Articles

Affichage des articles associés au libellé John R. Leonetti

Les Gens de la pluie

Image
  Un métrage, une image : The Crucifixion (2017) Dix ans après le surfait Frontière(s) , Gens fait du tourisme en Roumanie, « pays des vampires et des loups-garous », où « tout peut arriver », en effet, a fortiori (re)trouver la foi, pourquoi pas. Opus prosélyte inspiré d’un fait arrivé, à défaut d’avéré, le confidentiel The Crucifixion possède un premier plan d’ incipit vidéo ludique, on le sait l’une des passions du cinéaste. L’exorcisme confine à l’exercice de style, au catalogue d’effets, spécieux plutôt que spéciaux, Ada Lupu n’en peut plus, nous non plus. Presque de l’autre côté du globe, à New York, un dialogue entre oncle et nièce se base sur les news  : voici le curé et ses acolytes arrêtés, inculpés, dans l’attente de leur laïc et médiatique procès. Bill, magnanime, remémore à Nicole l’abc de l’objectivité, la journaliste juvénile s’en fiche assez, se casse et s’envole fissa, lestée d’un maternel trauma . Sur place, le village semble ...

Ça l’affiche bien

Image
  L’affiche se fiche de foutre la frousse… Elle feint l’effroi fissa, la valeureuse Vera Farmiga, sur l’affiche française du troisième item d’une franchise me laissant indifférent, je le confesse de façon express . Alors que la version US opte en faveur d’une exposition un brin hyperbolique – « The demonic case that shocked America » –, on préfère poser ici une question pas si à la con : « Pourront-ils prouver l’existence du Diable ? », accroche peu moche de suspense à missel, film de procès, tradition étasunienne, CQFD. Le « ils » désignent bien sûr ces spécialistes ès parapsychologie, enquêteurs conjureurs, accessoirement âmes sœurs. Car à son côté, à demi dans l’obscurité, se tient le copain Patrick Wilson, dont l’inquiétude en sourdine ressemble presque à une forme de force tranquille. Conjuring : Sous l’emprise du Diable (Chaves, 2021) par conséquent un film mitterrandien ? En tout cas pourvu d’un poster en souvenir de celui ...

Joey : Contact

Image
  Histoire de désespoir ? Télémaque teuton… Avant de délivrer du spectacle à succès, par exemple Independence Day (1996) ou Le Jour d’après (2004), par mes soins esquissés, Emmerich filme en catimini et en majorité en Germanie ce mélodrame méconnu et domestique. Ouvert sur un cimetière, trépas d’un parent, achevé à la maison, décès du fiston, l’ opus pâtit certes d’un script médiocre, d’un cast ad hoc , d’effets spéciaux assez approximatifs, d’une résurrection consensuelle et concon in extremis . Néanmoins, il ne vaut pas rien, parce que d’une part sa bonne forme se tient, voire se maintient, au nez des années amoncelées, d’autre part il ne procède au hasard, s’apparente plutôt à un apologue œdipien. Emmerich rêve d’Amérique nordiste, surtout de son ciné dit de divertissement, il s’autoproduit de sa sœur Ute en compagnie, il s’acoquine aux Corman maintenant et ici, il nous narre le récit, à base d’outre-tombe téléphonie, de soudaine télékinésie, de malveillante ventr...

The Boy + The Boy 2 : Greta + Jude

Image
#MoiAussi et retour rassis… Visionnés à la suite, soirée disons de diptyque, The Boy (William Brent Bell, 2016) s’avère assez sympathique, The Boy 2 (William Brent Bell, 2020) se révèle vite anecdotique. Sans verser dans le racisme anti-TV, adouber Dawson , critiquer Mentalist , Katie Holmes & Owen Yeoman proviennent du petit écran, cela se voit, cela se sent, à chaque instant, à chaque plan. Les voici en sus desservis par un script insipide, à base de commotionné trauma , de casse-toi loin de ça, de devil doll tu déterreras, voilà, voilà. The Boy nous faisait frôler les confins de la folie ; The Boy 2 veut à tout prix établir une généalogie pas si jolie. Il s’agit, pour résumer, d’une perspective diamétralement modifiée : le premier film flirte avec le fantastique, avant que le dénouement ne se détourne en direction du thriller – le second s’autorise à l’au-delà, à la malédiction, d’ailleurs sous-titre explicite de l’intitulé français, amitiés au diaboli...

Annabelle : La Maison du mal : Panic Room

Image
Poupée pourrie ? Surprise sympa… Pour mon frère Film féminin, sinon féministe, puisque les hommes n’y font, au fond, que de la figuration, Annabelle : La Maison du mal (Gary Dauberman, 2019) mérite quelques lignes incitatives, conviviales, presque hivernales. Il s’agit, résumons, à nouveau, d’un huis clos, d’un mélo d’ados, où surmonter un trauma , accident de voiture du papa, où croiser par deux fois son quasi reflet, funeste présage d’image, où accepter l’héritage particulier de ses parents, cause de scolaire harcèlement, c’est-à-dire consentir à soi-même devenir, malgré son jeune âge, experte en paranormal, démonologue à domicile, amen . Fable familiale d’apprentissage accéléré, tout s’y passe un vendredi, malsain plutôt que sain, ce troisième volet d’une provisoire trinité précédemment évoquée – (re)lisez-moi ou pas à propos de Annabelle (John R. Leonetti, 2014) + Annabelle 2 : La Création du mal (David F. Sandberg, 2017) – possède plusieurs qualités...

Steel Trap : Réveillon chez Bob

Image
Des invités à décimer, une bande d’enfoirés dans une bande emballée à l’allemande. Toujours produit par Oliver Simon, cette fois-ci associé au vétéran Pierre David, pour Abnormal Pictures, quel sympathique intitulé, tant l’insaisissable normalité, au cinéma, au-delà, effraie, à part les présidents transparents, évidemment, Steel Trap évoque davantage, hélas, The Choke que Bloody Trails . Pareillement slasher en huis clos sur fond de vengeance féminine, co-écrit par une scénariste par ailleurs compagne du réalisateur et chanteuse de comptine accompagnée à l’accordéon teuton, le métrage accumule les étages, les couloirs, les coups de Trafalgar, sans sucrer l’ascenseur et sa cage abyssale, lieu anxiogène au moins depuis De Palma & Dick Maas. Les mecs de Spokane envahirent  une ancienne usine de pain de mie, ceux de Cologne investissent un immeuble désaffecté, glacé. Même modicité de budget, même vitesse de rédaction, d’exécution, même tarissement d’inspiration et même...

Au pays du sang et du miel : Permanence du mélodrame

Image
Cry Me a River défiait l’indémodable Julie London – invitons à « pleurer de joie », va. Mettons quatre films aimables mais mineurs visionnés en DVD ou vus à la TV durant les familiales festivités de fin d’année : Le Plus Grand Cirque du monde ( Circus World , Hathaway, 1964), Anna et le Roi ( Anna and the King , Tennant, 1999), Annabelle ( idem , Leonetti, 2014) et Annabelle 2 : La Création du mal ( Annabelle: Creation , Sandberg, 2017). Que nous disent-ils qui vaille la peine qu’on l’écrive ? Que le charmant mélodrame se porte « comme un charme », qu’il ne cesse de traverser les « genres » – au ciné n’existent que des imageries, n’en déplaise aux adeptes de la perspective « genrée », esthétique ou politique – de la comédie dramatique, du film historique, du film d’horreur et les décennies de leur distribution, qu’il constitue non pas un sous-genre en soi, double acception dépréciative comprise, mais bel et bien une s...