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Affichage des articles associés au libellé Guy Casaril

Un coup de dés jamais n’abolira le nanard

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  Exils # 77 (29/01/2025) Louise démissionne comme John (Carter), secrétaire licenciée à l’insu de son plein gré. Jusqu’ici elle faisait bouillir la marmite, pas seulement de spaghetti à table servis, elle rapportait du fric ; elle va désormais en dépenser, héritage de tantine itou. Le couple d’entourloupe et ses fistons concons viennent d’emménager dans le quatorzième, le mari archi(tecte) et motard ne détecte néanmoins la fissure du foyer que trop tard. Avant de lui filer une gifle, il glissait sa main entre ses cuisses, aux « bas de soie », voyez-vous ça. Avant que le pauvre homme ne déconne, ne coule son propre cabinet inauguré, n’apprenne plongé le japonais, il invitait sa moitié à se réinventer, pratiquer de multiples activités, ne pas perdre son temps en mode Jean-Claude Romand. Pourtant la peinture coûte que coûte – y compris le portrait coloré de la domestique dite de couleur, fumeuse et danseuse – ne produit que des croûtes, dont se débarrasser sans se r...

L’Enfant à la voix d’or + Piaf : Respect

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  Oiseaux en stéréo, « précarité » repoussée au micro…   Après la parole suprême ( Ordet , Carl Theodor Dreyer, 1955), la « voix humaine », en écho, à la Cocteau, se donne à voir et à entendre, se met en scène et se médiatise, devient vite un vecteur poétique et politique ( L’Enfant à la voix d’or , Antonio del Amo, 1957 + Piaf , Guy Casaril, 1974). Via un vocaliste franquiste, une maman avec enfant, elle identifie l’individu, sur scène, dans la rue, l’expose au public, aux parents, aux habitants, aux femmes à leurs fenêtres, monnaie lancée de modeste gynécée. Elle crée par conséquent du « lien social »,   musical. La musique, ici, adoucit l’humeur des auditeurs, amenuise provisoirement le malheur. Il s’agit ainsi d’un miracle laïc, d’une épiphanie acoustique, instant d’apaisement, immobilité adoubée, l’oreille collée à la radio, ou sororité instantanée, aussi improvisée, à l’image du ramage, rappliquée illico . Si la technologie l’espace ...

Joy et Joan

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  Un métrage, une image : Émilienne (1975) On se vouvoie, chez ces gens-là. On se préoccupe d’art, nul hasard. On possède de l’argent et du temps, cependant on ne prend point d’amant, plutôt des amantes et guère marrantes. On glisse avec un soupçon de malice du saphisme vers le triolisme, mariage-ratage de ménage à trois et à outrage(s), dommage. Un enfant n’affole, indiffère sa mère ; à l’ultime instant, l’épouse paraît pardonner, (re)monte l’escalier : la promesse souriante d’une troisième chance ? Dans le méconnu Émilienne , commis par Guy Casaril, on reconnaît Claudine Beccarie, la vraie-fausse Cosette du presque exceptionnel Exhibition (1975) de Jean-Claude Davy, on s’émeut aussi et surtout de la présence permanente de Betty Mars, à laquelle je consacrai en début d’année quelques lignes non nécrophiles, néanmoins énamourées. En partie écrit par Éric Losfeld, entre autres rôles l’éditeur d’un certain Emmanuelle , à moitié musiqué par feu Nino Ferrer, mon...

Yvette

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  En mémoire de Betty Mars (1944-1989)… Découverte par votre serviteur via Vive la France (1974), dont le documentariste Audiard détournait à dessein son succès Monsieur l’étranger , Betty Mars à l’Eurovision de 1972, alors vêtue d’une robe improbable, les bras en croix, la France représenta, fit quatre fois du cinéma, en Esmeralda chez le Michel supra ( Bons baisers… à lundi , 1974), en vocal, voire idéal, duplicata du Piaf (1974) de Guy Casaril, petit biopic passé à la trappe, pourtant écrit par le romancier Marc Behm, pas encore adapté par Audiard père & fils pour le Claude Miller de Mortelle randonnée (1983), où la rarissime Brigitte Ariel en douce elle doubla, en séduite lesbienne du Émilienne (1975) dû au même, méconnu ménage et mariage à trois, chez Lelouch à l’occasion de Si c’était à refaire (1976), thème idem de Barouh & Lai partagé avec Françoise Hardy, oui-da, par la danse, le cirque, la revue débuta, dans des cabarets chanta, un disque dédié à la Ré...