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Affichage des articles associés au libellé Debra Hill

New York 1997 : Manhattan

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de John Carpenter. À revoir en VO New York 1997 (1981), on s’aperçoit qu’il prévoit les « migrants » et le « 11-Septembre », qu’il séduit aussitôt grâce à la constance de son élégance, qu’il s’avère un survival cynique. Tout le monde le croit mort, à tort, cependant l’erreur révèle la vérité du soldat salué, du braqueur de banque à collègue et coincé (façon Subway , Besson, 1985), du messie menacé – Snake Plissken respire à peine, il observe davantage qu’il ne s’active, il suit, menotté, contaminé, la « ligne orange » du programme imposé, le compte à rebours sans détour. Dante possédait un guide dénommé Béatrice ; le mercenaire en sursis marche à côté de Maggie. «  A Debra Hill production », Escape from New York limite la bien-aimée Adrienne Barbeau à un rôle mutique, au décolleté certes éloquent, surtout après le valeureux véhicule de Fog (1980). Toutefois l’actrice...

Prince des ténèbres : Antichrist

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de John Carpenter. A priori inspiré par un mauvais rêve de la regrettée Debra Hill, naguère partenaire personnelle et professionnelle du réalisateur, ici aussi portraiturée suivant votre serviteur ; en partie porté par Lisa Blount, actrice douée, productrice de court oscarisé, décédée à la cinquantaine dans des circonstances indéterminées, Prince des ténèbres (1987) se situe ainsi sous le signe d’une Eurydice disons dédoublée, elle-même au récit a fortiori reflétée, puisque deux femmes franchissent en sacrifice la surface de la glace, plongent en paire parmi l’antimatière. Le huis clos eschatologique carbure à la physique quantique et manie le mythe, antique ou christique. Carpenter installe une stase, conduit au climax , achève via une ouverture. Prince des ténèbres se préoccupe donc de communication, de contamination, d’incarnation, de « substance » et de « malveolence », dixit le ...

Halloween : Jason X

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Revenir à Haddonfield ? Presque « trop vieux pour ces conneries », hein, Danny ?   J’aime Jamie Lee Curtis et j’aime John Carpenter, mais cette bande-annonce fait peur, et pas pour de bonnes raisons, non, non, non. Co-produit par JC et le petit épicier à succès Jason Blum, responsable des lucratives pitreries de  Paranormal Activity , le film signé David Gordon Green (Inferno) – qui ça ? Ah, oui, le mec derrière la caméra pour le dispensable  Joe  avec Nicolas Cage – paraît un redoutable concentré de gérontophilie à main armée, de jeunisme décérébré, de révisionnisme narratif,  exit  le lien familial au filigrane incestueux unissant Laurie Strode & Michael Myers. Cela ne te suffit point, amateur d’horreur ? Voici en Scope un couple d’enquêteurs casse-couilles à la  Conjuring , à l’accent britannique exotique, voilà un asile géométrique, vrai-faux échiquier au centre du bâtiment d’insanité, un meurtre de toile...

Halloween III : Le Sang du sorcier : Tommy

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Le début de la fin, pour un opus qui ne laisse pas sur sa faim… Resservir aujourd’hui la célèbre citrouille de Carpenter ? Goûtons plutôt au potiron de Tommy et tant pis pour celui de Russell (Ken, pas Kurt). Halloween III : Le Sang du sorcier (1982, plaisante allitération française) commence comme En quatrième vitesse (Aldrich, 1955), en possède la saveur eschatologique. Fin octobre, un homme court en Caroline du Nord, traqué dans la nuit (américaine) de Dean Cundey, l’autre grand « prince des ténèbres » (des années 80) après Bruce Surtees (sévissant aussi durant les années 70) ; on ne dira jamais assez combien la filmographie de John C. doit au talent flagrant du directeur de la photographie. Il parvient à se débarrasser de son poursuivant motorisé, robotisé, au sein d’une casse, cimetière d’épaves à la Street Trash (Muro, 1987), nécropole sur roues du « rêve américain » au point mort ( Christine sortira un an plus tard, en 1983). Dans une...

Le Procès de Viviane Amsalem : Le Grand Pardon

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Ronit & Shlomi Elkabetz. Si c ’ est fichu Entre nous La vie continue Malgré tout. Michel Delpech, Les Divorcés Biographie (familiale), contexte (sociétal), état des lieux (du procès vers le procès-verbal) : tout ceci importe, bien sûr, mais ne saurait suffire à expliquer, encore moins épuiser, la force du film, dernier volet d’une trilogie à la suite de Prendre femme et Les Sept Jours , ultime métrage (des deux côtés de l’objectif) de Ronit Elkabetz, comédienne francophile au générique des titres de Fanny Ardant, André Téchiné ou Pascal Elbé, hélas « prématurément » décédée d’un cancer en avril de cette année. On peut certes aussi penser à Cassavetes (théâtralité, féminité, masculinité, oralité, héritage culturel sudiste commun, la Grèce finalement pas si lointaine d’Israël), voire à Dreyer, Preminger et Clouzot (les fascinantes femmes accusées du Procès de Jeanne d’Arc , Anat...

La Colline des hommes perdus : In Memoriam of Debra Hill

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Détruire, dit-elle , affirmait Marguerite Duras ; produire, plutôt, si l’on en croit le riche parcours de la regrettée Debra Hill… Que reste-t-il d’une carrière de productrice ? Quels souvenirs de vous demeurent après votre disparition définitive, le corps ravagé par un ennemi interne ? Quelles traces ne s’effacent dans la mémoire et le cœur de cinéphiles sentimentaux, pas uniquement hexagonaux, qui firent pour partie leur éducation (flaubertienne ou autre) au cinéma dit d’horreur ? Debra Hill, on le sait, produisit La Nuit des masques (sa naissance à Haddonfield, la ville de Laurie Strode, l’aida un peu, sans doute) et Dead Zone , deux sommets passés conservant une insolente jeunesse, deux mélodrames d’ Americana cristallisant brillamment le caractère anxiogène des banlieues résidentielles juvéniles (Tim Burton, adolescent, sculpte son gazon au coin de la rue) et la subjectivité métaphorique (Johnny Smith en voyant, en artiste, en martyr, en schizophrène) d’un Chr...