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Affichage des articles associés au libellé Blake Edwards

Autrefois, au Venezuela…

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  Exils # 155 (13/01/2026) Le Sauvage (Rappeneau, 1975) va vite et semble être exotique, on repense aussitôt à L’Homme de Rio (de Broca, 1964, Rappeneau participe), à un autre duo, Deneuve & Montand substitués à Dorléac & Belmondo. On retrouve aussi Luigi Vannucchi, mari maudit, très éloigné de la DC selon Rossellini ( L’An un , 1974). Co-écrite par encore un couple, celui-ci sans entourloupe, Élisabeth & Jean-Paul, frère et sœur en chœur, en compagnie de l’incontournable Jean-Loup Dabadie, vrai-faux vaudeville de scénaristes et dialoguiste, la comédie romantique paraît s’inspirer du modèle à l’américaine, Capra and Co ., passage par New York, tant pis pour Miami, où l’engueulade précède l’accolade, où d’abord se détester autorise ensuite à mieux s’aimer, gifles humides comprises, n’en déplaise aux féministes, because bateau (et tableau) bousillé. La sauvageonne tombe dans les pommes, sa tête heurtée par une pomme, colère d’homme ; pendant le prologue du presq...

Éducation en glaise

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  Exils # 64 (10/12/2024) Projeté en VF vintage , pour un petit public enfantin et féminin, Mary Poppins (1964) ressuscite et revient, redescend du ciel avant d’y remonter éternelle. Avouons : votre serviteur s’y présentait sans passion, presque à reculons, n’attendait rien de très bon, ne se souvenait de chansons jadis déjà et aujourd’hui encore à la con. Mais le métrage de Disney & Stevenson mérite mieux que l’amnésie ou la nostalgie. Certes, sa suffragette simplette, vite soumise au déplaisir du mari, rendra furieuses les féministes, tandis que la critique anticapitaliste ne contentera les autoproclamés Insoumis. L’intérêt secret de cette pâtisserie douce-amère à colossal succès réside ailleurs, dans un anarchisme British , une mélancolie assourdie. Le spectateur moqueur ne redoute que la nounou noircie aux grandes dents blanches, aux pieds écartés à cent quatre-vingts degrés, subisse sur les toits, rime chorégraphique à l’urbanisme ethnique de West Side Story (Rob...

The Woman King

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  Un métrage, une image : L’Odyssée de l’African Queen (1951) Le titre d’origine l’actrice désigne, qui conduit le film comme le rafiot homonyme. Munie d’une forme de féminisme soft , portée sur le patriotisme, la missionnaire faussement austère, vraiment active, ne condamne l’alcoolisme du capitaine altruiste, plutôt sa parole manquée, sa couardise présumée. « Old girl » guère bégueule, l’inflexible Rosie s’extasie aussi, surtout après le passage des premiers rapides, épiphanie semblable à un orgasme, humidité en prime. Jamais elle ne charrie Charlie, même si a priori plus intelligente ou maligne que lui. Au contraire, rusée, sincère, elle le soutient, parce qu’elle ne vaut point rien, parce qu’il le vaut bien, ce valeureux vaurien, en surface indifférent, en profondeur pas tant, à l’instar du Rick de Curtiz ( Casablanca , 1942), locutions d’occasion, arbre bienvenu, saleté de sangsues. Le couple dépourvu d’entourloupe partage un parcours puis l’amour, répare en...

La Moustache

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  Un métrage, une image : Le Moustachu (1987) L’unique film du discret puis décédé Dominique Chaussois associe ainsi Les Barbouzes (Lautner, 1964) à Drôle d’endroit pour une rencontre (Dupeyron, 1988), Le Grand Blond avec une chaussure noire (Robert, 1972), encore Rochefort, revoilà Vladimir Cosma, au Dîner de cons (Veber, 1998). Le mal piégé mais bien nommé Duroc, indeed  « indestructible » davantage qu’imbécile, peut aussi évoquer le Clouseau de Blake Edwards. Rochefort, toujours moustachu, affronte donc Brialy, bien sûr barbu. L’histoire se passe en 1986, la vignette l’atteste ; un an avant s’affichait « l’affaire du Rainbow Warrior », dont « l’affaire du Bourget » paraît le diégétique reflet. D’un fiasco à l’autre, on substitue au sabotage de bateau écolo celui d’une automobile destinée à des terroristes peu portés sur la mythique « douceur féminine », plutôt sur le sérum de vérité in extremis , quelle malice, à soi...

Tant qu’il y aura des hommes

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  Inertie ou énergie, jadis ou aujourd’hui, un et un ou cinq contre un…   Souviens-toi : dans Victor Victoria (Edwards, 1982), Garner, lui-même vrai-faux gangster , réaffirmait sa masculinité (peu) menacée, parmi le « gay Paris », ses travestis, grâce à une grande bagarre. Dans Nobody (2021) et Invincible (2015), la virilité se donne à voir, pareillement, différemment. Le Zampano de Federico s’effondrait in fine ( La strada , 1954) ; le Louis Zamperini d’Angelina Jolie résiste, la lourde poutre hisse, crie de rage, dévisage l’adversaire, ne se laisse faire, même à terre, gagne le duel inégalitaire, son calvaire vite devenu spectaculaire, populaire, en plein air. Une trentaine d’années après Furyo (Ōshima, 1983), revoilà un combat, encore entre un Anglais, un Japonais, Miyavi autant musico que Sakamoto, à l’homoérotisme modéré, non plus improbable et impossible baiser pédé, mais onirisme de souvenir ensoleillé, paradis perdu du prisonnier battu, pas...

La Lune dans le caniveau

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  Un métrage, une image : Irma la Douce (1963) Mais ça c’est une autre histoire Gérard Blanc Irma la Douce se termine comme Conan le Barbare (Milius, 1982), encore un conte d’éducation, d’émancipation, de narration en voix off , le rauque Mako remplace le doux Jourdan, de puissance sexuelle, de valeurs renversées, certes plus épique et lyrique : par une affirmation de l’infini de la fiction, coda de regard caméra amusé, assumé, en rime à celui de Shirley, descendue du billard où danser, au son de Dis-Donc . Exit la (jolie) musique de Marguerite ( Monnot ), précieuse compositrice pour Piaf, hors et au ciné ( Les Amants de demain , Blistène, 1959), puisque Previn revient, repart pourvu d’un Oscar. Diamond & Wilder ne remettent le couvert de La Garçonnière (1960), ralentissent la rapidité, disent adieu à l’actualité de Un, deux, trois (1961), adressent des clins d’œil à Kubrick ( Lolita , 1962) & Lean ( Le Pont de la rivière Kwaï , 1957 + Lawrence d...

Est-Ouest

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  Un métrage, une image : Un, deux, trois (1961) Coca (-Cola) et cocos (pas qu’à Cuba), Nikita (Khrouchtchev) & Ninotchka (Ernst Lubitsch, 1939), Otto (prénom palindrome, relooké illico ) & MacNamara (dépassé papa, surpris par Pepsi) : le titre programmatique, rythmique, multiplie les paires (les pères un peu patibulaires) d’adversaires, lui-même dû à un tandem (Diamond & Wilder se souviennent aussi, en sourdine, de l’arrivisme adultère de La Garçonnière , 1960). Le cinéaste ainsi se soucie de Marx (Groucho) & Marx (Karl), (re)visite une ville vive et en ruines, se fait in fine rattraper par une érection (murale, brutale, lamentable) plutôt propice à la scission, à l’hallucination, à la perversion de Possession (Żuławski, 1981), qu’à l’excitation de saison, causée par la callipyge, perruquée, espiègle secrétaire de l’excellente « Lilo » Pulver ( Le Temps d’aimer et le Temps de mourir , Sirk, 1958). La précision impériale des cadres conf...

Beyond Barry

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  Caché derrière, à la Voulzy ? Dissimulé dedans, à la Barry… Des échos des BO de La Poursuite impitoyable (Penn, 1966), Vivre libre (Hill, bis ), On ne vit que deux fois (Gilbert, 1967), Macadam Cowboy (Schlesinger, 1969), La Randonnée (Roeg, 1971), Top Secret (Edwards, 1974), King Kong (Guillermin, 1976), Jeux érotiques de nuit (Vadim, 1980), Quelque part dans le temps (Szwarc, idem ), La Fièvre au corps (Kasdan, 1981), Frances (Clifford, 1982), Out of Africa (Pollack, 1985), Danse avec les loups (Costner, 1990), L’Expert (Llosa, 1994), Les Amants du nouveau monde (Joffé, 1995), Enigma (Apted, 2001) se déploient sur ce diptyque physique et métaphysique, personne ne s’en étonne, essence d’un style, aboutissement souvent saisissant, autant que testament stimulant. Le post -romantisme assumé du renommé, récompensé, compositeur/arrangeur parvient à une plénitude inédite, du cinéma, mythologies mimis, commandes excitantes, mesquine...

Le Petit Lieutenant

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  Un métrage, une image : La Loi des montagnes (1919) « Vertigineux » vaudeville viril transcendé via le style, La Loi des montagnes (d)étonne en raison de son moralisme de saison. Conseiller de Griffith (sur Cœurs du monde , 1918), converti au catholicisme, comptez les croix, à l’extérieur, à l’intérieur, ne gloussez pas devant la version délocalisée, surélevée, du Golgotha, Erich von Stroheim débute donc dans la réalisation, auto-adapte Le Pinacle , titre explicite, très phallique, refusé au profit du supposé plus sobre ou tendance Blind Husbands , salut aux alcoolisés homonymes, point anonymes, de Cassavetes ( Husbands , 1970). L’acteur typecasté, le sien Prussien, vous adorerez le détester, s’acoquine à Carl Laemmle, big boss de la cosmopolite Universal, lui-même alien , aux sympathies de Germanie, nique les nazis, cumule les casquettes (décorateur, monteur, producteur), accepte de réduire ses salaires autant que nécessaire, dépasse (déjà) le budge...

Charade : De la part des copains

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  De Regina Lampert à Regan MacNeil… Générique géométrique, où le title designer Maurice Binder singe le Saul Bass de Sueurs froides (1958), La Mort aux trousses (1959), Psychose (1960) ; gosse en otage, salle de spectacle et pistolet (à eau) en écho à L’Homme qui en savait trop (1956) ; pont pareillement sexuel que le tunnel de North by Northwest  ; soupçon à la Soupçons (1941) ; suspension façon Sueurs froides , bis  ; voleur volé à La Main au collet (1955) et, last but not least , timbres édités à l’occasion d’une « commémoration de la princesse Grace », hélas : en dépit des clins d’œil adressés à Sir Alfred, rien de moins hitchcockien que ce récit riquiqui, de rigolo quiproquo , de gros magot, co-concoté par Marc Behm, la plume de La Reine de la nuit et Mortelle Randonnée , faut-il le rappeler, démontrant qu’avant, le franc valait davantage que le dollar , quel désespoir. Film à la fois fade et affable, Charade (1963) se so...

Le Retour de la Panthère rose : Diamants sur canapé

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Blake Edwards. Une douzaine d’années après La Panthère rose (Edwards, 1963), opus pionnier, à succès, suivi par presque une douzaine de suites, série de ratages ou de réussites, dont un diptyque amnésique de Steve Martin ( La Panthère rose , Levy, 2006 + La Panthère rose 2 , Zwart, 2009), Edwards & Sellers « remettent le couvert », de cuisine asiatique, relancent leur carrière, en quête d’un hit . Idem financé par Lew Grade, dans le sillage de Top Secret , (Edwards, 1973), (re)lisez-moi ou pas à ce sujet, Le Retour de la Panthère rose  (Edwards, 1975) ne rendit personne morose, à part un peu les friqués frileux de United Artists, « atteignit l’objectif », dut son absence d’un coffret sympa, d’autrefois, à une question de droits, oui-da. Ainsi placé entre Quand l’inspecteur s’emmêle (Edwards, 1964) et Quand la Panthère rose s’emmêle (Edwards, 1976), donc précédant La Malédict...