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Affichage des articles associés au libellé Francesca Archibugi

L’Odysseydou

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  Exils # 17 (29/01/2024) Voici la vie dure du pourtant prénommé Seydou. Commencé sur un sommeil malmené, à cause d’une sœurette guillerette à la perruque suspecte, de ses amies en chorale bancale réunies, l’ultime film du réalisateur des recommandables Gomorra (2008) et Dogman (2018), du dispensable a priori Reality (2012) se termine sur un plan presque poignant, visage souriant et larmoyant du capitaine d’opérette, repéré en pleine mer, surplombé par un sécuritaire hélicoptère, accord de contraires à la John Woo itou. Du rêve au réel, le prix à payer s’avère vite élevé, traversée du désert mortuaire et suspension en vraie-fausse prison incluses, comme si le Leone du Bon, la Brute et le Truand (1966) croisait la (dé)route du Pasolini de Salò ou les 120 Journées de Sodome (1976). « Naïf » adolescent de seize ans, dixit sa maman se démaquillant, de tout son cœur le recadrant, notre Candide du Sénégal ne songe qu’à se faire la malle, histoire d’aider la précitée, e...

Chère Martha : Les Yeux plus gros que le ventre

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Sandra Nettelbeck. Débutons par l’addition : un régal cordial, pour les fanas de Martina, dont moi, mais pas une seule seconde de cinéma, dans cet insipide plat. Presque présente à chaque plan, du tout premier, en plongée, au tout dernier, amusée, Martina Gedeck entraîne de manière jamais suspecte, anime un téléfilm fadasse, co-production en partie transalpine, ponctuée de clichés à la louche, culinaires et identitaires. Elle incarne une cuisinière sur les nerfs, une control freak , la bande-annonce dixit , à la maternité malaisée, pas de liesse de la part de sa nièce, fissa orpheline (puis fugueuse). Enfin, pas tout à fait, son géniteur-camionneur au grand cœur, guère au courant de sa naissance, depuis longtemps séparé de la sœur décédée, prénommé Giuseppe, finit par se manifester, par la ramener à sa maison aux touristiques airs toscans. Auparavant, le « deuxième chef de la ville » doit partage...

Une femme libre : Sandrine Bonnaire, aujourd’hui et hier

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Petit croquis d’une actrice atypique… On pardonnera toujours beaucoup à Sandrine Bonnaire, notamment d’avoir soutenu, naguère, une certaine Martine Aubry, incarnation exacte, sinon caricaturale, dans l’arrogance de son incompétence, d’une large part du socialisme français contemporain (que « ces gens-là », comme persiflait Thierry Le Luron en Jacques Brel, osent encore se dire de gauche relève de l’abus de langage et paraphe une imposture politique). Certes, elle épousa un acteur célèbre (William Hurt, excellent chez Ken Russell, Michael Apted, Héctor Babenco ou David Cronenberg , il participera d’ailleurs à la première réalisation fictionnelle de son ancienne compagne, J’enrage de son absence ) et un scénariste renommé (Guillaume Laurant, alter ego de Jean-Pierre Jeunet) ; bien sûr, elle cumule deux César, une Coupe Volpi vénitienne, on la vit là-bas à la Mostra puis à Deauville et Beaune, trio de festivals sous le signe de l’Italie, de l’Amérique et du polar...

Mauvaise graine : Frères de sang

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Travailler fatigue , affirmait le suicidaire Cesare Pavese ; sans doute, surtout pour des salaires de misère, cependant que vivre en hors-la-loi ne conduit qu’au trépas (« chez soi »)… Voici donc une tragi-comédie commise par Claudio Caligari (bouclage de trilogie), amicale et anémiée, sise à Ostie (une pensée pour Pasolini) au milieu des années 90, sur fond de drogue, colère, dégoût, amour, rédemption, chantier, normalité, famille recomposée, braquage au fusil déchargé, mort et naissance. Délinquants pas méchants ( Non essere cativo , incitent le titre en VO et la devise sur le t-shirt de l’ours en peluche), presque frères ou amants, ces vitelloni récompensés à Venise, salués par la critique transalpine, comme un double hommage au peu productif réalisateur décédé à la soixantaine, hésitent entre le naturalisme (sociologie du bord de mer automnal, de la came passant des pilules à la coke puis à l’héroïne) et le mélodrame (gamine malade bientôt nièce décédée, s...

Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel : À la rencontre de Francesca Archibugi

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Une venue attendue et un univers à redécouvrir… Sólveig Anspach, Kathryn Bigelow,  Antonia Bird,  Liliana Cavani, Shirley Clarke, Jodie Foster, Ann Hui, Naomi Kawase, Mary Lambert, Sondra Locke, Ida Lupino, Jennifer Lynch,  Mira Nair,  Christine Pascal, Leni Riefenstahl (hélas), certaines que nous apprécions, au hasard de la mémoire, parmi beaucoup de consœurs derrière la caméra : à défaut de faire tourner (rond) le monde, de lui conférer « son équilibre et son harmonie » (Truffaut, L’Homme qui aimait les femmes ), le sexe supposé faible ne se priva jamais de le saisir. Contrairement à la confortable légende doloriste de la « discrimination » – valeur majeure du travail des monteuses et des scriptes, réelles difficultés d’accès à la profession (des professionnels) corrigées par les modifications des représentations sexuées –, elles surent souvent s’attacher à des thématiques « transgenres » et peindre de subtils, tendres et imp...