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Affichage des articles associés au libellé Mack Sennett

Princesse Tam Tam

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  Un métrage, une image : La Sirène des tropiques (1927) Dépourvue de la présence précieuse de son interprète principale, cette exhumation, désormais hors-saison, se résumerait à un soigné, estimable, mélodrame sentimental et racial, rajouteraient les Ricains, n’en déplaise à l’égalitarisme républicain. Doté de la beauté, de la sensualité, de la vitalité, de la disponibilité, de la bonne humeur, de la douceur et du cœur de Joséphine Baker, le métrage d’un autre âge, du temps des colonies, presque complexe et tout sauf joli, prend, de toute évidence, une dimension différente. Assisté d’un certain Buñuel, bientôt au boulot sur Un chien andalou (1928), toujours assorti du suicidaire Batcheff Pierre, Étiévant entrecroise de Mallet-Stevens l’Art déco, la valeureuse « sauvagerie » de Rousseau, l’exotisme selon Dekobra, le drame mondain à la Bernstein. Tout ceci, ainsi dit, semble beaucoup, au vu du contexte surtout, car La Sirène des tropiques se passe en partie au...

The Extra Girl : Le Trou normand

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Liesse de « natural born actress » + oignons et pognon… À Hélène Marchand, accueillante et résistante Aimable et amusant mélodrame familial et méta, The Extra Girl (F. Richard Jones, 1923) permet de (re)découvrir une actrice drôle et tendre, presque poignante. Pionnière et populaire, issue de parents appartenant à la classe ouvrière, Mabel Normand commença en modèle, fit un tour chez Griffith, escorta Mack Sennett, dirigea le juvénile Chaplin, devint la partenaire professionnelle et personnelle de Samuel Goldwyn, l’amie de Mary Pickford, posséda son studio, sa société de production, subit deux ou trois scandales, se drogua un chouïa, dit-on, puis décéda vers le mitan de la trentaine, victime d’une épidémie de tuberculose US, hollywoodienne, qui emporta aussi le supra réalisateur, quel malheur. Comédie douce-amère, de désillusion, de dessillement, The Extra Girl , produit Sennett oblige, déploie un peu de slapstick , au propre et au figuré, notez le bâton d’occa...

Sept ans de malheur : Le miroir se brisa

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Moustache en stéréo, papa par procuration de Charlot, trésor transnational bancal… Dans le miroir de Max Linder, auteur/producteur/réalisateur lui-même divisé, en acteur renommé, en personnage homonyme, pas de vrai fantôme, seulement un faux reflet, une réplique infidèle, une apparence d’évidence, entre ressemblance et désobéissance, celle d’un domestique mimétique, remarquable Harry Mann. Morceau de bravoure vite deviné, érigé sur du verre brisé, sur une symétrie jolie, la célèbre scène du rasage, salut au sanglant Scorsese ( The Big Shave , 1967), s’étire et cependant ne rase jamais, se conclut sur un coup d’éclat, nouvelle glace remplacée fissa, cette fois-ci fracassée par le friqué dessillé himself , en haut-de-forme, au matin plus très en forme, après sa soirée alcoolisée, d’adieu au célibat, les gars. Le futur marié peut tanguer, confondre placard et fenêtre, la caméra ne flanche pas, accumule les figures géométriques millimétrées, par exemple, tout premier plan, cercle...

Les Compagnons de la nouba : Ma femme s’appelle Maurice

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de William A. Seiter. Stanley Kubrick connaissait-il Sons of the Desert (1933) ? La première scène domestique surprend, présage presque Shining (1980) : Oliver énonce le dicton de Nicholson sur le travail, le jeu, l’ennui de Jack et Lolly, sa compagne tout sauf à la Wendy, le menace d’une lame maousse, énamourée de dépaysement montagnard. Ainsi va le cinéma, ainsi la cinéphilie établit des correspondances amusantes, inquiétantes, la transposition du roman de Stephen King elle-même à savourer en comédie noire, marque de fabrique du cinéaste sarcastique et sentimental. Formé par Mack Sennett, ensuite employé productif chez Universal & RKO, Seiter ne possède point le formalisme de son compatriote, sa mise en forme fonctionnelle ne comporte qu’un plan bienvenu à la grue, lorsqu’un représentant de la compagnie maritime s’adresse aux proches des victimes. Sinon, l’action se situe in situ , entre les trois murs de...