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Affichage des articles associés au libellé Peter Faiman

Le Clan des clandestins

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  Exils 90 (28/02/2025) L’identité, surtout celle d’un exilé, ne tient à rien ou à peu, à une couleur ou à une coupe de cheveux. Lorsqu’en coda Nino revoit Elena, on ne la reconnaît presque pas, son front dégagé durcit ses traits. L’Italien toujours sur le point de partir, de revenir, ô gare, ô désespoir, arbore une crinière bicolore, un pansement blanc, des cicatrices sombres : peu de temps avant, il fracassait sa face dans un miroir de bar, sillage de match de foot à la TV, de supporters insultant l’équipe transalpine (« pourris » et « chiens » parce qu’ils le valent bien), de méprise homophobe (« Je ne suis pas une tante » qu’il se lamente). Si le blondinet adore d’abord l’imposture de sa teinture, paraît enfin trouver sa place et trouver grâce auprès des indigènes germanophones, gueule parmi la meute, « à Rome fais comme les Romains », crétin, il ne résiste au cri, au « goal » de sa gorge, instant surdécoupé de silenc...

Eve of Destruction : Hommes, femmes, mode d’emploi

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  Veille de vide ? Divertissement lucide… Petite pépite portée par une dédoublée Renée Soutendijk, cet item méconnu mérite d’être reconnu, en raison de son scénario assez subtil, co-signé par Yale Udoff ( Enquête sur une passion , Nicolas Roeg, 1980), certes desservi par la mise en forme fonctionnelle de l’ ex -clipeur britannique Duncan Gibbins, auteur du (trio) molto hétéro Careless Whisper de George Michael , d’ailleurs décédé incendié prématuré, ton chat au milieu des flammes de California chercher tu n’iras. L’actrice irrésistible du Quatrième Homme (Paul Verhoven, 1983) incarne donc, littéralement, à chaque plan éclatant de sa beauté, de son talent, un robot bientôt loco et une scientifique pas si amnésique. Film féminin propice à séduire les cinéphiles féministes, Eve of Destruction (1991), à ne pas confondre avec la protest song homonyme immortalisée par Barry McGuire , appréciez au passage le jeu de mot anglais sur le prénom très connoté, aussi intitulé en f...

Le Village des damnés : The Wall

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Classe tous risques, délices de l’infanticide, avenir peut-être pour le pire…   Après Crocodile Dundee (Peter Faiman, 1986), revoici donc Linda Kozlowski : rappelons aux amnésiques l’importance des actrices pour John Carpenter, cinéaste féminin, sinon féministe, cf. les compositions primordiales de Lauren Hutton dans Someone’s Watching Me! (1978), Jamie Lee Curtis dans La Nuit des masques ( idem ), Faye Dunaway dans Les Yeux de Laura Mars (Irvin Kershner, 1978, co-écrit par JC), Adrienne Barbeau dans Fog (1980), Karen Allen dans Starman (1984), Natasha Henstridge  dans Ghosts of Mars (2001) et Amber Heard dans The Ward (2011), sans oublier, bien sûr, les contributions déterminantes d’Adrienne Barbeau, bis , dans New York 1997 (1981), Alexandra Paul dans Christine (1983), Kim Cattrall dans Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (1986), Meg Foster dans Invasion Los Angeles (1988), Daryl Hannah dans Les Aventures d’un homme invisible ...

Crocodile Dundee : Subway

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Avoir ou prendre un ticket , dans la « Grosse Pomme » ou à Sydney… Titre anecdotique, néanmoins sympathique, voire l’inverse, Crocodile Dundee (Peter Faiman, 1986) possède une ( happy ) ending digne d’être souvenue, saluée. Non seulement celle-ci relit/revisite et renverse les retrouvailles/funérailles du tandem myth(olog)ique d’Eurydice & Orphée, dix mille fois mieux que l’imbuvable Monsieur Luc Besson, publicitaire pour la RATP à néons très cons, mais elle constitue de surcroît une modeste, mémorable leçon de cinéma. Cette séquence repose sur un double suspense , puisque le spectateur craint pour la course, redoute la rame. Après un petit papotage entre le portier (de jour) et Mick parti « randonner » (« walkabout », clin d’œil inconscient, quoique, au film homonyme de Nicolas Roeg, autre conte sur la rencontre des cultures, sorti en 1971), surgit Susie, élégante, impatiente, détentrice du gros couteau à la Rambo, symbole phallique (et co...