Articles

Affichage des articles associés au libellé Paul Vecchiali

Change pas de main : Monamour

Image
  Baiser, se faire baiser, « se soumettre », se faire mettre, turpitudes de solitudes… Cinéaste cinéphile, Vecchiali délivre un mélodrame maternel et « romanesque », au féminisme à main armée assumé. Il s’agit aussi d’une réflexion en action(s) et à l’accordéon, (re)voilà Azzola, en particulier pendant la coda conçue comme une bande-annonce rétrospective, à propos de la pornographie, disponible désormais sur un site spécialisé, quelle (cruelle) logique ironique. Dommage pour Dietrich & Sternberg ( Shanghai Express , 1932), on songe davantage au doux-amer Fassbinder et in extremis à Melville, puisque aube idem livide, à reflet refusé. Au sein (malsain) de ce récit à multiples péripéties, à base de chantage à tous les (bas) étages, sans omettre un zeste d’inceste à « Domino » marteau et un clin d’œil à Manon Lescaut , Howard Vernon s’y colle, où défilent une « détective juive » intuitive et intrusive, un gradé d’Algérie en cercueil et fauteuil,...

Les Demoiselles de Rochefort : Le Parfum d’Yvonne

Image
  Des chants d’antan, maintenus maintenant… Contraste et concordance : malgré du métrage la grisante immanence, Yvonne & Maxence n’apprécient le présent ni n’en font l’expérience. La cafetière, pas encore en colère, à cause des contemporaines mesures de fermeture pseudo-sanitaires, molto totalitaires, du passé prisonnière s’avère ; l’artiste au service militaire se projeter préfère, peintre épris d’une introuvable et pourtant à proximité tendre et chère. À nouveau portuaire, alors solaire, sise place Colbert, en dialogue à distance et en réponse à succès à Lola (1961), La Baie des Anges (1963), Les Parapluies de Cherbourg (1964), la mélancolie de Demy irradie, déploie en duo à deux voix le géométrique et le mélodramatique, au sens certes étymologique. On sait, via un aveu de l’intéressé, ou le souvenir de l’ami Paul Vecchiali, que le marin amoureux d’une image idéale devait d’abord terminer sous les roues du camion des forains pas un brin durassien, quoique, mai...

La Dernière Séance : Le Cinéma au cinéma

Image
Poe philosophait sur l’ameublement ; en équilibre sur un accoudoir grenat, des remarques sur l’espace cinéphile… Le monde ne suffit pas, jamais ne suffit ni ne suffira. En ce début de nouveau millénaire, les ombres de la caverne platonicienne continuent à s’animer. Certes, nous ne les prenons plus pour la réalité, mais de toutes nos forces désabusées, nous voulons être abusés, de tout notre cœur politique brisé, nous souhaitons avec impatience qu’elles s’y substituent. « C’est le lieu » affirme le laconique chauffeur de la locomotive du génocide, et la cartographie spectrale du désastre établie par Lanzmann, malgré ses neuf heures épuisantes en rime aux neufs mois de gestation de la bête immonde, malgré ses rediffusions TV au-delà de minuit, le créneau idoine des films d’horreur et de la pornographie, ne peut se dérouler qu’ici. De quel lieu parle-t-on exactement ? Le lieu des fantômes, la matrice-tombeau d’Artaud, aux sièges profonds ...