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Affichage des articles associés au libellé Sam Raimi

Panique celtique

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  Exils # 143 (20/11/2025) « T’es pédé ou quoi ? » demande Depardieu à Perez : question de bon ton, désormais démodée, merci au moralisme cinématographique, à la police du lexique, dont le pronom indéfini importe plus que l’épithète obsolète. Diptyque de répliques explicites : « L’amour c’est la merde », toujours du junior , « Ils jouent à un drôle de jeu ces deux », observe avec justesse un flic à l’écoute. Comédie noire souvent desservie par sa forme de téléfilm, TF1 co-produit, l’incontournable Canal+ aussi, Le Pharmacien de garde (Veber, 2003) connut l’échec économique et critique. Alors âgé de trente-sept années, le fils de Francis mit une décennie à s’en remettre, remit le couvert sur un script assez similaire, puisque Bipolar (2014) a priori revisite de Hyde & Jekyll, tourné aux States , sa nation de formation, inédit ici. Autrefois assistant sur La Chèvre (Veber, 1981) et acteur dans Les Fugitifs (Veber, 1986), ensuit...

Ma petite entreprise

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  Mouron de Pathé Gaumont, devancier d’UGC… Passée inaperçue du public post -pandémique, l’ouverture du capital du groupe CGR Cinémas, comprendre sa « mise en vente de l’ensemble », se voit dotée d’un dossier d’actualité, dénué de la moindre malice, paru parmi la revue professionnelle Boxoffice , dont la une, reproduisant l’affiche de Doctor Strange in the Multiverse of Madness (Raimi, 2022), suscite aussitôt un titre alternatif, dédié à l’étude de l’étrangeté des multiplexes, de leur folie (pas si) inoffensive. À lire l’entretien du DG serein Bouyssy Jocelyn , tout va très bien, marquise, en dépit d’une « crise » qui s’éternise, d’un écosystème français en train de se métamorphoser, à la vitesse grand V, cf. illico l’édito. De La Rochelle à La Ciotat, d’aujourd’hui à autrefois, le succès, insolent ou stimulant, ne s’arrête pas là, se diversifie fissa. De père en fils, sous l’égide d’un ex -« opérateur projectionniste », on s’occupe donc de restaur...

La Renarde

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  Un métrage, une image : El ojo del huracàn (1972) Le vaudeville au vitriol s’ouvre sur un joli générique Art nouveau, graphisme Vertigo (Hitchcock, 1958), musique du maestro Piero ( Piccioni ), voix valeureuse de Shawn Robinson . Co-écrit avec Rafael Azcona, collaborateur de Ferreri & Saura, co-éclairé par Alejandro Ulloa ( Photo interdite d’une bourgeoise , Ercoli, 1970), décoré par le méconnu mais bienvenu Giorgio Marzelli, co-produit par l’Espagne et l’Italie, par la propre société du principal intéressé, tourné sur la côte azurée, adriatique, chic, porté par deux couples, argentin, européen, Analía Gadé & Rosanna Y(Gi)anni, Tony Kendall & Jean Sorel, ce métrage d’un autre âge, dû au papounet de la récemment suicidée Verónica, un peu vite réduite à Kika (Almodóvar, 1994), la vie duplique l’art, dare-dare, rappelle et renouvelle Les Amants passionnés (Lean, 1949). Ruth, artiste héritière, assume l’adultère, se sent aussi suicidaire, décide, in...

Bunker Palace Hôtel

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  Un métrage, une image : Gehenna: Where Death Lives (2018) Pourvu d’un sous-titre choc et chic, ce premier film d’un admirateur d’Osamu Tezuka, spécialiste des effets spéciaux et character designer adoubé, car Hiroshi Katagiri bossa pour Stan Winston, Steven Spielberg, Guillermo del Toro ou Sam Raimi aussi, carbure à une malédiction de colonisation, à la culpabilité décuplée, accessoirement aux couloirs de mouroir. Une petite équipe en quête de touristique, d’exotique, se retrouve vite à l’intérieur d’un bunker, d’un tunnel tout sauf of love , Bruce Springsteen en déprime, idiotisme itou classé X, lexical, anal. Pas de sexe ici, tant mieux, tant pis, juste le passé jamais (tré/dé)passé, qui ressuscite et resurgit, puisque sous le paradis et la plage s’agitent la guerre et la rage. Muni d’un caméscope ad hoc , notre team antihéroïque se fait affoler fissa, souviens-toi, selon un paradoxe temporel cohérent et cruel. Commencé comme Les Yeux sans visage (George Fra...

Sanctuaire

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  Un métrage, une image : La Dernière Maison sur la plage (1978) Matrice apocryphe de L’Ange de la vengeance (Ferrara, 1981), lien malsain entre La Dernière Maison sur la gauche (Craven, 1972) et La Maison au fond du parc (Deodato, 1980), l’ opus de Prosperi, ancien assistant et scénariste de Bava ( Hercule contre les vampires , 1961, La Fille qui en savait trop , 1963), se soucie aussi du Sanctuaire de Faulkner et de féminisme radiophonique. Aucun Requiem pour une nonne ici, même si ça sévit sec et ad hoc ça cartonne. Insuccès en salle, situé au sein du cadre hédoniste et estival d’un éden infernal, exit le sombre « gothique sudiste » des Proies (Siegel, 1971), La settima donna , titre numérique explicite, presque biblique, ne pouvait pas être produit ailleurs qu’en Italie, parmi ce territoire alors terroriste, terrorisé, molto catho. Belle gueule d’ange déchu, Aldo braque une banque, en partant descend une passante, avec ses acolytes se casse en DS, i...

Discount

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  Un métrage, une image : Intruder (1989) Unité de temps, de lieu, d’action et toutefois nulle tragédie à l’horizon ; huis clos de supermarché, où se faire subito presto dessouder, mais le Romero anticonsumériste de Zombie (1978) dormait sur ses deux oreilles et dans son lit. Ami de Sam Raimi, avec son frérot ici en court catimini, scénariste de Evil Dead 2 (1987) et La Relève (Eastwood, 1990), producteur pour Roth l’exécuteur ( Hostel + Hostel, chapitre II , 2005-2006), Scott Spiegel affiche un slasher à la truelle, presque à la poubelle, où Bruce Campbell & Greg Nicotero accomplissent des caméos, où la fifille de Martin Sheen trépasse la première, où Lawrence Bender, régulier partenaire financier, bientôt, d’un certain Quentin Tarantino, joue de police les officiers. Résumons la situation, tournée sur place, faisant du surplace : les employés concernés, consternés, d’abord licenciés, se voient vite et à la suite envoyés ad patres plutôt qu’au Pôle em...

Chasse à l’homme : Le Grand Carnaval

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  Mascarade en Louisiane… Avant le western atomique de Broken Arrow (1996), voici celui, un brin bakhtinien, de Chasse à l’homme (1993). Le cinéaste passe ainsi de l’Asie aux USA, de Hard Boiled ( aka À toute épreuve , 1992) à Hard Target et son épilogue over the top , rigolo et virtuose. Pas de colombes au firmament de La Nouvelle-Orléans ? Une poignée de pigeons les remplaceront. L’exilé de son plein gré filme sa fusillade finale de brillant ballet avec plusieurs caméras, cela se voit, non pas à la mode américaine, classique, d’antan, pour se « couvrir », se donner (à monter) du champ, via la variété des (angles) plans, plutôt par personnalité, intrépidité, générosité. Ce qui aussitôt séduit, durant cette séquence délestée de violence, puisque leçon de sa représentation, nuance, outre son énergie jolie, sa lisibilité assumée, le beau boulot du directeur photo Russell Carpenter, collaborateur de Cameron, oscarisé à l’occasion de Titanic (1997), la maîtr...

Evil Dead 3 : L’Armée des Ténèbres : Necronomicon

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Ulysse discount , retour à rebours… À la mémoire de Honor Blackman (1925-2020) Pour mon frère Un film s’identifie (de) lui-même : l’arythmie et la schizophrénie de Evil Dead 3 : L’Armée des Ténèbres (Sam Raimi, 1992) se manifestent dès le tout premier plan, enlisement de lent commencement, ensuite durant la scène du drolatique et multiple dédoublement, à base de miroir bien sûr brisé, guère à la Gulliver, quoique. Tout cela rappelle Superman 3 (Richard Lester, 1983), autre ratage d’un autre âge, dans lequel, intéressant scandale, à la Jekyll & Hyde, Clark Kent, exposé à de la kryptonite trafiquée, se divisait, s’auto-affrontait, au creux d’une casse dégueulasse, symbolique cimetière du rêve américain motorisé. Tandis que le messie US faisait mumuse avec l’égoïsme, l’infantilisme, l’alcoolisme, accessoirement la libido , la dépression et la culpabilité, en oubliait de se raser, mince, Ash Williams effectue un parcours contraire : certes solitaire, caract...

Crocodile Dundee : Subway

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Avoir ou prendre un ticket , dans la « Grosse Pomme » ou à Sydney… Titre anecdotique, néanmoins sympathique, voire l’inverse, Crocodile Dundee (Peter Faiman, 1986) possède une ( happy ) ending digne d’être souvenue, saluée. Non seulement celle-ci relit/revisite et renverse les retrouvailles/funérailles du tandem myth(olog)ique d’Eurydice & Orphée, dix mille fois mieux que l’imbuvable Monsieur Luc Besson, publicitaire pour la RATP à néons très cons, mais elle constitue de surcroît une modeste, mémorable leçon de cinéma. Cette séquence repose sur un double suspense , puisque le spectateur craint pour la course, redoute la rame. Après un petit papotage entre le portier (de jour) et Mick parti « randonner » (« walkabout », clin d’œil inconscient, quoique, au film homonyme de Nicolas Roeg, autre conte sur la rencontre des cultures, sorti en 1971), surgit Susie, élégante, impatiente, détentrice du gros couteau à la Rambo, symbole phallique (et co...

Histoires de cannibales : Scary Movie

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Grosse bouffe et pas le temps de dire ouf. Le deuxième film de Tsui Hark, sorti en 1980, se termine par l’une des images à la fois les plus affreuses et généreuses du cinéma chinois de ce siècle-là. Le réalisateur offre littéralement son cœur au spectateur, qui n’en demandait pas tant, que le don, sinon le ton, indifféra. Comédie horrifique et accessoirement satire du communisme, Histoires de cannibales demeure trente-huit ans plus tard un film définitivement fou et radicalement rationnel. Non seulement le cinéaste signe une œuvre d’une vitesse impensable selon l’étalon d’action hollywoodien, où chaque plan, presque au bord de l’hystérie, conserve une clarté remarquable, une lisibilité ludique, surtout lors des affrontements cycliques, mais en en sus il s’inscrit dans le sillage d’un cannibalisme d’époque et dialogue ainsi avec Zombie (George A. Romero, 1978) puis le parfait contemporain Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato). Moins méta que l’Italien, le Hongkongais rejoint...