirs en noir et blanc. Correspondances et point ressemblances, car le scénariste estimable de Aventures en Birmanie (Walsh, 1945), Le Grand Alibi (Hitchcock, 1950), Cléopâtre (Mankiewicz, 1963) ou Le Dernier Train du Katanga (Cardiff, 1968) s’avère un réalisateur sans saveur, car son métrage d’un autre âge s’enlise vite dans la vase du « film à message ». Antiatomique, antiraciste, Le Monde, la Chair et le Diable commet surtout de l’anticinématographique, sorte...

La Fin du monde : Notes sur le néant au ciné

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Refrain de la fin, répliques apocalyptiques. The Universe is a plot of God Edgar Allan Poe Eureka: A Prose Poem (1848) Déjà tard mais pas trop tard À toi de voir à toi de croire Téléphone Le Jour s’est levé (1985) Le cinéma meurt demain et tu n’en savais rien. Le cinéma meurt avec toi et nul ne le saura. Comme les belles boisées endormies les films se réveillent et se raniment l’instant d’un baiser visuel. Puis ils retombent dans l’oubli qui ne nous oubliera pas. Ainsi va la cinéphilie jolie. Ainsi périssent les empires pas seulement de la tristesse crus à tort éternels. De la poussière à la pellicule et l’inverse. De l’évolution de l’espèce épuisante à la suppression de l’ensemble des données disponibles. La Terre retrouvera sa virginité avant de s’évanouir mais plus personne pour survivre et filmer le fondu au noir définitif. Déjà nous sauvegardons nos restaurations sur des supports problématiques sinon promis à la célèbre obsolescence programmée. Déjà n...

La prochaine fois je viserai le cœur

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Énigme limpide des Euménides, calvaire du Captain Marvel  de Jim Starlin. Quand je me détendrai enfin, quand je presserai la détente à deux mains, je reverrai peut-être tous les films que je vis, les mille et une vies traversées au passé, qui me transpercent au présent. Quel littéral final cut  ! Quel instantané en accéléré ! Quel furtif récapitulatif ! Je me planquerai dans l’impasse à palmiers de Pacino. Je sauterai avec Sigourney enceinte de l’étranger au creux de son brasier. Je m’écroulerai dans la rue indifférente à côté de Ventura, pauvre papillon épinglé. Car regarder un film, finalement, a fortiori fiché horrifique, s’apparente à entrevoir un accident, lent travelling avant puis latéral vers le point d’impact, la « scène du crime », la « scène primitive », la sculpture impure qui cristallise la collision et immortalise un événement évident, irréversible. Art mimétique, art funéraire, le cinéma représente le monde et la mort,...

Terminus : Divagations à propos d’un évanouissement

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The End, Ende, Fine, Fin, enfin… Puis la mention polyglotte disparut, suivie bientôt par le générique d’ouverture et/ou de fermeture. Comme si le mot de la fin littéralement ne revenait plus à l’écran. Comme si la tautologie lexicale s’ouvrait sur un infini au-delà de la salle. Comme si la liste des artisans, pas encore intermittents, n’intéressait personne si pressé de sortir du mausolée. Le rite funéraire du cinéma se passerait donc désormais d’épitaphe. La fin, a fortiori définitive, il fallait la chercher ailleurs, par exemple à Auschwitz ou à Hiroshima. Ici et là l’Histoire mit fin à toutes les histoires. Le traumatisme insurpassable mit un terme à toutes les formes d’humanisme et démontra à l’humanité sa malédiction, sinon sa disparition. Le cinéma sismographe ne pouvait pas ne pas enregistrer cette césure du siècle, abjecte, inédite et vertigineuse. Gardons-nous cependant de l’identifier en naissance de sa modernité, rappelons-nous des prouesses et des promesses du m...