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Affichage des articles associés au libellé Juan López Moctezuma

Heli : From Hell

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Amat Escalante. Comme Irréversible , Heli commence par la fin, plus exactement par le milieu ; comme Irréversible , il s’apparente à un voyage au bout de la nuit vers une possible lumière. Les deux films s’achèvent sur deux femmes violées, allongées, ensommeillées, mais l’Alex de Noé ignore encore l’enfer qui l’attend, tandis que l’Estela d’Escalante cherche à l’oublier durant une sieste sur canapé à côté d’un bébé (son neveu), à peine troublée par un souffle d’air venu d’une fenêtre aux allures de cellule. Depuis la chambre, on entend les ahanements des amants-parents, peut-être réconciliés, en tous cas réunis au lit, après la justice expéditive, définitive, en steadicam et surcadrage en mode La Prisonnière du désert , de Heli parti venger sa sœur mutique et néanmoins dessinatrice (de plan éclairant). Au début, donc, une camionnette transporte le protagoniste groggy et le flic naïf en p...

We Are the Flesh : Carne

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Emiliano Rocha Minter. Brutal et sentimental, Tenemos la carne (possession et non identification, a contrario de l’intitulé international), fait penser à du Gaspar Noé délocalisé à Mexico, où ne sévit plus le chanteur homo de Luis mais un certain Mariano, ermite lubrique et père pervers. Un beau jour, Fauna & Lucio (surnommé Lucifer par sa sister , Skeletor par l’ogre « romantique ») s’invitent dans son appartement en ruines, au décor de déliquescence calqué sur le cabinet des jumeaux-gynécos de Cronenberg ( Faux-semblants , autre conte d’utérus et de triolisme). De la nourriture et un abri, d’accord, il va falloir cependant bosser, les enfants (errants), édifier une grotte en bouts de bois, emballages d’œufs et chatterton à foison. Dans cette caverne molto utérine, très peu platonicienne, quoique, nos trois protagonistes vont pouvoir se livrer à une sorte de cérémonie secrète ...

Alucarda, la hija de las tinieblas : Le Couvent

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Une jeune veuve à la chevelure préraphaélite nous invite à écouter les voix du passé… Voici un grand petit film d’hystérie collective, autant féminine que masculine, à faire passer fissa Les Diables de Ken Russell pour un aimable modèle de mesure cartésienne. Le découvrir (en onirique VO postsynchronisée) une quarantaine d’années après sa sortie controversée, oubliée puis louée en culte déviant, dans une sorte d’effet miroir de l’argument, revient à contempler, souriant et sidéré, un inconscient national à ciel ouvert, dans le double huis clos de l’écran et d’un couvent. Juan López Moctezuma non seulement sait se servir d’une caméra – remarquable panoramique circulaire à 360° sur l’assemblée au bord de la crise de nerfs, assemblage virtuose de monologues ou d’arias – mais encore il implose les limites de son budget, deviné étriqué, autant que celles de la bienséance, au cinéma et au-delà. Œuvre de son époque, Alucarda, la hija de las tinieblas peut faire penser aux happenin...