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Les Morsures de l’aube

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Les crocs du vampire dans les encoches de la pellicule… Sur le vampirisme au cinéma, vaste sujet en miroir , on peut,  sans crainte ,   conseiller ces quelques titres, parmi d’autres : La Marque du vampire , film méta qui démasque Lugosi ; Hercule contre les vampires , curiosité psychédélique signée Bava ; Le Survivant , adaptation agréable mais inégale, avec l’impeccable Charlton Heston, du grand roman de Matheson ; Rage de Cronenberg, nanti d’une inoubliable Marilyn Chambers ; Les Vampires de Salem , d'après Stephen King, pour la télévision et par le drolatique Tobe Hooper ; Entretien avec un vampire , de Neil Jordan (qui remit le couvert avec Byzantium ), plutôt agréable même si l'on reste assez loin de la sensualité existentielle et tragique d'Anne Rice (le personnage de la petite Claudia métaphorisait un drame personnel) ; Dracula, mort et heureux de l'être de Mel Brooks, à rapprocher, quitte à prendre un pieu en plein cœur, du bal funèbre de Polanski ...

Le Grand Embouteillage : Dark Country

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Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre de Luigi Comencini. Ah, Stefania Sandrelli en sueur et enceinte… Belle présence des enfants, une caractéristique du réalisateur. Rappelons que  Trafic  sort en 1971 et  Crash  paraît en 1973 (Ballard ira plus loin dans la stase narrative). À rapprocher du  Fanfaron , autre radiographie nationale en voiture ; Risi filmait la vitesse du renommé miracle économique, jusqu’à l’accident fatal, Comencini l’immobilité de la crise pétrolière, justement, avec ce klaxon italien typique en trait d’union. On ne compte plus les viols dans le cinéma des années 70, de Peckinpah à Winner, d’Enrico à Yannick Bellon, en passant par Rino Di Silvestro ( La Louve sanguinaire ) et Saura. Que nous disent ces images, dans le contexte de la pornographie d’alors et du MLF ? La réponse se trouve peut-être dans  Lames  de Mo Hayder (auteur de  Tokyo , grand livre en résonance, étrangement, avec  City of Li...

Blancanieves : La Chambre verte

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Orpheline, esclave, torera , voici le joyeux et désastreux destin de Carmen, au début du siècle dernier, dans le pays des taureaux et des loups. Cette transposition ibérique du conte des frères Grimm doit sa réussite à son traitement du mélodrame, qui permet à ses belles actrices de peindre sans paroles d’émouvants portraits de femmes.      Il était une fois un réalisateur espagnol désireux d’adresser une lettre d’amour au cinéma muet européen. Hélas, il suffit de travailler sur une idée que l’on juge originale et personnelle pour s’apercevoir bien vite que d’autres s’y collèrent avant vous… Avant lui et au tournant de l’an 2000, donc, un cinéaste finlandais [1] rendait hommage au principal pionnier américain, tandis qu’un Canadien [2] , quelques années plus tôt, débutait une filmographie placée sous le signe du silence et de la texture visuelle des œuvres des années 20 et 30. Puis vint un ...